CHAPITRE VI
Règne de Wamba, 672-680. — Campagne de Vasconie. — Révolte du duc Paul, 673. — Concile de Tolède. — Règne d'Ervige, 680-687. — Législation contre les Juifs. — Décadence de la monarchie. — Prospérité du pays. — Hildefonse, Julien de Tolède. — Son Apologia. — Conspiration des Juifs. — Condition des classes de la société. — Fusion des Visigoths et des Hispano-Romains. — Egica, 687-700. — Witiza, 700-710. — Rodrigue, 711-712. — L'invasion et la conquête arabe.
En vertu du canon 9^ du concile de 653 les seigneurs visigoths se réunirent à Gerticos, où venait d'expirer Recceswinthe, et procédèrent à l'élection de son successeur. C'était la première fois, depuis de longues années, que le système électif fonctionnait régulièrement et en toute liberté. Quelques membres de l'assemblée crièrent : « Wamba roi. Lui et nul autre ! » La foule répéta ce qu'elle entendait, sa conviction allant toujours vers ceux qui font le plus de bruit. Ducs, comtes, gardingues, évêques, clercs, tous s'enflammèrent pour Wamba, mais lui refusa, allégua son âge, son inexpérience et toutes ces excuses choisies qu'on sait réfutées à l'avance. Un de ses compagnons, impatienté par tout ce manège, lui
dit à brûle-pourpoint : « Si tu refuses, je te lue; règne ou crève. ^) Wamba régna, mais soucieux de légalité, il retarda sa proclamation jusqu'à l'entrée dans Tolède, afin que tous ceux qui étaient absents de Gerticos pussent ratifier l'élection avant le couronnement. Il entra dans Tolède le 20 septembre 072 et fut sacré le 25 par Quiricus, dans l'église des Saints-Pierre-et-Paul. Quelque clerc facétieux ou ami du merveilleux imagina d'ajouter à Fonction religieuse un rite supplémentaire. A l'aide de quelque appareil il fit sortir de la couronne royale une légère colonne de fumée et une abeille. On ne manqua pas de voir là un très heureux présage. Cependant, dès le mois de mars ou d'avril 673, Ildéric, comte de Nîmes et Gumilde, évoque de Maguelonne, associés à un abbé Ramire, révoltèrent la Narbonnaise contre l'autorité de Wamba. A la première nouvelle qu'il en reçut, Wamba, qui était en Cantabrie et se préparait à une expédition contre les Basques, envoya contre Ildéric le duc Paul. Celui-ci fatigua son armée en piétinements sur place et finit par traiter avec Ranosinde, duc de la Tarraconaise ; il se fit alors proclamer roi. Les rebelles de la Narbonnaise se hâtèrent de le reconnaître et en quelques semaines toute la partie nord-est du royaume fut perdue. Paul prit le titre de j^oi suprême oriental et laissa à Wamba celui de roi du midi.
W amba pénétrait en Vasconie quand lui arriva la nouvelle de la trahison du duc Paul; il parcourut la province pendant sept jours pleins, promenant sur tous les points la dévastation méthodique. Quand il jugea le dégât suffisant, il prit la route de Huesca et arriva à Calahorra. Il y tint une singulière cour martiale pour réprimer les excès dont
s'étaient rendus coupables les soldats de son armée ; tous ceux qui furent convaincus d'attentats contre la morale furent soumis à l'opération de la circoncision. A Calaliorra, Wamba répartit son armée sur trois corps destinés à franchir la chaîne des Pyrénées par les routes de Livia et de la Cerdagne, de Vich et du littoral. Ce plan, qui est d'une bonne stratégie et qu'il est intéressant de rapprocher des opérations de l'armée française en 1646 et en 1793, fut très rapidement exécuté. En peu de jours, Barcelone, Girone, Vich, Livia, Collioure et tous les postes fortifiés des Pyrénées tombaient aux mains de Wamba. L'armée se trouva transportée presque sans coup férir dans la Narbonnaise. On prit Clusas et Ranosinde y fut fait prisonnier. Narbonne, position stratégique importance défendue par Wittmir, fut attaquée par terre et par mer. Après une attaque qui dura trois heures, la ville fut enlevée à l'assaut , Wittmir fut pris dans une église et fouetté avec ses complices. Béziers, Agde et Maguelonne, dont l'évêque s'enfuit à Nîmes, ouvrirent leurs portes. L'armée de Wamba, que rien n'arrêtait plus, arriva devant Nîmes le l®'" novembre 673. L'avant-garde, après une marche de nuit, était arrivée dans la place dès l'aube ; elle tenta un coup de main qui ne réussit pas, car la ville ne manquait pas de défenseurs , Basques et Francs principalement. Le lendemain, on put employer 10.000 hommes à l'attaque, et la place fut prise. Paul et ses partisans se réfugièrent aux Arènes et s'y retranchèrent. L'édifice a conservé jusqu'à nos jours les traces de la mise en état de défense. Après un siège de trois jours, Paul insulté par ses propres soldats quitta les insignes royaux tandis que l'évêque de Nîmes, en vêtements pontificaux, allait au
338 L'ESPAGNE CHRÉTlENiNE.
camp de Wamba, à 4 milles de la ville, solliciter le pardon. Wamba n'accorda que la vie sauve.
Paul fut fait prisonnier avec des Gaulois, des Francs et son trésor. Wamba, qui paraît avoir eu le goût des scènes un peu théâtrales, imagina une parade d'exécution légèrement ridicule. Paul dut passer à travers les rangs de l'armée rangée en bataille, nu-pieds, entre deux ducs à cheval le tenant en laisse par une poignée de sa longue chevelure. Derrière le chef marchait le fretin. A quelque distance de la ville, Wamba attendait, à cheval, à la tête de son escorte. Paul se prosterna, déboucla son ceinturon et écouta la mercuriale. On l'envoya en prison avec tous les siens. Le 7 novembre on le conduisit avec ses complices devant Wamba siégeant sur un tribunal. Suivant une mode des empereurs byzantins, Wamba foula aux pieds les vaincus, les condamna à la dégradation et leur fit couper les cheveux. Lors de l'entrée triomphale à Tolède, ces malheureux furent exhibés une fois de plus, nupieds, vêtus d'un sac, tondus et rasés. Paul était placé sur un chariot, sa tête était couronnée d'un laurier dont les feuilles étaient de cuir collées l'une à l'autre avec de la j^oix. Parmi les partisans de Paul se trouvaient quatre évêques : Hyacinthe de Livia, Ramire, intrus sur le siège de Narbonne, Wilsin d'Agde, Gumilde de Maguelonne. Quant aux étrangers, Wamba n'eut à leur égard que de bons procédés. Il renvoya tous les Francs sans rançon, libres et défrayés de leurs dépenses; il eût *^té difficile de se divertir avec plus d'impertinence de ses ennemis.
Wamba entreprit à Tolède une transformation complète qui changea entièrement l'aspect de la
vieille capitale. Les murs d'enceinte réparés ou reconstruits furent percés de portes monumentales. Chacune de ces portes était surmontée d'une tour qui portait une chapelle dédiée aux saints patrons et défenseurs de la cité royale. C'était encore un usage byzantin adopté par les Visigoths^
L'œuvre législative de Wamba n'est pas très considérable. Il tenta de relever l'esprit militaire par deux lois qui rendaient, en cas d'invasion, le service personnel obligatoire pour tous, sans distinction de race, d'état et de condition, y compris les ecclésiastiques depuis l'évêque jusqu'au clerc. Celui qui ne répondait pas immédiatement à la convocation était passible d'exil, de confiscation, de dégradation civile ou d'esclavage fiscal. En ce qui concernait les clercs, la mesure prise par Wamba était de nature à soulever de vives contrariétés ; non seulement parce que cette classe d'hommes se trouve par état étrangère à la guerre et à ses dangers, mais parce que des canons de concile avaient, jusque sous les règnes de ChindasAvinthe et Recceswinthe, consacré l'exemption cléricale et l'avaient étendue à tous les religieux. Cette mesure avait même déterminé un sérieux mouvement de vocations monastiques ainsi qu'on le voit dans la vie de saint Fructueux où les ducs de l'armée en Bétique font observer au roi que s'il ne prend pas des mesures pour arrêter la foule qui prend l'habit monastique chez Fructueux, les effectifs de guerre ne pourront plus être complétés. Il est plus que probable que
4. E. EÙK^iERt Inscript, christ., n. 17G. A une date qui nous paraît difficile à préciser on signale des débarquements de Sarrasins sur la côte d'Espagne; -210 barques arabes croisaient sur la Méditerranée dans les eaux d'Algeciras. Wamba arma une escadrille qui anéantit cette flottille.
l'obligaiion du service personnel des clercs souleva une clameur générale; quoi qu'il en soit, dans la deuxième loi édictée par Wamba il n'est plus question d'eux dans la catégorie des personnes astreintes au service militaire en temps de guerre.
Le clergé continuait d'ailleurs à jouer un rôle prépondérant et Wamba, malgré sa popularité, ne pouvait, sans faire courir de grands risques à sa couronne, se l'aliéner. Les quelques conciles qui se réunirent sous son règne ont peu d'importance pour l'histoire générale. Le XP concile de Tolède (7 novembre 675) nous apprend une partie des maux dont avait souffert le pays pendant les dix-huit années qui avaient précédé, au cours desquelles on n'avait vu aucun synode à Tolède tandis que le clergé s'abandonnait à l'hérésie et à la crapule. L'assemblée rédigea une profession de foi déclarant entre autres choses que le Fils de Dieu l'est par nature et non par adoption et que l'Esprit-Saint était issu du Père et du Fils et envoyé par eux; plus loin on disait que les opérations étant indivises dans la Trinité, il s'ensuit que le Fils est envoyé par le Père, par l'Esprit-Saint et par lui-même. Les canons suivants donnent assez à réfléchir. On y voit rappelée la manière de punir certains évêques coupables d'homicide, de brutalité, de vol, d'adultère, de séduction, de simonie. Le synode de Braga tenu probablement en la même année montre que la discipline ecclésiastique s'était relâchée un peu de tous côtés et que d'étranges abus s'étaient introduits jusque dans les rites les plus graves, par exemple, la substitution du lait au vin dans le calice à la messe; ou bien encore la consécration d'une grappe de raisin dont on dis-
tribuait les grains en guise de complément de communion, enfin la défense d'employer les vases sacrés à des usages profanes.
Le 14 octobre de l'année 680, le roi Wamba tomba malade. Les premiers symptômes qui se manifestèrent furent une sorte d'apoplexie accompagnée d'évanouissement. Son entourage parut aussitôt très alarmé pour le salut éternel du malade auquel on voulut, suivantune coutume alors répandue, attribuer les mérites de la profession religieuse. A cet effet, on revêtit Wamba de l'habit monastique, on lui coupa les cheveux et on lui imposa la pénitence canonique. Vers le soir ou le lendemain, Wamba reprit connaissance et sut tout ce qui s'était passé. L'occasion était belle de quitter le pouvoir pour un homme qui avait répugné à le prendre. Il ne la manqua pas. Un seigneur nommé Ervige qui avait montré plus de sollicitude et de présence d'esprit que personne au moment de l'évanouissement en eut immédiatement le bénéfice. Wamba, par une cédule signée de sa main, le désigna pour son successeur. Celui-ci fut en effet élu, et, le 22 octobre 680, l'archevêque de Tolède, Julien, le sacra. Tous ces événements s'étaient passés si rapidement que ce ne fut que dans les jours qui suivirent qu'on les récapitula et qu'on y pensa découvrir des invraisemblances. On combina ainsi un complot dans lequel Ervige jouait un rôle peu recommandable et administrait à Womba une potion empoisonnée destinée à l'engourdir et à donner le temps de lui couper la chevelure. Comme il arrive d'ordinaire, ces bruits allèrent se précisant et nous les trouvons chez Alfonse III très circonstanciés, beaucoup trop même. Ce qui paraît certain c'est que la rumeur publique était de nature à causer
quelque préoccupation à Ervige, puisque celui-ci éprouva le besoin, d'affermir son pouvoir en s'appuyant sur les évêques qu'il convoqua en concile national à Tolède. Ce concile, le douzième de ceux qui se tinrent dans cette ville, dura du 9 au 25 janvier 681. 11 se réunit dans Féglise des Saints-Pierre-et-Paul et compta, outre Julien, son président, trente-cinq évêques ou archevêques, quatre abbés, trois mandataires d'évêques absents et quinze grands officiers du palais ^ .
Ervige ouvrit en personne l'assemblée, et prononça un discours dans lequel il remerciait les évêques de l'empressement qu'ils avaient mis à se rendre à son appel et les engageait à rechercher les moyens pratiques de traverser les jours difficiles où l'on vivait. Le roi s'étant éloigné, on donna lecture, d'après son ordre, d'une allocution ou tomus dans laquelle le prince attirait particulièrement l'attention sur deux lois concernant les juifs et les espagnols frappés de mort civile pour cause de désertion ou d'insoumission. La législation établie par les évêques serait appliquée par les gouverneurs civils des provinces.
Le 1^' canon confirma l'élection d'Ervige au trône d'Espagne sur le vu de trois documents passablement suspects- et le canon suivant garantit les législateurs ecclésiastiques contre un retour possible de Wamba
1. La répartition des diocèses intitulée Divisio Wambae est apocryphe. L'cvêché érigé par Wamba dans la province ecclésiastique de Mérida fut, sur la proposition du métropolitain, supprimé par le XIP concile de Tolède.
2. Un procès-verbal de la pénitence de Wamba, signé par les officiers de service; deux billets de Wamba, l'un déclarant Ervige héritier du trône, l'autre prescrivant à l'archevêque Julien de procéder au sacre dans le plus bref délai.
au pouvoir. Après avoir comparé la pénitence in extremisy imposée par l'entourag^e du malade inconscient, au baptême administré à l'enfant en bas âge par la sollicitude de ses proches, il décide que quiconque aura reçu la pénitence de quelque manière que ce fût, ne devra jamais retourner dans le monde, ad inilitare cingulam. Toutefois le clerc qui imposera la pénitence à quelqu'un privé de connaissance et qui n'aura pas demandé cette pénitence par des signes évidents, sera excommunié pendant un an. La loi sévère de Wamba contre les déserteurs et les insoumis est rapportée en partie. Les vingt lois décrétées par le roi Ervige contre les juifs sont approuvées et devront être observées à l'avenir, c'est-à-dire : a) la loi qui remet en vigueur toutes les anciennes lois contre les juifs; b) la loi contre ceux qui blasphèment la Trinité; c) l'interdiction aux juifs de se soustraire, eux, leurs fils ou leurs esclaves, au baptême ; d) la défense de célébrer la pâque juive, de pratiquer la circoncision, de faire apostasier un chrétien; é) de célébrer les sabbats et fêtes juives ; /) de travailler le dimanche ; g) de faire des différences entre les viandes ; h) d'épouser leurs parentes ; i) d'attaquer le christianisme, de justifier le judaïsme, d'émigrer afin d'apostasier ;y) la défense à tout chrétien d'accepter d'un juif un présent qui porte atteinte à sa foi ; k) défense aux Juifs de lire les livres condamnés par la foi chrétienne; l) de posséder des esclaves chrétiens; m) la loi concernant la profession de foi des juifs qui se convertissent, et le serment qu'ils doivent prêter; n] la loi concernant les chrétiens qui sont esclaves des juifs et ne se donnent pas comme chrétiens; o) la défense à tout juif, sauf mission expresse du roi, décommander à un chrétien ou de le punir ; p] la mise en liberté des
chrétiens esclaves de juifs; q) rinterdiction d'établir un juif intendant des esclaves chrétiens d'un domaine ; /•) l'obligation à tout juif de se présenter en certaines circonstances devant Tévéque, etc., etc.
Il est malaisé d'imaginer une législation plus tracassière et plus abusive. L'Espagne ne devait pas tarder à apprendre quels ennemis elle s'était faits en traitant les juifs de la sorte. Une politique plus humaine ou simplement prévoyante suffisait à conseiller une conduite différente, car Ervige, malgré la consécration de l'épiscopat, était obligé de compter avec une formidable opposition. Les partisans de Wamba étaient encore si puissants que son successeur fut amené à une transaction avec eux ; il donna sa propre fille Cilixona à Egica, parent de Wamba. Une effroyable famine jetait sur Ervige une impopularité générale contre laquelle il espérait peut-être réagir en réunissant un nouveau concile. Celui qui se tint le 4 novembre 683, dans la cathédrale de Tolède dédiée aux Saints-Pierre-et-Paul, fut à la fois un synode et une assemblée politique. On y compta quarantehuit évêques ou archevêques des provinces de Tolède, de Braga, de Mérida, de Séville, de Tarragone et de Narbonne, vingt-sept représentants d'évêques, plusieurs abbés et vingt-six grands du royaume, tous présidés par Julien, archevêque de Tolède.
Au sujet de ceux qui, sous le roi Wamba, avaient pris part à la révolte du duc Paul et en ont été punis parla dégradation et la confiscation, le concile décida qu'on leur rendrait, à eux ou à leurs enfants, les biens confisqués. Cette disposition aurait le même effet pour ceux qui avaient été condamnés à la dégradation par le roi Chintila.
D'autres canons font voir clairement l'abaissement
LES DERNIERES ANiNÉES. INVASION ARABE. 345
de la puissance royale que l'obligation de recourir sans cesse aux synodes avait mise à la merci de ces assemblées. A l'avenir, est-il dit, aucun palatin ou aucun clerc ne sera, pour un simple caprice du roi, et ainsi que cela est souvent arrivé, destitué de sa charge, enchaîné, torturé, ou bien puni par la confiscation des biens, ou enfin jeté dans un cachot. Il devra comparaître devant l'assemblée des évêques, des seniores et des gardingues^ et être jugé par eux. Les autres nobles, qui n'ont pas la dignité de palatins, doivent être jugés de la même manière, et si le roi vient à les frapper; comme c'est la coutume, ils ne doivent pour cela ni être déshonorés ni être punis par la confiscation des biens. Si à l'avenir un roi vient à attenter à ce décret, il sera frappé d'excommunication.
La royauté était déjà tellement amoindrie que le roi Ervige fit confirmer par le synode un édit rendu pour assurer la tranquillité de la famille royale ; il ajouta l'anathème contre quiconque poursuivrait, volerait, battrait, humilieraitouintroduiraitde force dans l'état de pénitence les fils du roi, la reine, ou tout autre membre de la famille royale. A partir du règne d'Ervige, la décadence de la monarchie visigothique est entrée dans la période qui ne doit prendre fin que par la ruine finale de l'état. Les concessions se multiplient à mesure que le pouvoir central échappe aux mains affaiblies qui le détiennent. Une loi de ce temps fait droit à une des revendications les plus obstinées des Goths, l'abolition de la prison préventive. Désormais les dignitaires de l'Eglise ou de l'état, de même que tout homme libre, quel que fût le crime dont on