‹ L'Espagne de l'ancien régimeChapitre 25 sur 90 · IV. — L'enseignement extra-universitaire · texte numérisé non relu

IV. — L'enseignement extra-universitaire

Les hommes d'Etat espagnols n'attendaient rien de bon des Universités et ne tentèrent de les réformer que par acquit de conscience. Désespérant de s'emparer jamais de ces vieilles bastilles, ils imaginèrent d'organiser à côté d'elles des instituts d'une structure plus moderne, qui devaient peu à peu attirer à eux toute la vie scientifique du pays.

On commença par créer de grands corps privilégiés, destinés à former une base d'opérations solide dans la guerre

(1) Arch.hist. Id. ibid, — Leg. 251.

(2) Arch. hist. nac. hc. cit, Leg. 256, 12 juillet 1801.

206 L*ESPAGKE DE i/aNGIEM RÉGIME

que l'on se proposait d'entreprendre et que l'on devinait longue et difficile.

L'Académie espagnole, fondée en 1713, reçut la garde de la langue.

L'Académie de Tbistoire (1738) se donna pour mission de purger rhistoire nationale des fables qui la déparaient et de l'éclairer à l'aide de documents offrant une réelle autbenticité (1).

L'Académie royale des nobles arts, de San-Fernando, fut constituée par décret royal du 12 avril 1752 et reçut ses statuts définitifs le 30 mai 1757.

Autour do ces trois grandes Académies royales se groupèrent d'autres sociétés (2) qui se consacrèrent à l'élude de la médecine, du droit et de la théologie. L'Académie de médecine, créée le 13 septembre 1734, à l'instigation de D. José Cervi, premier médecin du roi, mérite une mention particulière ; on lui doit en partie les progrès de la science médicale et elle eut plus à lutter que toutes les autres contre les préjugés théologiques (3).

(1) ÂrUcle !«' du Règlement.

(2) Académie de droit espagnol ; Royale Académie de droit du titre de Charles IH, à Saint-Philippe le Royal ; Royale Académie de jurisprudence pratique du titre de la Purissime Conception, à Saint Isidore le Royal ; Royale Académie de Jurisprudence théorique et pratique et de droit royal pragmatique, du titre du Saint-Esprit, à Saint-Isidore le Royal ; Royale Académie de sacrés canons, histoire, liturgie et discipline ecclésiastique du titre de Saint- Isidore, aux Reales-Estudios ; Royale Académie de droit civil, canonique et national du titre de la Très Pure Conception, en la royale chapelle et oratoire de Saint-Philippe de Néri ; Royale Académie laUne de Madrid ; Royale Académie de droit national du titre de Notre-Dame du Carmel, à roratoire de Saint-Philippe de Néri ; Royale Académie de théologie scolastique dogmatique de Saint-Thomas, au couvent de Saint-Thomas (Foras teros 1804).

(3) Le Prince de la Paix cite dans ses Mémoires cette curieuse diatribe d'un théologien du temps de Ferdinand Vil contre la médecine : « Consul* tons avant tout le salut de l'&me ; c'est bien autrement essentiel que celui du corps. Gendre et poussière, voilà ce que nous sommes et ce que nous allons redevenir Puisque cela doit nous arriver, qu'importe un peu plus tôt ou un peu plus tard ? Nos jours sont comptés I Aucun médecin, Hippocrate luimême, ne saurait ajouter un instant à ceux qui nous sont destinés de toute éternité. Le salut des âmes, le salut de TEtat veulent qu'il soit mis un frein à l'impiété qui se propage sous le manteau do la médecine. Matérialiste ou médecin moderne, c'est tout un. » Mémoires^ t. II, p. 301. ^

Page 1