‹ L'Espagne chrétienneChapitre 66 sur 81 · Praenotatio librorum Divi Isidori, P. L., LXXXI, 46 I · texte numérisé non relu

Praenotatio librorum Divi Isidori, P. L., LXXXI, 46 I

studieux, pourvu de quelque culture littéraire, qui dut à l'inexprimable médiocrité du temps où il vécut la réputation dont on le gratifia. Ses connaissances n'étaient pas très étendues, ni son jugement très sûr, mais comme on l'entendait parler, comme on le voyait écrire sans cesse, qu'il citait copieusement les anciens et utilisait des sources auxquelles personne, en son temps, ne prenait garde, on s'habitua à le tenir pour un grand homme ; ce qui flattait l'amour-propre national, rehaussait le clergé dont il faisait partie et, sans être tout à fait vrai, n'était pas complètement faux.

Compilateur infatigable, Isidore a sauvé quelques fragments d'ouvrages perdus aujourd'hui, — Suétone surtout, — en les transcrivant dans ses livres. Son œuvre touche à l'histoire, à la grammaire, à la théologie, à l'exégèse; elle les touche en effet, au sens d'effleurer, car Isidore n'approfondit rien. A le lire on ne s'aperçoit pas qu'il ait jamais eu une idée en propre; ce n'est que plus tard, après sa mort et pendant le moyen âge, qu'on lui découvrit toute sorte de pensées dont il ne s'était jamais avisé. Le tour de son esprit n'allait pas à comprendre mais à connaître, il lit tout et retient tout, les citations lui tiennent lieu de découvertes. Intelligence très claire, disposant d'un style rapide, il parle néanmoins la langue gâtée de son temps, mais, malgré cet instrument médiocre, il compose des définitions aussi satisfaisantes que possible pour un homme qui, dans tout, ne voit que la surface ^ Entre tous ses écrits le plus important, non seulement par la matière mais par l'influence que pendant tout le moyen âge il a exercée sur la

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