PROMENADE A MADRID
Madrid, 15 mars.
J^ai passé aujourdliui ce que Ton peut appeler une journée fantasque : je me suis morfondu dans les quartiers excentriques du vieux Madrid ; mêlé aux badauds qui regardaient la pose des pièces en fonte du pont destiné à relier le Palais-Royal avec le quartier San-Francisco; j'ai caqueté avec les lavandières du Manzanarès ; fureté dans le Rastro ou America et dans trois boutiques d'antiquaires; entendu un sermon; fumé une cigarette au Buen-Retiro ; donné du sucre aux pensionnaires du Jardin d'acclimatation ; visité les constructions ouvrières du £arr/o de Salamanca;c2iU^ pendant une heure avec un ofEcier supérieur d'artillerie; fait un tour à la Castellana; diné avec un gentilhomme espagnol ; passé la soirée avec un ingénieur français; assisté à l'exécution d'un morceau de musique, par M. Henri Spira, sur un instrument indien, le Xilo; pris le thé dans une famille autrichienne ; et rôdé jusqu'à trois heures du matin dans les cafés de la Calle de Alcala^ de la Calle Miryor^ de la Carrera
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de San-Geronimo et autour de la Puerta del Sol^ afin de m'édifier sur les mœurs nocturnes de Madrid.
Sitôt que l'on a dépassé IVglise Saint-Sébastien , l'aspect de Madrid change comme par un coup de baguette. On croirait parcourir les rues qui s'échelonnent près des buttes Montmartre, tant parce qu'elles sont ouvertes sur un terrain accidenté, — ce qui fait dire au madrilène que Marlrid est bâtie, comme Rome, sur sept collines, — que parce qu'elles ont la physionomie de ce quartier parisien. On ne rencontre plus un équipage ni une senora en toilette. Des maisons basses, assez propres, occupées par de petits boutiquiers et des familles d'ouvriers.
A rextrémité, dans le voisinage de la rivière du Manzanarès, les maisonnettes n'ont plus qu'un étage. Elles sont pauvres, mais elles ne paraissent pas sor-> dides et repoussantes comme les taudis que l'on voit au bout de Ménilmontant et dans les abords du Père- Lachaise. On les a surnommées les maisons du dimanche^ les malheureux qui les habitent payant leur loyer chaque dimanche. Cette population ouvrière n'a pas un cachet particulier, ni dans son type, ni dans son vêtement, ni dans ses habitudes. Comme les rues ne sont parcourues que par des troupeaux d'ànesses qui apportent leur lait dans le centre de la ville, par quelques mules à pompons rouges chargées du bât ou charriant sur leur échine, serrées dans des filets, des bottes de foin et de paille; femmes et enfants habitent beaucoup plus la rue que la casa. Les mères et les jeunes filles, un foulard en indienne noué sous le menton, cousent ou raccommodent le linge, font une re-
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prise au gilet jaune du père qui est à son travail; les bambins s'amusent, se battent, pleurent, chantent et pullulent de tous les pavés. Ces faubourgs sont trèsprolifiques et ne laisseront pas Madrid se dépeu-* pler.
En général, toute cette jeunesse a de jolis yeux; c'est le seul trait remarquable. Le jour, très-peu d'hommes, à part quelques muletiers ou paysans qui fument sur le pas de leur Parador^ ancienne auberge pittoresque que Ton abandonne peu à peu ; quelques gamins vendant des beignets enfilés à une perche ; des porteurs d'eau remplissant leurs tonneaux aux vilains robinets qu alimente le canal du Lozoya ; des pitres en costume d'Arlequin faisant des grimaces à l'entrée des bazars d'étoffes à bon marché, afin d'attirer les chalands; des maraîchers en blouse blanche à passementerie noire aux manches et au collet : tels sont les visages que Ton voit, le jour, dans cette partie de la ville. La rue de Tolède, étant la plus passagère du quartier, pourrait à elle seule résumer sa manière d'être. Mais, le soir venu, les ouvriers débouchent par toutes les voies, rentrant chez eux pour se reposer et manger le détestable puchero que Ton trouve à Madrid depuis la rue du Chien et larM^c/ttC'Aa^jusqu ala calle de Alcala et la Puerta del Solj depuis le pétrin du mendiant jusqu'à la table du ministre. C'est aussi de ce quartier qu'au moment des émeutes sortent les bandes révolutionnaires; et, dans cette même rue de Tolède, Ton m'a montré le comptoir, le despacho de i^ino du cabaretier dont la révolution de 1868 fit un administrateur général des biens domaniaux, plaisan-
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terie moins sinistre que celle de M. Gambetta traçant des plans de bataille.
Un coin curieux pour le chercheur, c'est le Rasiro ou Temple qui occupe tout un pâté, de Fautre côté de la rue de Tolède. Toutes les vieilleries de la capitale viennent là s* accumuler : les meubles vendus a l'encan , les horloges détraquées, les bouquius piqués des vers, la ferraille, les armes faussées, les cadres dédorés, les tableaux crevés, vieux chapeaux, vieux habits^ vieilles bottes, vieilles guenilles. Il y a là de la vie, de Tamour, de la mort, de la splendeur, de la misère et surtout beaucoup de crasse. M. Victor Hugo y trouverait matière à quatre ou cinq volumes petit in-quarto populaire. On appelle également ce Temple \Ame^ rica^ parce que Ton y trouve quelquefois, à un prix minime, des objets de valeur qui sont venus s'échouer par hasard au milieu des ordures.
Tout en suivant le sentier laissé libre par ces tas de débris moisis, je lus sur Fatelier d'un menuisier en cercueils : A Fultima çerdad^ «à la dernière vérité ! y* Cette enseigne funèbre me donna le frisson, malgré le soleil qui me brûlait les reins, comme si mon médecin m'y avait appliqué un Topique- Bertrand. A Vultima çerdad! je hâtai le pas, peu soucieux de connaître cette vérité ; et j'entrai dans l'église de Saint- André qui était sur mon passage. Je dois dire pour être vrai, — et je vous ai promis de l'être, lors même que mes impressions seraient contradictoires ou bizarres, — que la réclame du raboteur de la robe d'été et de la robe d'hiver que les morts ne dépouillent guère, me décida à ouvrir la porte de cette église.
style dix-huitième siècle, dont Fextérieur ne m^aurait peut-être pas attire.
J*avais entrevu seulement la profusion de marbres multicolores qui revêtent ses murs, le mattre-autel, la coupole du chœur et le tombeau de Saint-Isidore, qu^un prêtre en surplis à ailes montait en chaire. Je ne serais certes pas capable d'écrire, comme le cardinal Maury, un traité sur Téloquence de la chaire. Cependant, tout laïque que je suis, il m'arrive de lire un sermon de Bourdaloue, une oraison de Bossuet, le carême de Massillon, voire une conférence de Frayssinous, du P. Lacordaire ou de M. deRavignan. La vue de ce prédicateur ne me chassa donc point de Saint-André, au contraire. Je me dissimulai dans un angle, afin de ne pas déranger les assistants qui étaient agenouillés et je prêtai roreille. Le sujet du prêche portait sur les vicissitudes humaines — voilà un abbé qui aura fort à faire, pensai-je ; — et sur le mérite qu'il y a à les supporter. Je saisis difficilement les premières phrases, tant parce que, dans la connaissance de la langue espagnole, je suis de la force d'un élève de troisième, que parce que je n'avais pas encore trouvé le point où mon organe auriculaire pouvait recueillir les ondes vocales qui partaient de sa bouche. Mais je distinguais très -clairement ses yeux levés vers la voûte, ses gestes passionnés, les élans de son corps qui semblait vouloir renouveler le miracle de l'Ascension. En France, un prédicateur met bien dix minutes à établir sa proposition et à préparer son auditoire. Pendant ce laps de parole calme, simple, l'esprit se recueille, s'apprête à discuter, puis à se laisser con-
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yaiocre et émouvoir. On procède difieremmeDt en Espagne^oàydès le second mot^ Ton use et Ton abuse de Taction que Démosthène recommandait aux Atliéniens, mais qu'il n'aurait pas, je crois, enseignée aux Espagnols. Donc, ce prédicateur, après deux minutes d*exorde, en était arrivé à un degré d'incandescence oratoire tel que ma voisine avait la paupière déjà mouillée. « Les larmes, s'écriait-il, avec une mimique inimitable sont IVpopée de la douleur ! » L'exorde achevé, j'entendis le premier point; et comme les hy« perboles, les tropes, les catacbrèses, les apostrophes, les prosopopées, les invocations redoublaient et que je prévoyais que tous les cœurs allaient se fendre, les senoras éclater en sanglots, ce qui m'aurait fait de la peine, je me hissai sur la pointe des pieds et eflfleurant le paillasson, — car il y a des paillassons partout en Espagne, de la cave au grenier, — je me faufilai dehors.
Je .hélai un cocher qui trottinait entre deux vins, c'est aussi l'usage des cochers espagnols de trottiner et d'être entre deux vins, et je me fis conduire cahincaha à l'autre extrémité de Madrid» au delà du Prado, au Buen^Retiro, J'ai horreur de l'ivresse. Pourtant, ce cocher reçut un pourboire honorable. Ce qui m'arracha cette largesse, c'est que son fiacre étnit propre ; le premier fiacre propre que je rencontre ! Une jetée au crochet sortant du panier de la blanchisseuse, tapissait le fond de ce phénix des sapins ; on y pouvait appuyer sa tête, sans que les cheveux se prissent à une glue nauséabonde ou se saupoudrassent de poussière, conune la perruque d'un laquais. Je réglai ma course,
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m^approchai de la lanterne sur laquelle était peint le numéro matricule, transcrivis sur mes tablettes le
chiffre 247 et m* enfonçai dans les allées du Buen-Re-
tiro^ laissant mon automédon stupéfait.
Depuis rintelligente révolution faite par le maréchal Prim, le Buen^Retiro est un peu bouleversé, comme les autres jardins de Madrid, comme les quartiers que Ton a démolis pour tracer des boulevards qui ne se bâtissent pas, comme les monuments écornés par les patriotes, comme la politique des Espagnes. Il est ouvert à tout venant, ce n^est pas là un mal ; mais il me faudrait emprunter à Rabelais toute sorte d'épithètes pour qualifier les ribauds qui, dé* jouant la surveillance devenue trop difficile des gardiens, ont écartelé de leurs armoiries le pourtour des arbres. — Le Buen-Retiro est un beau et grand parc. II faut une heure et demie pour en faire le tour. Ferdinand VU y planta de magnifiques allées qui, malgré Taridité du sol, ont prospéré et fournissent une ombre agréable. Il me semble toutefois que ce prince a abusé des ifs, qui donnent au Retira un faux air de cimetière; à moins qu'il ne les ait choisis avec intention, en signe de deuil, les Français y ayant établi leur quartier général en 1808 et ayant maladroitement ravagé les anciennes plantations faites par Philippe IV et Ferdinand VI. Une jolie pièce d'eau , quelques chalets élégants, d'assez laides statues, des corbeilles de fleurs, des salles d'ombrage, des berceaux, une ménagerie ou casa de ^era^ à peu près déserte, un éléphant colossal attaché en plein air par trois pattes et qui s'ennuiera plus longtemps dans cette position
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que le roi Amédée dans son palais ; voyez cela lorsque vous viendrez au BuenrRetiro.
Le ReVro étant à la tète du Barrio on faubourg de Salamanca^ ainsi nomméy je crois, du banquier qui j construisit les premières maisons» et qui maintenant a vendn ses terrains à une compagnie, j*allai visiter les habitations ouvrières que l'on ta y avait signalées. Ce sont de vastes constructions bâties sur de larges boulevards. Elles sont confortables, bien aérées et même élégantes. Les appartements situés sur le devant peuvent servir à des employés d*administration, à de modestes rentiers, et ceux qui sont situés sur la cour sont des logements salubres et clairs pour les ouvriers. Ce qui est une innovation heureuse, ce qu*il faut dire et ce qu'il faudrait imiter à Paris et dans toutes nos grandes villes manufacturières, c'est la disposition des maisons et des cours intérieures. Chaque série de maisons occupant Tespace compris entre le boulevard et trois rues, ne forme en apparence qu'un seul et immense bâtiment, bien qn'ily ait, sur les quatre façades, plusieurs portes cochères. Au milieu de ce bâtiment monstre s'étend une cour qui a, à peu près, l'éiendue de la place Louvois. Un jet d'eau, des pelouses, des arbres verts, des arbustes et des fleurs en font nn lieu assez agréable. Tout autour, des allées, un sol bien sablé et bien propre. Les logements qui ont vue sur cette cour sont parfaitement éclairés et presque gais. L'ouvrier s'y plaît et y rentre de bonne heure. Il y a un autre avantage. La mère qui reste à la maison, peut, tout en travaillant, surveiller de sa fenêtre ses enfants qui jouent dans la cour avec Icg
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enfants desToisins. Ils ne courent pas le 'risque de se faire écraser par les voitures, ni de rencontrer quelque vaurien et ne se salissent pas. II me semble que si Ton adoptait à Paris ce genre de constructions, on rendrait un véritable service aux ouvriers qui sont parfois si tristement logés qu'il est bien naturel qu'ils fuient leur logis. Je crois que les propriétaires n'y perdraient rien, parce que le terrain improductif de la cour serait compensé par les logements plus cheis qu'ils loueraient sur la façade principale, logements qu'ils n'ont pas dans les baraques d'aujourd'hui.
Je descendis du Barrio par la Castellana où je vis un certain nombre de faux chignons, de figures poudrées ou imbibées à'Eéau de Barcelone; mais où j'appris, en revanche, le jeu de l'éventail. Si vous ne connaissez pas le jeu de l'éventail, il faut l'apprendre, cela peut vous servir. Ici, toutes les dames ont un éventail à la main, alors même que le vent soufflerait à déraciner le Guadarrama ou qu'il gèlerait à faire éclore des ours blancs. Quand vous éte;s assis à côté de l'une d'elles et que vous désirez savoir quel degré d'intimité vous rapproche, vous lui prenez son 'éven tail, vous l'ouvrez à moitié. Cela signifie amitié. Rarement la dame refuse de le recevoir de vos mains dans cet état de demi-iloraison. Mais si vous déployez toutes ses voiles, ce qui veut dire amour: Sehora estoy à los pies de usted, a Sehora^ je suis à vos pieds; >» la dame vous l'arrache, le referme vivement et vous n'avez qu'à pointer vos batteries dans une autre direction . Au contraire, si elle l'accepte tout épanoui, cela peut vous mener très-loin.
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Maintenant, 8*il vous platt, permettez-moi de dtner tranquillement, de causer un peu de choses qui ne TOUS intéressent pas,d*entendre un peu de bonne musique, de déguster mon thé. Reprenez mon bras, si cela vous fait plaisir, et achevons cette journée peu attrayante pour vous, j'en conviens, mais plus fatiguante encore poui votre serviteur. Dès que la nuit tombe, les environs de la Puerta del Sol s'emplbseot de promeneurs, de senoras en manteau de laine blanche, de rôdeuses mal famées et nombreuses. C'est un spectacle que je n'aime pas plus que vous; il est aussi uniforme et aussi malpropre qu'à Paris. Passons. Ce qui tente plus la curiosité et ce qui est plus particulier à Madrid, c'est la vente des journaux, la vente des billets de loterie et Taspect des cafés. On est littéralement assourdi par les crieurs qui annoncent avec des intonations aigiies et avinées : El Combate^ La Reifolucion social^ La Tertulia^ La Correspondencia de Espaha, Toute la nuit les oreilles me bourdonnent. Il me semble revenir à la veille de la Commune et entendre sur les boulevards : V'ià le Rappel ! V'ià le Rât^il! Achetez le Cri du Peuple^ par Jules Vallès! Le Combat^ de Félix Pyat ! Ces crieurs ont cela de bon, qu'ils se contentent de crier et qu'ils ne vous fourrent pas leurs imprimés sous le nez, ce que font, à vous mettre en colère, les marchands de billets de loterie.
Il y a quelques jours, j'avais entre les mains un numéro de la Gaceta de Madrid de 1810. Cette gazette a le petit format de poche qu'avait le Journal de Paris à l'époque où le dirigeait l'abbé de Mably.
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Les quatre pages, à 1* exception du dernier quart de la dernière colonne, sont consacrées aux nouvelles politiques des divers États de l'Europe, et je remarquai, entre autres singularités, que la poste mettait deux mois à venir de Pesth à Madrid. Mais que croiriezvous lire à l'article Espana qui remplit le petit carré dont je vous parle? — ■ Les numéros gagnants de la dernière loterie et le programme des théâtres. — Les loteries sont toujours en faveur. On en fait deux par mois, et le gouvernement gagne à cette spéculation 40 p. 100 à peu près.
Pardonnez-moi de ne pas vous offrir un rafraîchissement au café. Les consommations y sont affreuses, du Café Fornos au Café del Siglô^ au Café de Madrid y au Café Suiz^ au Café Europeano, au Café de las ColumnaSy au Café Impérial. Cafés, hôtels et restaurants se valent. Â part la pâtisserie et la confiserie qui y sont excellentes, l'éducation culinaire des Espagnols est à reprendre par le pied. Il faudrait inonder ce pays des Ti aités du baron Brisse, de Brillât -Savarin et de la Cuisinière bourgeoise ; ouvrir à Madrid une académie de sauces et de fritures; la peupler des élèves de la Sophie du docteur Véron ; apprendre à ces gens la recette de faire une omelette mangeable ; expédier leurs vins à Cette, afin qu'en les coupant on les rendit potables; voilà une réforme ui^ente. Mais vous n'imaginez pas la quantité de consommateurs qui, le soir, sont empilés dans ces cafés et frappent la paume de leur main droite contre la paume de leur main gauche pour appeler les garçons. On y étouffe, on y est serré comme dans un assaut, on s'y abreuve
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de consommations qui vous donnent des nausées, on y marche sur des robes, sur des pieds qui appartiennent on ne sait à qui, sur des enfants ; car les enfants les fréquentent. Des familles entières y débarquent : le père en tète, le grand- père, les oncles, la mère, les tantes, les filles, les fils, la bonne, la nourrice, le nourrisson non encore sevré. Je ne plaisaute pas, j*ai vu au café des nourrissons qui tétaient.