‹ L'Espagne contemporaine: Journal d'un voyageurChapitre 16 sur 48 · UNE CODBSB DE TAUREAUX · texte numérisé non relu

UNE CODBSB DE TAUREAUX

dorés. Le gilet est ornementé dans le même style. La chemise est à jabot ; la cravate éclatante nouée négli* gemment^ la ceinture de soie flottante ; les pantalons de peau de buffle jaune recouvrent une garniture de tôle destinée à amortir les coups de corne ; le som-brero est gris et large, il est enjolivé d*une touffe de faveurs; les cheveux sont serrés dans une résille de rubans noirs. Le picudoreesi assis sur une selle haute, relevée par devant et par derrière comme les selles du moyen âge; les étriers en bois forment sabots à la mode turque ; un éperon de fer arme son talon ; sa main tient une lance ferrée d'une pointe d'un pouce de longueur qui suffit à contenir le taureau sans le blesser grièvement. Après eux, marchaient les chulos en alpar galas brodés; en bas chair agrémentés de dessins dorés ; aux nœuds roses au-dessus du mollet ; aux culottes courtes de satin, bleues, roses ou vertes; au pourpoint varié à ramages étincelants ; la ceinture serrée; la montera sur l'oreille. Sur leur bras est une capa pourpre doublée de jaune, en soie. Us la déroulent, l'agitent, la lancent, la retirent, la font papillonner devant le taureau pour Texciler. Les chulos n'ont pas la forte taille, la stature athlétique At% picador es. Ils sont bien découplés, sveltes et agiles. Les banderilleros ont à peu près leur costume. Ils serrent un petit faisceau de bander i lias ou flèches à fer barbelé empennées de découpures de papier de couleur. Pour raviver la fureur du taureau, le banderillero doit lui planter dans le col deux flèches à la fois. Ils précèdent les espadas Cayetano Sanz, Salvador Sanchez dit Frascuelo, et José Machio habillés dans le même

L*E8PAGNB COI^TEMPORAINE.

goût mais de vêlements plus riches. Une épée à la poignée en croix flamboie nue dans lem* main droite, pendant que leur main gauche porte la muleta^ sorte d'étoffe écarlate qui se déploie sur un bâton transversal. Les sei*vants chargés de relever les morts, de ratisser le sable, de passer les armes aux toreros y de faire en un mot le service de la Plaza^ ferment la marche. Leur costume est de laine rouge et bleue ou ja;me et rouge. Quatre d'entre eux conduisent deux attelages de mules fringantes, couvertes de pompons, de housses barriolées, de colliers de fantaisie, de petits drapeaux aux armes de TEspagne. Ces mules sont accouplées de front en deux quadriges et enlèvent les taureaux et les chevaux tués. Tout ce cortège s'avance solennellement et défile, chapeau bas, devant le roi et Talcade. Un torero se détache de ses camarades, fait un pas en avant de la cavalcade et, levant la tête, le chef découvert, après un salut, demande à Tofficier de Tayuntamiento les clefs du torril où les taureaux sont enfermés. Le président jette les clefs dans Tarène. Le torero s'incline en remerciement. Un alguazil ramasse les clefs, enfourche sa béte et les porte en galopant au garçon de combat qui doit ouvrir le torriL Une immense clameur de hurrahs frénétiques accueille le galop du policier; la Plaza est en liesse ; toutes les tètes dardent leurs yeux sur l'arène ; l'impatience, la joie, l'émotion éclatent en tumulte.

Mais, en un clin d'œil, un morne silence a succédé à tout ce tapage. Les quadriges sont rentrés dans la cour des toreros. Les picadores de réserve sont à l'abri dans le couloir avec les banderilleros^ les espadas

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