Statistique
Quelques mots de statistique suffiront pour donner une ée de l'importance du corps ecclésiastique.
L'Espagne comprenait en 1808 huit archevêchés et cinlante-deux évéchés(2). — Les Indes espagnoles étaientdivï-
,t) I La religion de U nation espagnole est et sera à tout jamais la religion
;atbolique, apostolique et romaine, la teule véritable. La Dation la protège
par des lois sages et justes, et prohibe l'exercice de toute autre, i — Cons-
utiunde 1812, art. 12.
\2) Saragosse. ~ Jaca, Huecca, Barbastro, Tarrazona, Albarracin, Teruel.
Burgoa. -~ Pampelune, Calaborra, Palencia. Santander (I7!i4), Tudela(l783t.
Santiago. - Mondofledo (l'év&que résidant à Villamayor), Orense, Tuy.
.go, Aetorga, Zamora, Salamanque, Ciudad-Hodrigo, Plasencia, Çoria, Ba-
joz, Oviédo, A vile -
Earragone. — Urgel, Lêrida, Solsona, Vich, Girone, Barcelone, Tortose
;ztt (1183).
Valence, — Orlhuela, Majorque, Minorque (1795), Segorbe.
Mette. — Osaia,VBlladolid,SégoTie,SigueDzn,Ciienca, JBen,Cordoue,Murcie,
îrenarfe, — Alméria, Guadii, Baïa.
iévitte. — Cadiz, Canaries, Ceuta, Mataga.
Léon ne relevait que du Saint-Siège.
(Gams, Séries episeoporum. — Gâta de forasteros, a&o de IBOt.]
sées à la même époque en dix provinces et trente-huit diocèses (1).
Le nombre des collégiales était considérable. On en comptait une centaine en Espagne seulement. Les chapitres cathédraux et collégiaux d'Espagne comprenaient 648 dignitaires, 1768 chanoines, 216 prébendiers et 200 demi-prébendiers (2).
En 1787 le clergé séculier de la péninsule comptait 70,170 individus.
Les moines, appartenant à quarante ordres différents (3), possédaient 2,067 maisons, peuplées de 62,249 personnes, dont 37,SS0 profès.
Les religieuses, relevant de 29 ordres (4), habitaient 1,122
(1) Mexico, — La Puebla de los Angeles, Yucatan, Oaxaca, Mechoacan, Chiapa, Guadalaxara, Diirango, Léon Nuevo(1777), Sonora (1779).
Lima. — Cuzco, Santiago de Chile, Goncepcion de Chile, f ruxillo, Guamanga^ Ârequipa, Ghachapoyas (1805).
Santo Domingo (à la France depuis 1795). — Porto-Rico.
Santa Fé de Bogota. — Cartagena, Panama, Santa-Marta, Popayan, Medellin (1804).
Charcas de Plata, — Asuncion de Paraguay, Cordoba de Tucuman, Buenos- Ayres, Santa Gruz de la Sierra, La Paz, Salta (1806).
Guatemala, — Comayagua, Nicaragua.
Quito. — Cuenca (1786).
Santiago de Cuba, — Santo Christoforo de Habafia (1787).
Caracas. — Galabozo, Merida (1777), Santo Tomas de Guayana (1790).
Manila. — Cebu, Nueva Segovia, Nueva Caceres.
(:!)Canga Argueiles, Die. de hacienda^ v Cannnrjins
(3) Bénédictins, Bernardins, Hiéronyinites, Chartreux, Basiliens, Dominicains, Franciscains, Récollets, Tiers-Ordre, Capucins, Augustins chaussés et déchaux, Carmes chaussés et déchaux, Trinitaires chaussés et déchaux, moines de Saint-Pierre d'Alcantara, de SaiDt-Jean de Dieu, de la Merci chaussés et déchaux, Minimes, Servîtes, Chanoines réguliers de Saint-Augustin, de Saint-Antoine abbé. Prémontrés, Théatins, Mineurs, Agonisants, Frères des Ëcoles chrétiennes, de Saint- Vincent de Paul, de Malte, de Saint-Jacques, de Calatrava, d'Alcantara, de Montésa, du Saint-Esprit, congrégation de Saint- Philippe Néri, Missionnaires, Hospitaliers, Ermites.
(4) Bénédictines, Bernardines, Hiéronymites, Dominicaines, Franciscaines, Clarisses, RécoUettes, Filles du Tiers-Ordre, Capucines, Augustines chaussées
déchaussées, Carmélites chaussées et déchaussées, Brigites, Minimes, Ser-
ites, Filles de Sajnt-Fraaçois-de-Sales {Salesas)^ sœurs de la Doctrine chré-
ine, du Saint -Sépulcre, de Saint-Laurent Justinien, de Nazareth, de l'ordre
Prémontré ; Gommanderesses de Malte, de Saint-Jacques, de Calatrava »
i.lcantaraet du Saint-Esprit; Béates et Béates hospitalières.
l'eSPAGNE de l'ancien RÉr.lME
ivents, peuplés de 33,630 personnes, dont 24,3iâ religieapro fesses.
^e nombre total des personnes engagées dans les ordres it donc de 132.068. En y ajoutant les sacristains, les ilytes, les syndics des ordres religieux, les employés de la izada et de Tlnquisilion, les novices des couvents, les res lais, les sœurs converses, les oblats (donados), les nestiques, les servantes, les enfants élevés dans les ivents, on arrive au chiffre de 191,101 personnes dépenit de l'Église (1).
je clergé des Indes était beaucoup moins nombreux, mboldt évalue à 14.000 les ecclésiastiques réguliers ou uiiers existant au Mexique en 1803 (2). Il comptait deux lésiastiques pour mille habitants au lieu de dix-huit pour te en Espagne. Le nombre des moines était surtout beaup moins considérable au Nouveau-Monde que dans la linsule. On ne voyait gutre de couvents que dans les plus ndes villes ; Mexico comptait à lui seul un sixième des is d'église de tout le Mexique. En 178i, l'ordre de Notrene de la Merci, l'un des plus populaires parmi les ordres
I Clergé séculier et régulier. Gêna d'église
Curés 16,68» Sacristaina
Benéficiers 33.69! Acolyte»
Patrimoniaux. . . . 13,244 Syndics des ordres religieux.
Vicaires 5,111 Employés de la Cru^ada. .
Minorés 10,174 Employés de l'iDquisitioD. .
Religieux profëi. . . 37,SQ0 Domestiques des couvents
Religieuses professes. . 24,348 DomestiquesdescouventBde /emmes. ......
ToUl : 132,068 ToUl :
Total généra :
recensement de 1197 douna des résultats un peu différents :
Clercs séculiers 58,833
Religieux et serviteurs. . . . 59,768 Heligieuses et servantes. . . 33.630 Total 172,231
< ordres mendiants comptaient à eux sauls 39.891 membres sui es et nonnes habitant les couvents.
(Ganga Arguelles, flic, de hac., v* C Humboldt, Essai sur la Nouvelle-Espagne, I, p. *3(.
espagnols, comptaiiSS couvents dans lés quatre provinces de Lima, Cuzco, Santiago de Ghile et Buenos-Ayres, qui comprenaient les quatre cinquièmes de TAmérique du Sud* Les couvents des capitales étaient riches.et bien peuplés, celui de Lima avait 132 religieux; mais la population moyenne des couvents de province était de 8 moines, et les plus pauvres n'en avaient que 2(1). Un recensement du clergé régulier colombien exécuté en 1824 donna 3,262 religieux pour une population de deux millions et demi d'habitants (2). La proportion de deux pour mille indiquée par Humboldt peut donc être regardée comme très voisine de la vérité, et Ton ne se trompera sans doute pas beaucoup en portant à 35 ou iO.OOO le nombre des ecclésiastiques séculiers et réguliers qui vivaient aux Indes au milieu d'une population de 19 millions d'habitants.
L'Espagne était couverte de monuments et d'édifices religieux. Les moindres villes, quelquefois même les moindres bourgs en étaient remplis. Olmédo, méchante bourgade de 2,000 habitants, avait 7 églises et 7 couvents (3). Vitoria, peuplée seulement de 6,500 habitants, possédait une collégiale, 4 paroisses, 1 chapelle et 5 couvents (4). Barbastro (6,000 habitants) avait une cathédrale, 3 sanctuaires de la Vierge, 1 ermitage de Saint-Raymond, 4 couvents d'hommes, 2 monastères de filles, des collèges ecclésiastiques, des écoles chrétiennes, un séminaire sacerdotal de la congrégation de Saint-Vincent de Paul, un séminaire diocésain, et un collège de Filles de la Charité (5). C'était bien autre chose encore dans les villes capitales. Valladolid avec ses 21,000 habitants comptait 46 monastères et 14 églises paroissiales ; les religieux et les tonnes, au nombre de i ,258, formaient plus du vingtième de la population (6). Burgos pour 9,000 âmes avait 14 paroisses, 22 couvents d'honiriiès, 20 couvents de femmes,
{{) Archives générales des'Indes, Estante, 155, caja 3, leg. 25.
(2) Art de vérifier lesdates, supplément, XII, p. 84-85.
(3) Du Rozoir, Voyage en Espagne, p. 253
(4) Cola, la ciudad de Vitoria, pass.
(5) Lopez-Novoa. Historiade Barbastro, sec. V.
(6) Ortega, Histona de Valladolid, II, p. 158. Sfiogrador, HLstorta de ValladoUdy II, p. 485.
42 l'espagnb de l'ancien régiime
7 ermitages et 4 hôpitaux (1). Tolède s'enorgueillissait de ses 25 paroisses, de ses 39 couvents et de ses 14 hôpitaux (2). Séville avait une cathédrale, une collégiale, 26 paroisses, 4 églises annexes, 68 couvents, 43 collèges ou maisons d'éducation et de charité (3).
Les services des églises collégiales ou cathédrales étaient montés sur un pied de luxe inouï. Certains chapitres collégiaux, comme ceux de Manresa, d'Alcala de Hénarès, de Galatayud, d'Antequera le disputaient en richesse aux chapitres des cathédrales. Le prieur dii Saint-Sépulcre de Calatayud portait la croix d'or des évêques et était exempt de la juridiction de l'ordinaire (4).
Les églises épiscopales des moindres diocèses avaient des chapitres déjà nombreux. L'église d'Orense comptait 63 chanoines ou prébendiers (5). Le chapitre de Pampelune comptait 12 dignitaires, 12 chanoines, 44 prébendiers et chapelains. Un autre chapitre, dit de Saint-Jean-Baptiste, et distinct du chapitre cathédral, était spécialement chargé du service du culte dans l'église métropolitaine de Sainte-Marie. Il se composait d'un vicaire et de 14 chanoines (6).
A Saragosse, le chapitre métropolitain, composé de 13 dignitaires et de 30 chanoines, se partageait entre la cathédrale {la Seo) et la basilique de Notre-Dame del Pilar. Outre ce chapitre commun, chaque église avait son clergé particulier : à la Seo, 92 prébendiers, 50 bénéficiers, 60 prêtres ; au Pilar, 38 prébendiers, 35 bénéficiers et 30 prêtres. En tout 349 personnes pour les deux églises (7j.
(1) Larruga, Memorias politicaSy t. XXVI, p. 258.
(2) De Laborde, Itinéraire descriptif de V Espagne^ lU, p. 258.
(3) Id. ibid., lï, p. 44.
(4) Id. ibid., l, p. 455, et UI, p. 90. — Mas y Casas, Ensayos sobre Manresa^ p . 308.
A Baza, le chapitre collégial comptait 5 dignitaires, 6 chanoines et 4 prébendiers. — A Baeza, 5 dignitaires et 9 chanoines. -- A Antequera, 1 dignitaire, 12 chanoines, 8 prébendiers, 8 semi-prébendiers. — A Al cala, 6 dignitaires, 28 chanoines et 18 prébendiers. (Ganga Arguelles, Die, de hacienda^ v- Baza, Baezttt Antequera^ Alcalà.)
(5) De Laborde, Itin., I, p. 216.
(6)ld. ibid., I, p. 290.
(1)ld. ibid., i. p. 437.
Le chapitre de Séville comptait 40 chanoines, 20 prébendiers, 21 semi-prébendiers. Il y avait un maitre et un sous-maitre des cérémonies, deux pointeurs des chœurs, chargés de piquer sur une feuille les noms des chanoines présents à l'office ; il y avait 12 chapelains à verge et pallium {de vara y palto), 4 curés et 4* confesseurs pour la chapelle du Sagrario, 3 chapelains et 1 sacristain pour la chapelle de las Escalas, autant pour la chapelle de Saint- Pierre ; 36 boursiers du collège de Saint-Isidore servaient d'acolytes. La maîtrise avait un maitre chantre, 2 souschantres, 14 chanteurs, 9 joueurs d'instruments et 4 surnuméraires (1).
Les grandes abbayes espagnoles soutenaient la comparaison avec les plus illustres monastères des autres pays catholiques. Les abbayes de San Salvador de Leyre, d'Irache, de San Juan de la Pena, de Montserrat, du Poblet, étaient considérées en Navarre, eh Aragon et en Catalogne comme des sanctuaires nationaux. Le collège de Saint -Ignace, à Loyola, ressemblait à un palais avec sa longue façade de granit gris et sa riche église de marbre noir. Le couvent de Saint-Marc de Léon, à l'ordre de Saint-Jacques, était plus vaste encore. La Chartreuse de Miraflores près de Burgos, le couvent de San Gregorio de Valladolid comptaient parmi les merveilles de l'Espagne. A San Lorenzo el Real, les moines partageaient avec les rois le palais de TEscorial. L'abbé de la Oliva était membre-né des Cortès de Navarre ; labbé de San Ildefonso avait le titre d'archevêque in partibus ; l'abbesse de las Huelgas étendait sa juridiction sur 14 cités et 50 villes (2).
Les églises paroissiales et conventuelles n'avaient pas suffi à la dévotion des Espagnols. Les grandes familles avaient bâti des chapelles où des prêtres, rentes sur les biens de la maison, priaient pour l'âme des ancêtres. Les Velasco avaient leur chapelle à la cathédrale de Burgos. La ^eo de Saragosse est entourée d'une ceinture de chapelles
)De Laborde, II, p. 44.
(2) Du Rozoir, op, cit. pass.
44 l'espagne de t/ ancien régime
particulières ; les grandes familles d'Aragon ont rivalisé de générosité pour les décorer avec une magnificence digne d'elles. A l'exemple des grands, les gentilshommes, les municipalités, les corporations, les simples particuliers se firent gloire d'ériger des chapelles et de fonder des chapellenies. On voit encore à Yalladolid la chapelle de la Magdalena, fondée par les comtes de Corral y Arellano. Leurs corps sont inhumés dans la crypte ; Téglise supérieure renferme le tombeau en marbre d'un évoque de la famille ; une chapelle latérale, construite en 1 711, et entourée d'une admirable grille de fer ouvragé, sert de sépulture aux a domestiques et officiers de la maison ». A Barcelone, la municipalité avait sa chapelle au couventdc Saint-François, et servait aux moines une rente annuelle de 1180 réaux pour la célébration de 367 messes applicables aux âmes des magistrats barcelonais décédés (1). A Cadiz» la corporation des marchands français possédait une chapelle dédiée à saint Louis dans l'église Saint-François (2). Les confréries, les corporations avaient dans chaque ville leur chapelle dédiée à leur saint patron.
La piété espagnole était allée plus loin encore ; elle avait conservé les églises des villages abandonnés {despoblados)^ elle avait bâti des sanctuaires en pleine solitude. Il y avait en rase campagne des chapelles isolées, où le culte ne s'exerçait plus que d'une manière intermittente, oîi Tonne disait la messe qu'aux grandes fêtes, quelquefois même une fois par an ; c'étaient des sanctuaires froids [sagrarios frios), cadavres d'églises qui ne reprenaient que pour un jour le mouvement et la vie. On en comptait 22,318 dans TEspagne entière (3).
Enfin, pour que la société laïque et la société ecclésiastique se pénétrassent davantage, pour qu'il n'existât entre elles aucune barrière, les laboureurs des villes et des villages,
(1) Actas de Bat'celona, 1793, f* 32. — Cf. Archives de la cathédrale de Pampelune, Donation faite en 1671 par Don Augustin de Irivas de 44.000 réaux de revenu pour la fondation de deux chapellenies. Les procès auxquels avait donné lieu cette donation n'étaient pas encore terminés en 1736 .
(2) Archives du consulat de France à Cadiz.
(3)CaDga Arguelles, Diccionario de hac.^ s^FInca^ nacionales.
les pipopriétaires, les ouvriers, les arlisans, les patrons, les bourgeois de tout état se groupaient en confréries, sortes d'associations religieuses et charitables répandues par milliers sur le sol des Espagnes. Bilbao en comptait 4 en 1797 : confrérie des Ames, confrérie de la Pitié, confrérie de Saint-Antoine abbé, confrérie de Saint-Grégoire (pour les propriétaires de vignes) (1). A Barcelone, la confrérie de Notre-Dame des Abandonnés, érigée dans l'église de Notre- Dame du Pin, inhumait gratis les indigents, et faisait dire des messes pour le repos de leurs âmes (2). La province de Burgos à elle seule comptait en 1779 2,468 confréries (3) ; ilyen avait 19,024 en Castille et 6,557 enAragon(4).
Si Ion veut se faire une idée de la physionomie cléricale d'une petite ville castillane à latin du xviii° siècle, on peut prendre pour exemple Fuente del Maestre que nous fait connaître un correspondant du Journal de Barcelone en 1797 (5). « C'était, dit-il, un petit bourg de 1300 habitants avec un « curé paroissial, un corps ecclésiastique de 70 prêtres, et un <( corps de noblesse de plus de vingt familles, pourvues de « riches majorats. L'église de la ville, placée sous Tinvocaa tion de Santa Maria de las Candelas^ était d'une superbe u architecture, et raisonnablement rentée. Déplus, le grand « maître (de Saint-Jacques) et le commandeur avaient Tobli- (( gation, comme possesseurs des dîmes et prémices, de la ff pourvoir de tous les objets nécessaires au culte divin et de « l'entretenir en bon état.... On voyait encore à Fuente del « Maestre un couvent d'hommes, un couvent de femmes, « 6 ermitages, un hôpital pour les pauvres malades, « difiFérentes œuvres pies pour marier les filles pauvres, « doter les religieuses ou donner l'aumône, et deux écoles « publiques dotées par Sa Majesté. L'une était consacrée à
(!) Archivée municipales de Bilbao , 1797.
(2) Diario de Barcelona, 30 août 1802.
(3) Canga Arguelles, vo Cofradias.
(4) Coxe, VEèpagne sous les rois de la maison de Bourbon, IV, p. 93.
(5) Fuente del Maestre dépendait du couvent de Saint-Marc de Léon, de rordre de Saint- Jacques. L'ordre possédait en Estremadure de Tastes biens qui s'étendaient de Cacerès àCazalla. (Spniner-Menke, Bistorisches Handatlas nM8.)
46 l'espagn£ de l'ancien régime
(c renseignement primaire, et Tautreaux études latines. La « juridiction appartenait à Tiliustrissime seigneur prieur du « couvent royal de Saint-Marc de Léon, et était exercée en « son nom par deux proviseurs, nommés par lui, qui rési- « daient à Merida et à Llerena. Le chapitre de Saint-Marc <t nommait, de son côté, un vicaire général, chargé de la surc( veillance ecclésiastique, et comme ces trois officiers n'a- <c valent jamais pu s'entendre pour le partage de lajuridic- « tion, ils l'exerçaient tous les trois conjointement (1).
On voit parla combien les institutions religieuses et féodales étaient encore vivantes en Espagne, et Ton comprend quelle devait être sur les âmes simples des bons Extremehos l'influence de ces clercs et de ces nobles dont la présence donnait tant d'illustration à leurs moindres villages.