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CHAPITRE PREMIER

Uoitû de l'Espagoe et découverte de l’Amérique.— Victoires des Espagnols dans looles les parties du monde. — Défaite du parti populaire eu Castille et en Aragon aux xvi* et xvii* siècles. — Esprit libéral des Castillans au xvi* siècle. — Consolidation du despotisme durant trois siècles. — Charles 111. — Charles IV.

Vers la fin du moyen âge, l’Espagne réunit tontes ses forces sous un seul gouvernement, ‘et put dès lors exercer une influence souveraine sur la politique de l’Europe. Mais, à l’époque de la réunion des deux grands royaumes de la péninsule, déjà les Aragonais et les Catalans avaient porté leurs armes victorieuses aux Dardanelles et conquis les Baléares, la Sardaigne, la Sicile et Naples; et les îles Canaries appartenaient à la Castille.

Le mariage d’Isabelle et de Ferdinand avait à peine réuni la Castille et l’Aragon que l’Espagne soumettait les Maures. Cette entreprise difficile n’était pas encore terminée qu’au camp même, aux portes de la ville de Grenade, s’organisait l’expédition de Christophe Colomb, dont le génie offrait un nouveau monde à Isabelle.

L’histoire de la découverte, de la conquête et de la colonisation de l’Amérique par les Espagnols, paraît, comme le dit l’illnstre historien Prescott, être bien moins une relation fidèle de la réalité, qu’un de ces romans de chevalerie errante si populaires au moyen âge.

Durant deux siècles , la race ibérique a envoyé des millions de

l’espacne contemporaine.

ses enfants dans ccs régions lointaines : elle y a créé une organisation sociale, y a mêlé les races indigènes aux races africaines et latines, et y a fondé de magnifiques cités plus belles que celles dont l’Europe était fière à cette époque. Et tous ccs prodiges étaient accomplis par les Espagnols, livrés à leurs propres ressources. De nos jours, les États-Unis, l’Australieetd’autres parties du globe se peuplent comme par enchantement ; mais, tous les pays du monde y envoient de nombreuses émigrations. L’Espagne, au contraire, dut suffire seule à l’œuvre gigantesque de la colonisation de l’Amérique, avec une population de 12 millions d’âmes qui, à la fin du xvii” siècle, était descendue à moins de 7 millions. Qui ne verra, dans ces événements, la preuve des progrès qu’avaient faits les Espagnols dans la navigation et dans la science du gouvernement , et de l’énergie prodigieuse et de la force d’expansion de la race ibérique?

La conquête et la colonisation de l’Amérique et d’une partie de l’Asie n’absorbaient pas toutes les forces de l’Espagne. Pendant que ses hardis navigateurs doublaient, les premiers, le cap Horn et celui de Bonne-Espérance, son armée de terre volait de victoire en victoire en Afrique et en Europe. De Mazagan à Tunis, toute la côte africaine, Oran, Tanger, Mazalqnivir tombaient en leur pouvoir; et à Lépante son escadre, secondée par la marine des petits États italiens , détruisait la flotte des Turcs.

En Italie et dans les Pays-Bas, au nord comme au sud de la France, durant un siècle et demi de guerres continuelles, l’Espagne, depuis la défaite des Français à Naples par Gonsalve de Cordoue, fut battue la première fois à Rocroi par Condé. Où puisait-elle la force nécessaire pour de si grandes choses, cette race faible par le nombre, si mal gouvernée et administrée, éparse sur un immense territoire, dont l’étendue, en Amérique seulement, comprenait 50 degrés de latitude et comptait soixante millions de sujets?

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