‹ L'Espagne, Cuba et les Etats-UnisChapitre 8 sur 16 · XVI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XVI AVERTISSEMENT

séjour en Espagne; mais mon sentiment sur les affaires des Philippines est trop connu pour que ces jugements puissent m'être imputés. »

M. Canovas disait donc : Ce n'est pas moi.

— En effet, ce n'était pas lui» — L'autre, je ne l'ai pas nommé; mais M. Castelar^ mis en cause à son tour, — on l'avait, lui aussi, reconnu au style, et Dieu sait comme le style de M, Canovas ressemblait au style de M. Castelar ! — don Emilio « ne niait pas que l'article de M. Charles Benoist pouvait être fondé sur des déclarations qu'il avait faites ; mais il y avait cinq mois de cela, et depuis lors son opinion s'était un peu modifiée ». — Il ne m'appartient pas de décider si M. Castelar, en ne niant pas, s'est suffisamment confessé; observerai-je seulement que, quant aux dates, sa prodigieuse mémoire serait en défaut? Il n'y avait pas cinq mois, mais bien dix mois de cela : cinq mois de plus, c'est un grand espace dans la vie d'un homme politique.

Les deux télégrammes, celui de M. Canovas

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et celui de M. Caslelar, furent expédiés de Saint- Sébastien, le 29 et le 30 juillet; dans la semaine, M. Canovas del Castillo partait pour Santa- Agueda...

Et je ne puis m'empêcher de me souvenir. Je me souviens et je comprends à présent. Comme nous sortions de la Hicerta^ par cette belle nuit d'automne finissant, tandis que sonnait, haute et joyeuse, la voix d'Emilio Castelar, dans toutes les allées, de tous les massifs, des hommes de police se levaient. D'autres agents veillaient à la grille entre-bâillée. D'autres encore maintenaient les quelques passants attardés qu'avaient fait s'arrêler là-bas, vers l'extrémité de la ville, près de la barrière de Salamanque, à cette heure d'ordinaire déserte, les lumières et les voitures. M. Canovas était bien gardé. Dix mois après, Angiolillo a pu trouver et saisir sa minute. Qui sait ? Déjà peut-être, cette nuit-là même, parmi ces curieux qui saluaienU un Angiolillo attendait.

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