L£S MUSEES ET LES THEATRES
représentait le S. Bivero enfermé dans ane bouteille, TOUS savez que le S. Rivero ne lit pas Tode d'Horaoei O nata mecum consule Manlio ! il la boit. L'autre figurait le S. Ruiz Zorrilla enveloppé dans une robe de chambre tachetée de points noirs* Un jour, aux Cortès, le S. Zorrilla annonça gravement, avec cette abondance de parole propre aux orateurs espagnols, que la politique de TEspagne avait des points noirs. Un rire homérique accueillit cette découverte. La politique des Espagnes ayant des points noirs, au moment où elle est plongée dans la boite à Tencre, cela, en effet, est assez réussi. Depuis, on appelle le S. Zorrilla, Zorrilla aux points noirs , comme on disait chez les Grecs: Achille aux pieds légers^ ou Minerve aux yeux verts. Ângel I" était donc le roi du cortège. Aujourd'hui , le carnaval est passé et Ângel réfléchit sur la grandeur et la décadence de la monarchie. Il m'a exposé ses idées politiques. Le jour où le peuple rendra à Angel P' le trône usurpé par Amadeo et menacé par Alfonso et Montpensier, ledit roi fera fusiller tous les hommes politiques et tous les généraux de toutes les Espagnes, supprimant du même coup les discussions et les pronunciamentos. Il réduira les impôts et les emplois, frappera d^une taxe élevée les produits étrangers à leur entrée sur son territoire et protégera la sortie des marchandises indigènes. Mais Amadeo le gène bien. Il m'a fait voir, en se tenant les côtés, une boîte d'allumettes sur laquelle est peint un chien avec la tête du roi , une casserole attachée à la queue, et fuyant à toutes jambes sur une route indiquée par un poteau, 6^a//i2/!0 de Italia, Pour le moment, Angel ne
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fait rien. Ses finances sont à sec, tout comme les finances du royaume , avec cette différence que lui du moins a résolu le problème de vivre sans travailler, en mendiant à droite et à gauche un bock, un café, un chocolat ou une orange. Il m'a demandé de le prendre à mon service. Je lui ai répondu que ma maison était au complet, mais que s'il m'arrivait. de donner sa retraite à Tun de mes gens , je lui offrirais une charge jusqu'à ce qu'il eût conquis sa couronne. Aussi, quand il me rencontre dans les rues, me saluet-il respectueusement, salut auquel je ne manque pas de répondre par la formule : Adios^ rey.
Puisque je vous parle de café, je ne puis vous celer une trguvaille que j'ai faite à Madrid. En France, quatre corps de métiers sont républicains-nés : les limonadiers, les cordonniers, les tailleurs et les perruquiers. On n'abreuve, on ne chausse, on n'habille e l'on ne rase bien qu'à la condition d'être un bon patriote. Ici, il y a des exceptions ; tous les limonadiers ne sont pas bons patriotes. J'en ai trouvé un. Français d'origine, qui est bien le plus enragé orléaniste que je connaisse. Il ne jure que par monseigneur le duc de Montpensier, sous lequel il a servi en qualité de sergent au 3* chasseurs. Tous les matins, il dévore le Journal des Débats^ le Journal de Paris et le Courrier de la Gironde. Il ne* reçoit le Siècle que par condescendance pour son associé qui est radical. Mais il ne veut pas fusionner avec lui. Il va s'en séparer et ouvrir en plein Madrid le Café d^ Orléans,
Me voici bien loin des musées, des théâtres et de la semaine sainte, pendant laquelle cessent les spec-