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III. — Les poids et mesures

La diversité extrême dès poids et mesures usités en Espagne ne gênait pas moins le commerce que la complication des monnaies.

Les avantages d'un système uniforme avaient été compris depuis fort longtemps par les rois. Dès 1261 Alphonse X déclarait que « son royaume étant un » il ne devait y avoir dans toute la Gastillc qu'un seul système de poids, basé sur Varrelde de Burgos. A la même époque Jacques I^r, roi d'Aragon, voulait qu'il n'y eût en Valence qu'une seule i?âra, un seul cnartel^ un seul almtid, une seule fanègue. Mais ces décisions royales restèrent sans effet. En 1347, les cortès de Castille adoptèrent le marc de Tolède comme unité de poids, mais Burgos avait aussi son marc; on connaissait encore le marc romain, ou marc de Cologne, ou marc de Troyes. Pour contenter tout le monde, Jean II ordonna en 1435 que le marc de Tolède servirait à peser l'or, et le marc de Burgos à peser l'argent. Le désordre continua. Ferdinand et Isabelle nommèrent leurargéntier marcador mayor de Castilla, Pedro Vigil se fit remettre les étalons originaux du marc de Tolède et du marc de Burgos, en prit la moyenne et établit un marc nouveau, le marc de Castille, dont l'original fut déposée Avila et se trouvait en 1731 aux archives du Conseil de Castille (1).

Ferdinand le Catholique, conquérant de la Navarre, décréta en 1514 Tunité des poids et mesures dans le royaume conquis et prit comme base du système le codo navarrais, qu'il 'fit égal à la vara d'Aragon (2).

En 1732, la Junte de commerce tenta un nouveau pas vers l'unité'; elle envoya en Catalogne, en Aragon, à Valence et à Majorque des exemplaires du marc de Castille, subdivisé en 8 onces, 64 ochavas^ 384 lomines et 4.508 grains' (3).

En dépit des pétitions des cortès, des pragmatiques royales

(1) Cahg. Arg. Dic.àe kac.;^^ Vhos y medidas.

(2) Ramirez Arcas, lUnerario descriplivo de Navarra, p. 6J.

(3) Gang. Arg» Die. de hac, \o Pesos y medidas.

et des efforts de la Junte de commerce^ chaque canton garda ses mesures particulières (1). La vara navarraise était d'un seizième plus courte que la castillane. La car^a était ici de trois fanëgues, là de quatre. On comptait le grain par fanègues en Castille et par robos en Navarre. Le robo valait une demifanègue et une fraction, mais la fanègue elle-même variait suivant les localités, dans la proportion de 9 à 11. Le cantaro de Navarre était plus petit d'un cinquième que la cantara castillane (2) .

Après avoir pensé un moment à adopter le système métrique, le gouvernement espagnol décréta en 1801 TuniGcation des poids et mesures par toute TEspagne, d'après le système castillan. On adopta comme étalons la vara des archives deBurgos,ladetni-fanègue des archives d'Avila, les mesures de liquides des archives de Tolède et le marc conservé aux archives du Conseil de Castille (3).

Les mesures de longueur furent : le pied^ divisé en 12 pouces de 12 lignes, ou en 16 doigts ; chaque doigt divisé en moitié; quart, huitième et seizième, la vàra divisée par tiers, sixième et douzième, ou par moitié, quart, huitième et seizième — la lieue {légua) de 20.000 pieds.

Les mesures agraires furent : Vestadalà^ 4 varas de côté, Yaranzada de 20 estadales de côlé, la fanega de 24 esladales de côté, divisée en 12 celemineSj subdivisés h leur tour en 4 quartos ou qvartillos.

Pour mesurer les grains, le sel et les marchandises sèches, on adopta la fanega divisée par moitié et par quart, ou encore en 12 celemines ; chaque celemin divisé par moitié, par quart, huitième et seizième. Douze fanègues formèrent un cahiz.

La mesure des liquides, autres que l'huile, fut Varroba ou cantara divisée par moitié, quarts huitième {azumbre)^ seizième, trente-deuxième (quartillo), soixante-quatrième

(1) En 1154 la ville d'OHate avait encore des poids et mesures différents de ceux qui étaient en usage dans le reste du Guipuzcoa. — Ind. Gmp., sec. II, neg. 22, leg. 87»

(2^ Diccionano de la lengua easlellana.

(3) Cang. Arg. Die, de hac, yo Pesos y medidas.

LE GOMMBRCC 12X

(medio guartillo) et cent vingt-huitième {copa). Seize arrobes formaient un moyo.

L'huile dut se vendre au poids par arrobes, moitié, quart et huitième d'arrobe, livre, quarteron (/?am7/a) et demi-quarleron.

L'unité de poids fut la livre de 16 onces; chaque once, subdivisée en quatre quartas^ chaque quarta en 8 drachmes, chaque drachme en 16 adarmes, chaque adarme en 3 tomines et chaque tomin en 12 grains. La livre médicinale, en usage chez les pharmaciens, ne comprenait que 12 onces. Uarroba de peso comprenait 25 livres castillanes et le quintal ^ arrobes (1).

Malgré son extrême complication, ce système eût présenté de grands avantages, s'il eût été réellement adopté par toute l'Espagne, mais il n'en fut rien.

La vara castillane ne fut acceptée en Navarre qu'en 1806 ; mais les cor tes de Navarre de 1817 et 1818 déclarèrent que l'introduction de cette mesure étrangère constituait un con/rafiierOj et la vara navarraise fut remise en vigueur (2).

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