Hist. Univ
explique les passages des Ecritures dont on a faussé le sens et en cite d'autres où le devoir dea prêtres, en ces malheurs, est très nettement tracé. Il condamne sans ménagements les évêques d'Espagne, s'il est vrai qu'ils se soient conduits comme on prétende Leur devoir était tout tracé; ils ne devaient jamais se séparer des fidèles ; ils se sauveront, ou bien ils souffriront et périront ensemble. Orose risquait fort de perdre sa peine et ses arguments en voulant convaincre de leur propre félicité ces évêques poltrons, ses compatriotes. Il avait, au reste, fort à faire, pour leur cacher les misères du temps et dont nous pouvons entrevoir quelque chose dans une poésie que le hasard nous a conservée : « Tout est ruiné, dit l'écrivain inconnu, celui qui possédait cent bœufs n'en a plus que deux, celui qui allait à cheval va à pied. Les champs, les villes ont changé d'aspect. Par le feu, le fer, la faim, par tous les fléaux à la fois, le genre humain périt. La guerre frémit de tous les côtés. La paix a fui de la terre : C'est la fin de toutes choses. » Un autre poète contemporain n'est pas plus rassuré. « Voilà dix ans, dit-il, que nous sommes moissonnés par l'épée des Vandales et des Gotlis. Nous avons supporté toute souffrance » ; Ultima pertulimus. Et qui sait si Orose ne pensait pas et ne parlait pas de même dans l'intimité.
Son enthousiasme de commande pour le triste temps où il vécut est, somme toute, révélateur d'une génération dont les idées sont assez loin de celles que nous avons rencontrées chez les contemporains du poète Prudence. Si Orose fait un si grand éloge d'un temps rempli d'épreuves c'est que, vraisem-