VALLADOLID
Yalladolid, 8 mars.
Aujourd'hui, à quatre heures du matin, par la nuit noire, je traversai le faubourg de P^ega et je disais adieu à Burgos. Je montai en wagon et m'étendis sans cérémonie; j'étais seul d'ailleurs, attendant qu'il convînt au jour de s'éveiller. Ce brave vieillard, peu matinal en la saison d'hiver, se fit prier trois ou quatre lieues durant. Et, quand il lui plut d'ouvrir les yeux, je pus épier minutieusement les moindres préparatifs de sa toilette, car la Gastille est la plus chauve et la moins bossuée des plaines ; elle ne vous gène nullement si l'on a fantaisie de regarder au-dessus d'elle.
Sa paresse ne me permit d'apercevoir que dans l'ombre le couvent de Santa-Maria de las Huelgas et les premiers villages de la vallée de l'Arlanzon. A Quintanilleja, l'obscurité commençait à blanchir. En collant mes yeux contre la portière, je distinguai des champs mieux cultivés que ceux qui précèdent Burgos; mais la plaine, toujours la pi 8 'ne et les sempiternelles variations sur le gris.