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III. — Tableau général de rindnetrie espagnole

Malgré les obstacles qu'elle rencontrait dans les mœurs et dans les lois, l'industrie espagnole profita de la longue paix intérieure dont jouit la péninsule au dix-huitième siècle. Les efforts du gouvernement et des Sociétés économiques ne furent pas sans porter quelque fruit. La richesse industrielle de l'Espagne augmenta dans de notables proportions.

1® Industries extractives.

Très riche en mines de toutes sortes (6), l'Espagne était encore mal explorée: beaucoup de gisements restaient ignorés, beaucoup d'autres déjà découverts étaient situés dans des lieux presque inaccessibles.

La législation minière, fixée par Philippe II (7), incorporait au domaine royal les raines d'or, d'argent et de mer*

(i) Ord. royales du 14 sept. 1771» du % sept. 1802 et du 8 juin 1805. Mal* gré les ordonnances, les vêtements brodés de fabrication lyonnaise formaient le principal article du commerce français à Gadiz. — Swinburne, Voyage en Espagne^ p. 286.

[1)Nov. Rec, IX, xn,25, 1758.

(3) Id., IX. X, 22, 17B6.

(4)Id., IX, X, 27 et 28.

(5) Gabamis, Elogio ciel conde de Gatisa, Apè XX VII.

(6) Les bassins miniers couvrent en Espagne 180.000 hectares ; 70*000 hec-^ tares seulement sont aujourd'hui en exploitation. -^Rochetint L'avenir écono* mique de V Espagne, p* 10.

(7) Nov, Rec.^ IX, xviii, 3 et é. — > Ordonnances du 10 janvier 1559 et du 22 août 1384.

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cure, mais proclamait la liberté de la recherche et de l'exploi* fation de toutes les mines du royaume, soit par des nationaux, soit par des étrangers, à condition de payer au roi les droits qull se réservait sur les métaux précieux et de se soumettre aux règlements édictés pour Texploitation» La liberté était si bien de droit commun en matière de mines qu^à la fin du xviu* siècle, la Junte générale du commerce refusait de délivrer des permis d'exploitation. Le particulier qui voulait exploiter une mine n'avait qu'à faire une décla" ration devant le magistrat et à envoyer à la Junte un rapport et des échantillons de minerai (1).

Grâce à ces sages ordonnances, un très grand nombre de mines s'ouvrirent au xvi® et au xvu® siècle. Canga Ârguelles compte 597 concessions autorisées de 1569 à 1716 (2). Mais il ne faudrait pas juger par ce chiffre du nombre réel des mines exploitées ; beaucoup de gens prétendaient découvrir des mines pour trouver un prétexte de s^approprier l'argent d'autrui (3). Parmi les mines concédées, on trouve 121 mines d'or et 205 mines d'argent, contre 19 de fer, preuve que les chercheurs visaient plutôt à la découverte d'un trésor qu'à l'établissement d'une industrie sérieuse. Des mécomptes innombrables avaient fini par faire tomber les entreprises minières dans un complet discrédit.

A la fin du xviii* siècle, l'Espagne exploitait des mines de topaze, d'agate, de cristal de roche, d'améthyste, d'hématite, de pierre bleue [aziil), de lapis-lazuli, et d'ambre. Il y avait en Kxtremadure des mines d'émeri.

L*Espagne avait des carrières d'albâtre, de jaspe (Cuenca), de jaspe sanguin (Grenade), de serpentine (Sierra-Nevada), d'amiante (Asturîes). La Catalogne donnait des marbres blancs et noirs, et des marbres nummuiitiques, de couleur brune, très employés dans la vieille architecture catalane ; Valence fournissait des marbres rouges et jaunes, l'Aragon

(1) Nov, Rec.» IX, XVIII, 4 (noie 3) : Acuei*dos de la Junia, 25 octobre 1783, 5 mai 1787, 18 août 1796.

(2) Canga Arguelles, Die, de Aac, v^ Minai.

(3) Larruga, Memorias^ t. V» p. 127.

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des bleus, des roses, des jaspés ; on en trouvait de gris veinés de bleu dans la Sierra de Guadarrama.

On exploitait le sel gemme en Catalogne, en Aragon et en Navarre ; le sel marin sur les côtes. L'exploitation du sel était monopolisée par l'Etat. En 1814, la couronne exploitait pour son compte 88 salines et mines de sel ; 77 autres appartenaient à des particuliers ou à des corporations qui vendaient leur sel à l'administration. Les salines royales donnaient un produit total de 4.446.366 arrobes (i).

Le charbon de terre {cardon de piedra) était exploité dès le XVI® siècle à Azanca dans les Asturies et fournissait annuellement 360.000 arrobes (2). Ses usages industriels commençaient à attirer Tattention des particuliers (3) et de TElat, qui revendiqua en 1792 le droit de s'emparer des mines dont il aurait besoin pour le service de la marine (4). Le graphite [carbon marcial) se trouvait en Aragon (6).

Le soufre se rencontrait en Murcie, en Andalousie, en Aragon et en Galice. Il était exploité pour le compte du Trésor et donnait dans les bonnes années un produit brut de 369.471 réaux (6).

Les métaux précieux existaient sur un grand nombre de points, mais n'abondaient nulle part. En 1706, un habitant d'Irun crut découvrir une mine d'or aux environs de Fonlarabie (7). En 1726, le Tolédan Juan Marlinez de Perea remit en état une mine d'or abandonnée à Sevilleja. Elle dut donner quelques bénéfices, car elle fut très disputée à Perea et administrée de 1731 à 1736 pour le compte du Trésor (8).

L*argent élait encore exploité en 1805 à Guadalcanal dans la Sierra-Morena par une compagnie allemande. Yauquelin avait trouvé dans le minerai une proportion de 10 ^ de

(1) Canga Arguelles, Dlc, dehac.s^ Salinas(Henla de). Les sels d'Espagne faisaient concurrence à ceux de France sur le marché européen.

(2) Id. ibid., v» Carbon.

(3) Ind, Guipuzc, sec. II, neg. 20, leg. 27, 1783.

(4) Nov. Rec, IX, xx, 4, 24 août 1792.

(5) [Hario de Barcelona, 3 mai 1802.

(6) Canga Arguelles, Die. de hac., v«> Azufre.

(7) Ind. Guip.^ sec. Il, neg. 20, leg. 7.

(8) Larruga» Memorias, t. V, p. 131.

platine (1). D. Fausto Elhuyar avait tiré de 100 livres de minerai jusqu'à 9 marcs d'argent ; mais les inondations, les éboulements et « la mauvaise conduite des ouvriers allemands » avaient ruiné l'entreprise, qui avait rendu sous Philippe II jusqu'à 500.000 réaux par an (2).

Bien autrement important était le produit du mercure. Les mines de cinabre d'Almaden et d'Almadenejos appartenaient à la couronne et étaient exploitées par des forçats, qui travaillaient seulement trois heures, et coûtaient au roi 8 réaux par jour (3). De i6i6 à 1806, elles avaient donné un rendement moyen de 31. H6 arrobes paran(4); D. Isidoro de Antillon estimait qu'elles auraient pu produire jusqu'à 80.000 arrobes; mais ruinées par un incendie à la fin du xvïue siècle, elles restèrent plusieurs années sans rien produire. D. Guillermo Bowles les remit en état, et en 1802, le rendement était remonté à 20.000 arrobes (5).

Le mercure était indispensable à l'exploitation des métaux précieux, et le développement prodigieux de Tindustrie minière au Mexique et au Pérou absorbait beaucoup plus de mercure que l'Espagne n'en pouvait produire (6). On avait bien découvert des gisements aux Indes (7), mais la cour d Espagne ne se souciait pas de les laisser exploiter. La mine de Huancavelica, au Pérou, la plus riche des Indes, s'était éboulée, et le Conseil des Indes était resté huit ans sans vouloir s'en occuper (8). Les mines du Mexique étaient pres-

(1) Gang. Arg., Die. de hac.v^Beneficio de la mina de plaia de GuadalcanaL

(2) Id. ibid., GuadalcanaL Minas de plalay oro de Espana. Minas que en Espafia se benefician decuenla de la nacion.

(3) Coxe, L'Espagne sous les Bourbons, t 1V« p. 308, d'après Guillermo Bowies : Introduction à Vhistoire naturelle et à la géographie pfiysique de VEspagne.

(4) Gang. Arg., Die. de hac.y v« Almaden.

(o) Humboldt, Essai sur la Nouvelle-Espagne ^ t. III, p. 290.

(6) De 1162 à 1781, les usines d'amalgamation du Mexique avaient consommé 191.40.') quintaux de mercure. — Humboldt, op. cit., t. 111, p, 290.

(7) 11 au Mexique, 4 en Nouvelle-Grenade, 5 au Pérou. — Gang. Arg., Did de hac, v<» Azogue.

(8) Humboldt, op. cil,, t. 111, p. 327. La mine de Huancavelica, qui avait donné jusqu'à 10.000 quintaux, n'en produisait plus que 3.500. — Gang. Arg.) Die, de hacj \* Huancavelica.

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que aussitôt abandonnées qu'ouvertes (1). Le gouvernement espagnol avait préféré traiter avec TAutriche pour la fourniture annuelle de 12.000 quintaux de mercure dldria, qui se vendait au Mexique un tiers plus cher que le mercure d'Almaden (2).

Peu abondants eu Espagne, les métaux précieux faisaient la grande richesse des Indes.

Le Mexique produisait au xviii* siècle environ 7.000 marcs d*or par an (3), et de 1806 à 18 10 la moyenne annuelle s'éleva à 9.383 marcs (4). Le Pérou, avec 70 mines en activité (5), donna de 1753 à 1792 un rendement moyen de 3.400 marcsj^ le Chili produisait 12.212 marcs, Buenos-Ayres 2.200, la Nouvelle-Grenade 20.505 (6).

L'extraction de l'argent était la grande industrie du Mexique et du Pérou. Au Mexique, les mines étaient situées à une altitude moyenne, le travail était libre et offrait d'abondantes ressources à la population. Au Pérou, les gisements les plus riches touchaient presque aux neiges éternelles, et le régime d'exploitation était le travail forcé (7).

Le Mexique comptait un total nominal de 3.000 mines d'argent (8), exploitées par 30.000 mineurs (9). Le travailleur libre gagnait de 100 à 120 réaux la semaine, au lieu de 28 à 36 réaux que gagnait le laboureur (10). Le roi avait prodigué les faveurs aux propriétaires de mines : il avait converti le quini royal en simple dîme, abaissé le prix de la poudre et

(1) Humboldt, op. cit., t. III, p. 312.

(2) Id. ibid., t. III, p. 293. — Gang. Arg., Die. de hac, vo Azogue. (3)Id. ibld.. t. III. p. 29T.

(4)Id. ibid., t. III, p. 306.

(5) Lacroix, Le Pérou, p. 336.

(6) Gang. Arg., Die. de hac., v<» Minas de oro y plata. Ces chiffres ne sont qu'approximatifs. — Au mot Chile, Canga Arguelles évalue la production d*or du Chili & 5.000 marcs, ce qui correspond au chiffre donné par Humboldt (III. p. 359). — Pour la Nouvelle -Grenade, Humboldt donne 18.000 marcs(lll, p. 393). L'Art de vérifier les dates (supp., t. XIl, p. 22; évalue la production de Tor à 3 millions de piastres ou 22.058 marcs.

(1) Humboldt, op. cit., t. III, p. 342.

(8) Gang. Arg., Die, dehac, y<^ Diputaciones

(9) Humboldt, op. ci/., t. I,p. 339.

(10) Id. ibid., t. m, p. 249.

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du mercure, exempté les mines des droits d'alcabala, facilité la vente des matières d*or et d'argent dans les caisses provinciales (1). En 1776, le roi reconnut à l'association des propriétaires de mines le caractère d'une corporation {el importante ciierpo de mineria) (2) et lui donna une large autonomie. Le corps fonda une école des mines qui ne tarda pas à perfectionner l'exploitation.

Les mines du Mexique fournissaient chaque année 2.338.000 marcs d'argent (3); Humboldt calcule que de 1690 à 1800 les mines du Mexique ont jeté dans la circulation 149.350.722 marcs d'argent, d'une valeur de 5.069.884.548 réaux (4).

En 1791, le Pérou comptait 834 mines en exploitation (5), mais la conscription minière [la mita) enlevait les Indiens à leurs familles, les transportait à plusieurs centaines de milles de leurs villages, et les condamnait, pour un salaire de 10 réaux, à im si excessif labeur que les 4/5 des ouvriers succombaient à la tâche. On a évalué à 8 millions le nombre des victimes de la mita (6). L'altitude extraordinaire à laquelle étaient situées la plupart des mines obligeait à tirer du dehors tous les vivres et le combustible. Les. transports se faisaient à dos d'âne et de lama (7) ; la mine de Polosi n'employait pas moins de 30.000 de ces animaux (8). L'épuisement se faisait à l'aide de pompes à bras ; ce ne fut que dans les premières années du xix* siècle que furent installées à Pasca et à Yauricocha les premières pompes à feu (9). Les galeries, mal percées et mal étayées, s'écroulaient souvent,

ri) Humboldt. op. cit., t. III. p. 304.

(2j Id. ibid., t. III, p. 333. — La juridiction minière appartenait en première instance h 31 députations provinciales, avec appel au tribunal des mines de Mexico, et recours en dernier ressort au Conseil des Indes, chargé de maintenir l'unité de législation.

(3) Gang. Arg., Die. de hac, \* Minas de oro,

(4) Humboldt, ^«at sur la Nouvelle-Espagne, X. UI,p. 297.

(5) Lacroix, Le PéroUy p. 336.

(6) Id. ibid., p. 476.

(7) La charge d un lama ne dépasse pas 26 kilos. — A. Plane, Le PéroUy Paris, 1903, in-12. .

(8) Humboldt, op. cit , t. III. p. 381.

(9) Id. ibid.", t. lU, p. 350.

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l'exploitation se trouvait arrêtée pour plusieurs années, et cependant, telle était la richesse des mines du Pérou et du Chili, qu'elles donnaient chaque année 1.121.920 marcs d'argent, valant 190.724.400 réaùx (1).

A l'argent s'ajouta le platiné, découvert en 1735 dans les mines d'or de Santa-Fé et de Popayan. D. Antonio de Ulloa en rapporta les premiers échantillons en Europe en 17il. Comme les mineurs de mauvaise foi en mêlaient à Tor, le Conseil des Indes en lit défendre la recherche et fit jeter à l'eau le minerai déjà recueilli ; il finit par en permettre l'extraction, mais ce métal lourd et infusihle fut toujours peu. recherché (2).

Aux Indes, les mélaux précieux avaient fait dédaigner les métaux usuels. Le Mexique avait des mines de fer, mais ne les travaillait qu'en temps de guerre, quand les fers et aciers d'Europe ne lui arrivaient plus (3). La métallurgie du fer était si mal connue que le fer mexicain se vendait 240 francs le quintal, quand le fer d'Europe en valait 20; l'acier mexicain valait 1.300 francs et l'acier d'Europe 80 (4).

Le Mexique avait des gisements de zinc, d'antimoine et d'arsenic (5). L'intendance de Guadalajara produisait 9.200 arrobes de cuivre et 400 arrobes d'étain (6). On trouvait au Pérou le cobalt, l'antimoine et le manganèse (7). Le Chili exploitait le cuivre de Guasco, qui valait sur place 6 à 7 piastres le quintal, 20 piastres à Cadiz en temps de paix, et jusqu'à 40 piastres en temps de guerre (8).

. L'Espagne, au contraire, possédait d'importantes mines de cuivre, de plomb et de fer.

Le cuivre se rencontrait dans presque toutes les provinces. La mine la plus riche était la mine royale de Rio ïinto,

(1) Cang. Arg., Die, de Aac, v* Minas deoro y plala.

(2) Le platine valait 5 piastres le marc ; l'argent 8 piastres et demie, l'or 136 piastres. Humboldt, op, cit., HT, p. 157.

(3) Hamboldt, Essai sur la Nouvelle-Espagne, t. lU, p. 309. (4)ld. ibid., t.III, p. UU

(5)Id.ibid., t. 111, p. 311.

(6) Id. ibid., t. lU, p. 308,

(7) Id. ibid., t. III, p. 347.

(8) Id. ibid., t. IV, p. 48.

88 l'espâgnb de l'ancien régime

qui de 1783 à 1810 donna 287.649 arrobes de cuivre raffiné, d'une valeur de 50.338,575 féaux (1). L'exportation du cuivre et du laiton en Amérique montait en 1792 à 188.938 livres (2).

La mine de plomb argentifère de Linares était aussi propriété royale. Elle rendait jusqu'à 245.000 quintaux de métal et 65.000 quintaux de sulfure d*antimoine [alcohol) (3).

L'étain se trouvait principalement en Galice (4). Il y avait des mines de blende et de calamine dans les Âsturies, dans la Manche et en Aragon (5); mais on ne savait pas en retirer le métal. Ganga Arguelles, qui connaît le titane et le wolfram, ne nomme pas le zinc parmi les métaux.

Le fer abondait en Aragon et dans les Vascongades. La mine de Somorrostro, près de Bilbao, était si riche qu'on la laissa longtemps ouverte à tout venant (6). Cependant Texporlation n'était pas des plus actives. De 1740 à 1750, la ria ne reçut que 1279 navires venus pour charger le minerai (7). De Laborde porte l'extraction annuelle du minerai à 800.000 quintaux (8) ; mais Canga Arguelles n'évalue pas à plus de 67.307 quintaux de métal le produit total des fonderies nationales (9) ; l'industrie du fer était donc peu active et peu avancée.

Le cobalt figure pour 1530 quintaux de minerai daiïs les exportations de 1792 (10).

2o Industries métallurgiques.

Les mélaux précieux étaient d'abord fondus en lingots, puis monnayés ou transformés en vaisselle et en bijoux.

La monnaie d'argent était frappée aux Indes dans les hôtels des monnaies de Mexico, Durango, Zacatecas, Guana-

(1) Gang. Arg., Die, de Aac.,vo Minas que en Espaiia se benefician de cuenia de lanacion.

(2) Id. ibid., V Cabres,

(3) Id. ibid., v» Minas que en Espafia.

(4) Id, ibid., v« Eslaflo. — En 1792, TEspagneen exporta 12.000 livres aux Indes.

(5) Id. ibid., T» Minas de piedras.

(6) De Laborde, Itinéraire descriptif, t. I, p. 263.

(7) Archiva de Vizcaya. Autas y pleytas, Reg. xxiv, n<* 200.

(8) De Laborde, /oc. cit,

(9) Gang. Arg., Die, de hae,, y AçricuUura.

(1 ) Id. ibid., 7« Cobalt,

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juato, Guadalajara, Sombrerete, Chihuahua et Gatorce au Mexique (1), Bogota et Popayan dans la Nouvelle-Grenade (2), Lima et Potosiau Pérou (3), Santiago au Chili (4).

La Monnaie de Mexico employait à elle seule 400 ouvriers et 60 mulets ; ses 20 balanciers pouvaient, en dix heures de travail, frapper 300.000 piastres. Le rendement annuel montait à 20.266. 72S piastres et aurait pu être porté jusqu'à 30 millions (5).

Presque toutes les monnaies d'or se frappaient en Espagne, à Madrid et à Séville. La monnaie de Ségovie était réservée à la frappe du cuivre (6).

L'industrie du fer était à peu près cantonnée dans le nord de la péninsule. La Catalogne comptait 1752 ouvriers forgerons, la Navarre 860 (7). Le Guipuzcoa possédait 80 grandes forges et 33 martinets, qui employaient environ 3.500 ouvriers (8). La Biscaye avait 178 forges et 12 martinets, l'Alava 18(9). La Galice comptait 708 ateliers de quincaillerie et 9 1 9 ouvriers (10), la province de Valladolid 12 taillanderies et 122 forges (11). Ces petites usines fabriquaient du lil de fer et de la tôle (12), des clous, des fers à cheval, des instruments aratoires, de la batterie de cuisine en fonte (13) ; Valence (14) et Tolède (15) fabriquaient des aiguilles. L'Espagne ne possédait qu'une seule fabrique de fer- blanc, établie en 1803 dans les Asturies (16).

(!) Hoznboldt, Essai sur la Nouvelle-Espagne, t. III, p. 307.

(2) Id. ibid., t. III, p. 384.

(3) Art de vérifier les dates. — Supplément ^ t. X, p. 123.

(4) Humboldt, op.cit., t. III, p. 359.

(5) Id. ibid., t. III, p. 304, et t. IV, p. 23-25.

(6) Gang. Arg., Die, de hac.^ yo Moneda espanola.

(7) Id. ibid., v© Fabricas de Espana,

(8) Larramendi, Corografia, p. 168.

(9) Yturriza, Hist, gênerai de Vizcaya, p. 133. — De Laborde compte seulement 171 forges, t. I, p. 260.

(10) Gang. Arg., Dic.de hac, v« Fabricas de Espana.

(11) Lamiga, Memorias, t. XXVI, p. 121 et 144.

(12) Bengoa, El libro de Alava, p. 245.

[iZ) Du Rozoir, Description de V Espagne, p. 111.

(14) Gampomanes, Apendice, t. 11, p. 122.

(15) De Laborde, Itinéraire descriptif , t. III, p. 283.

(16) Gang. Arg., Die. de hac, v* Latas»

En dehors des établissements royaux de la marine et > de la guerre, il y avait quelques grandes usines métallur-

giques appartenant à des particuliers : fabriques d'ancres du Guipuzcoa (1), aciéries de Yergara(2), fabriques d'armes blanches et d'armes à feu de Mondragon, Âlegria, Placencia^ Barcelone et Tolède. Les meilleurs fusils venaient de Biscaye; ceux de Catalogne, fabriqués avec des fers de mules, étaient moins estimés (3). L'adoption du costume français avait porté un coup terrible à la fabrication des épées de Tolède, mais le cardinal Lorenzana rouvrit les ateliers, et les lames tolédanes recouvrèrent bientôt toute leur réputation (4). Durango et Placencia fournissaient une coutellerie renommée (5); Albacete comptait en 1773 dix-huit fabriques de couteaux (6), et en avait vingt-huit à la fin du siècle (7). Gadiz avait une fabrique d*instruments de chirurgie (8).

Le cuivre était peu travaillé en Espagne. La majeure partie du cuivre d'Espagne et des Indes passait aux fonderies royales de canons; à la fin du xviu® siècle, on établit aussi des fabriques de plaques de doublage pour les vaisseaux. Aviles avait une grande usine de chaudronnerie créée en 1753 (9), Valence une fabrique d'épingles (10). L'Espagne entière ne comptait en 1799 que 148 ateliers pour le travail .du cuivre et n'employait que 297.848 arrobes de métal (11).

3o Industries chimiques.

Naturellement peu développées, puisque la chimie ne faisait que de naître, ces industries présentaient déjà quelques branches intéressantes (12).

(1) Lappamendi, Corografia, p. 160.

(2) Du Rozoir, Description de l'Espagne, p. 112.

(3) Swinburne, Voyage en Espagne, p. 93.

(4) De Labopde, Itinéraire, t. Ifl, p. 384.

(5) Du Rozoir, op. cit., p. 113.

(6) Twiss, Voyage en Espagne^ p. 223.

(7) De Labopde, op. cit., t. II, p. 165.

(8) Feppepdel Rio, Hist. de Carlos III<», t. III, p. 231.

(9) Apamburu y Zuloaga, Astuiias, p. 285.

(10) Campomanes, Apendice, t. II, p. 122.

(il) Gang. Arg., Die. de hac, v» J.aton.

(12) C'étaient aiops la France et suptout TAngleteppe qui dé tenaient poup ainsi

dire le monopole des industries chimiques. Les rares essais des Espagnols sont des imitations.

l'industrie 9f

La Casa del apariado, réunie au domaine en 1779, séparait l'or de l'argent à la Monnaie de Mexico (1).

Le raffinage du salpêtre se faisait à Madrid dans une grande usine, dont Townsend dit que la plus visible utilité était d'occuper le bas peuple de Madrid (2).

Outre la préparation de la barrille en Murcîe, on fabriquait de la potasse à Valence (3), du sel de Saturne et de Teau-forle à Manresa (4) et en Castille-Nouvelle (5). D. Ventura de Âvila obtint en 1788 un privilège royal pour l'établissement d'une fabrique d'huile de vitriol (6).

La teinturerie employait la cochenille d^Amérique, les bois du Brésil et de Campêche, la gaude, le sumac, l'étain fin, le sel gemme, le sel ammoniaque, le sel de tartre, les lies de vin, l'alun, la couperose verte (7). Beaucoup de ces substances venaient du dehors ; Larruga se plaint de la mauvaise qualité de l'alun et de la couperose d'Espagne (8), et de la routine des teinturiers. Ceux de la province de Guadalajara savaient tout au plus teindre en deux ou trois couleurs, et les drapiers qui voulaient teindre leurs draps en vert ou en bleu devaient envoyer leurs laines à 10 ou 20 lieues, ou les faire passer aux chaudières du roi (9).

Le savon se fabriquait en 1799 dans 626 usines, donnant 527.767 arrobes de savon. Les provinces d'Aragon, de Valence et de Séville tenaient la tête de l'industrie savonnière (10). Presque tout le savon fabriqué était du savon raou [blando) (1i); quelques usines fabriquaient du savon dur (Jabon de piedra), Léon donnait même du savon en

il) YinmhoXAïy Essai sui' la Nouvelle-Espagne^ t. IV, p. 27. {% Townsend, Voyage en Espagne, Ip. 201. — Le roi perdait 33 % dons cette eolTËprise.

[Z] De Laborde, Itinéraire, t. IV, p. 340.

{*) Id. ibid., t. IV, p. 332.

(5) Larruga, Memorias, t. XXVÏ, p. 110.

{B} Gallardo, Renias de la Corona, t. II, p. 399.

^7; Larruga, loc, ciL

(8) Larruga, Memorias, t. XU, p. 183.

(9)Id. ibid.,t. XVI, p. 226.

(10) Can.!?. Apg..I>ic. de hac, v» Jabon,

(11) Pe Laborde, Itinéraire , t. I, p. 475,

92 l'espagnb de l'ancien régime

barres plus dur que celui de France (1). La fabrication nationale ne suffisait pas à la consommation.

4« Industries alimentaires.

La simplicité de la vie d'autrefois, et surtout de la vie espagnole, ne comportait pas Timmense développement que nous avons vu prendre de nos jours aux industries alimentaires. Pas de ces grandes usines de salaisons et de conserves, pas de ces grandes fabriques de pâtisseries ou de confitures, pas de ces mille produits appétissants qui varient à Tinfini nos menus et nos desserts.

L'industrie du chocolat, si populaire en Espagne (2)^ était encore dans Tenfance ; le chocolatero allait de maison en maison broyer le cacao (3).

Seules quelques industries, telles que la pèche, la distillerie des alcools, le raffinage des sucres, la fabrication des fromages, avaient atteint un notable développement.

La pèche était en complète décadence. Les Basques se vantaient d'avoir découvert Terre-Neuve, et avaient longtemps péché la morue sur les bancs. Le traité d'Utrecht leur en reconnaissait encore formellement le droit (4) ; mais en 1721 et en 1747 les Anglais repoussèrent les navires espagnols qui s'étaient aventurés à venir pêcher (5). Au fort de la guerre de Sept Ans, Ferdinand VI réclama en vain le rélablissement du privilège espagnol (6), que le traité de Paris supprima définitivement. L'Espagne paya de ce chef à l'Angleterre un tribut de 48.750 000 réaux pour Tachât de la morue nécessaire à sa consommation, tant en Europe qu'aux Indes (7).

(1) De Laborde, Itinéraire, t. II, p. 276.

(2) Ofa I divino chocolaté, Que arrodillados te muelen, Juntas las manos te baten, Mirando al cielo te beben.

Cruilles, Los gremios de Valencia. Chocolateros,

(3) Townsend, Voyage en Espagne, t. I, p. 156.

(4) Art. 15, in fine

(5) Gang. Arg., Die de hoc., v* Bacallao, — Guip, inslruido, y^ Terra-Nova,

(6) Goxe, L'Espagne sous les Bourbons^ t. IV, p. 335. — Lettre de Pitt au comte de Bristol, 15 août 1158.

(7) Dessalles, Histoire générale des Antilles, t. V, p. 290. —Calcul des négociants anglais (1762).

L^INDUSTRÎE 93

Le gouvernement essaya de maintenir au moins la pêche à la baleine, qui se faisait encore dans le golfe de Gascogne au xviii*' siècle (t). La puissante compagnie de Caracas créa à Saint-Sébastien une compagnie pour la pèche à la baleine (2) ; mais elle ne •paraît pas avoir fait de brillantes affaires (3), faute d'être allée chercher les baleines le long des côtes de Buenos-Âyres et de Patagonie, où elle aurait trouvé des profits considérables (4).

La pêche côtière occupait en Espagne 16.218 pêcheurs (5). On péchait sur les côtes de l'Océan le saumon, l'alose, la raie et le besugOy ou porc de mer, gros poisson, presque sans arêtes et pesant jusqu*à 200 livres (6). La sardine était si abondante qu'une compagnie sardinière se fonda en 1764 à Guetaria (7) ; les statistiques galiciennes assurent qu'il fut pris en 1804 jusqu'à 780.000 milliers de sardines (8), Dans la Méditerranée, le roi avait obtenu du Maroc le droit de pêche sur les côles d'Afrique (9). La lagune d'Albuféra approvisionnait de poisson le marché de Valence (10) ; les anchois abondaient sur la côte de Catalogne (11), mais les produits do la pêche suffisaient à peine à la consommation nationale, et l'exportation du poisson ne dépassait pas 87.368 arrobes (12).

Sur le continent, quelques menues industries cherchaient à se développer. Il y avait des fromageries à Penafiel cl à Giiadarrama(13),une fabrique de biscuits à Monforle(l4), une

(I) Larramcndi, Corografia, p. 38»

(2j Guip, instr.,yo Compania de ballenas, — tnd, Guipuz»^ sec» If, neg. 12, leg. 17 (1732).

(3) Cavanilies, Obseivaciones sobre el arl^ Espana^ pi 98»

(4) C. fl. de Florida Blanca, § 1.

(5) Gang. Arg., Die, de hac.y v» Pescadoresk

(6) De Laborde, Itinéraire, l. II, p. 226.

(7) Guip, instruidOf v» Compania Sardinera.

(8) Gang. Arg., Die, de hae., v© Sardina {peseade la),

(9) Ind. guipuzcoano, sec. I, neg. 1, leg. B2. — 1766.

(10) Gang. Arg., Die, de hae., vo Albufera.

(II) Id. ibid., vo Pescadores,

(12) Id. ibid., v» Pescados.

(13) Du Rozoir, Deseription de V Espagne, p. 253 et 316»

(14) Id. ibid., p. 14S.

94 L^ESPAGNË DE t/aNGIBN RÉGIME

|. fabrique de pâtes dltalie à Zamora (i), une grande boulan-

gerie à Alcala de Guadayra, où Ton pétrissait chaque jour 1.000 fanègues de farine (2). Gorella avait une fabrique de jus de réglisse (3), Liria et Malaga séchaient des raisins (t). Le sucre 'était raffiné à Santandef (5). L'Andalousie avait douze moulins à sucre. La seule ville de Motril en avait quatre, ayant coûté chacun 480.000 réaux; on y travaillait les cannes récoltées daus le pays ; le sucre obtenu était aussi bon et aussi beau que celui des Indes (6). Santander possédait quatre brasseries, dont une fabriquait à elle seule 200.000 bouteilles de bière pour l'exportation en Amérique (7).

Toutes ces industries pâlissaient devant l'industrie nationale de la distillation des eaux-de-vie. La Catalogne seule fournissait^ année moyenne, 40.000 pipes d'eau-de-vie (8), Valence donnait 5 à 600.000 cantaros de 10 pintes 1/2(9), Murcie, TAragon, la Navarre, la Galice même, avaient leurs distilleries: le produit total montait en 1799 à 2.131.796 arrobes, valant 17.934.418 réaux (40). On commençait à

r fabriquer des liqueurs, de l'eau-de-vic anisée, des rossolis^

l et à employer Talcool en parfumerie. Les moralistes et les

savants se préoccupaient déjà de Talcoolisme, et un distillateur de Barceloneta s'efforçait de leur prouver que les liqueurs spiritueuses ne peuvent nuire à la santé et peuvent même lui être fort utiles (11).

5* Industries du vêlement.

Avec ses innombrables troupeaux de moulons, l'Espagne avait été pendant longtemps un des centres de la draperie,

fV' mais elle s'était laissée distancer par les nations voisines, et

quoique ses drapiers achetassent les laines nationales à

(1) Fernandez Duro, Mem, hist, de Zamora^ t. 111, p. 178.

(2) De Laborde, Itinéraire, t. Il, p. 62.

(3, Id. ibid., t. I, p. 300.

(4) Du Rozoir, op. cit., p. 166 et 184.

(5) De Laborde, Itinéraire, 1. 1, p. 261.

(6; De Laborde, Itinéraire, t. 11, p. 134.

(7) Id. ibid., II. p. 316.

(8) Encyclopédie méthodique. Commerce, II, v« Espagne,

(9) De Laborde, op, cil, t. IV, p. 331.

(10) Gang. Arg., Die, de hac^Y^^ Aguardiente,

(11) Diario de Barcelona, M et 19 mai 1793, 24 fév. 1798, 30 juin 1798.

l'industrie 95

bien meilleur compte que les étrangers, ils ne réussissaient pas à tisser d'aussi bon drap et le vendaient plus cher (1).

Presque toutes les provinces d'Espagne avaient leurs fabriques de draps ou de lainages. Laborde cite quinze villes de fabriques en Andalousie (2), Alcoy avait des fabriques de draps et de couvertures (3), la Manche fabriquait des draps, des étamines, des serges et des molletons (4). Valence venait en troisième ligne pour la draperie en 1791 (5), et en première ligne en 1799 (6). Majorque tissait de gros draps fort solides, des étoffes de laine rayées, des couvertures, des ceintures de laine (7). Barcelone comptait dès 1779 neuf fabriques de draps de toute qualité^ employant 3,000 ouvriers (8). L' Aragon avait douze centres de fabrication et employait environ 10.000 quintaux de laine (9). La Navarre fabriquait des draps à Tudela et de gros lainages à Estella (10). La fabrique de lainages d'Escaray en Biscaye appartenait aux cinq corporations majeures de Madrid (11)* Lugo et Pontevedra en Galice (12), Zamora(13),Penarandaet Bejar près d'Avila (14), Burgos et San to -Domingo de la Calzada (15) avaient de nombreux métiers à laine. La province de Valladolidne comptait pas moins de treize centres de fabrication (16), avec 507 ateliers produisant chaque année

(1) Jovellanos, Informe ^ § 276.

(2] De Laborde, Itinéraire, t. II, p. 111.

(3) Gang. Arg., Vie, de hac, V Alcoy.

(IDeLaborde, op. ci/*, t. III, p. 364.

{B) Grailles» Los gremios de Valencia, p» 29.

(6) Gang. Arg , Die, de hac., v» Panos,

(7) De Laborde, Itinéraire, t. III, p. 463 .

(6) Pi y Arimon, Barcelona anligua ymod'vna, t. II, p. 96.

(9) De Laborde, op.cif.,[. IIÏ, p. 476. - Gf. D. JoséGenzor Lope:«de Pereaj Ordinaciones que ha n de guardar los maestros y artifices de toJas suer tes de panos... que se trabajan en ta villa de Gelsa (1728).

(10) De Laborde, ojo. cit., t. I, p. 299.

Ul)Id. ibid., t. I,p. 261.

(12) Du Rozoir, Description de VEspagne, p. 140 et 143.

(13) Pemandez Duro, Mem. hist. de Zamora, t. III, p. 176.

(14) Sprangzi, Souvenirs^ p. 75 et 139.

(13) De Laborde, Itinéraire, 1. 1, p. 300 et 384. (16) Larniga, Memorias, t. XXVI, p. v.

1.559.627 varas de. tissus de toutes sortes (1). Ségovie, San Fernando, Siguenza et Guadalajara fabriquaient les plus ij * beaux draps du royaume. Ségovie employait chaque année

7 à 8.000 quintaux de laine (2). Guadalajara avait près d'un millier de métiers à tisser et produisait chaque année pour 13 à 14 millions de réaux d'étoffes de laines (3). Le plus beau drap, fabriqué à Guadalajara avec la laine de vigogne venue du Pérou, se vendait jusqu^à 360 réaux la vara (4).

Les draps fins de Ségovie et de Guadalajara étaient aussi beaux que ceux de France, mais n'avaient pas le même ^: lustre. On les tenait en grande estime en Espagne. Il s'en

^ vendait jusqu'à 10.000 pièces par mois à Madrid en 1796 (5).

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