Vita Ambrosii, 19 : femineo quodam modo
PRISCILLIEN ET LE PRISCILLIANISME. 189
élant vide, Maxime avait de très grands besoins d'argent et, pour s'en procurer, il organisa un vaste système de spoliations. Ces rapines étaient conduites avec régularité, il présidait lui-même aux rentrées, pesait les métaux, vérifiait le titre des monnaies. C'était une révolution d'un nouveau genre. On ne voyait pas de suppliciés mais des gens ruinés. « Pourquoi celui-là marclie-t-il d'un air si triste? demande Drepanius. De riche le voilà pauvre, mais il est bien heureux, il a la vie sauvée » Maxime, qui savait son Espagne, jugea pouvoir y pratiquer quelques razzias, dès qu'il apprit, par Ithace, à son arrivée à Trêves, les luttes religieuses du pays. Avec un sens très juste de l'état d'esprit général il comprit que dans l'immense lassitude ouïes querelles théologiques avaient laissé les contemporains, il fallait se tourner vers l'orthodoxie. Ithace était fervent orthodoxe et il sut intéresser Maxime à sa querelle. Celuici flaira des confiscations et il ne lui en fallait pas plus pour prendre parti. On savait que Priscillien, Euchrotia et leurs partisans étaient riches ; ils avaient jadis acheté Macédonius; tout cela promettait une opération lucrative. On se mit à l'œuvre.
Un auteur très ingénieux a découvert dans « la crise religieuse espagnole le vrai nœud du complot si bien mené par Maxime et dont Gratien venait d'être la victime. Il n'y a, pense-t-il, que l'intrigue cléricale inspirée par les passions théologiques et soutenue par les liens puissants de la hiérarchie qui puisse expliquer l'étonnante unanimité du soulèvement en Bretagne ; la complicité manifeste du personnel militaire administratif sur le continent; l'a-