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V. — Sciences physiques

Le développement si rapide des sciences physiques et chimiques en Europe excita l'émulation des savants espagnols, et quelques-uns obtinrent dans ces sciences des résultats d'autant plus remarquables que les moyens d'étude leur faisaient, au début, à peu près complètement défaut.

En physique, le P. Feijoo attribua aux tremblements de terre une origine électrique (1755). L'Anglais Stuckel (1750) et l'Italien Beccaria (1753) avaient déjà émis cette idée, mais Feijoo ne connaissait pas leurs ouvrages (4). D. Ignacio Ruiz de Luzuriaga prouva Tidentité des fluides magnétique et

(1) L'abbé Jean Chappe d'Auteroche fut envoyé en Californie en n«9 avec deux astronomes espagnols, D. Vicente Doz et D. Salvador de Médina. Le 3 juin, il observa le passage du disque de Vénus sur le soleil, et ses observations coïncidèrent avec celles de Velazquez qui lui annonça une éclipse de lune pour le 18 juin. Chappe voulut vérifler les dires du savant mexicain, mais sa santé, déjà ébranlée, ne put résister à tant de fatigues et il mourut à San José le i«' août. — Grande Encyclopédiej v« Chappe,

(2) Humboldt, Essai sur la Nouvelle-Espagne, t. I, p. 429.

(3) C'est sur cet exemplaire que Lassorrc a fait sa réimpression du Sema* nario (Paris, 1849, gr. in-8.) — Grande Encf/clopédie, v» Caldas.

(4) Menéndez y Pelayo, La Ciejicia espahola, t. 111. Ciencijs fisicas.

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élecirîque et expliqua les phénomènes magnétiques par la constitution même du globe (1). D. Agustin de Betancourt y Molina appliqua J'électricité à la transmission des signaux (2), et mit en communication Aranjuez et Madrid. D. Francisco Salva y Campillo étudia à son tour ce délicat problème (3), et s'il est faux de le regarder comme Tinventeur du télégraphe électrique, il n'est que juste de reconnaître que ses travaux contribuèrent à préparer cette grande découverte.

Les progrès de la chimie appelèrent l'attention du gouvernement espagnol, qui demanda un professeur àla France; mais D. Luis Proust ne paraît avoir eu ni l'activité organisatrice, ni le goût de l'enseignement. 11 resta près de vingt ans en Espagne sans réussir à fonder un vrai laboratoire, ni à former un seul disciple (4). L'Ecole des mines de Mexico eut avant Madrid une traduction des Elémeiits de chimie de Lavoisier (5).

D. Antonio de UUoa fit connaître l'existence du platine. En 4753, D. Guillermo Bowles démontra, contrairement à l'opinion de Buffon, que le platine était bien un métal particulier (6). L'étude du nouveau corps fut continuée par D. Valentin Foronda (7) et par D. Luis Proust (8). D. Fausto et D.Juan José de El huyar découvrirent le /w/iys^én^ (9).Herrgen, professeur de minéralogie à Madrid, découvrit en 180Î le

(1) Ferrer del Rio, HisL de Carlos IW, t. IV, p. 493.

(2) Comme Tavait déjà fait, dès 1774, le genevois Lesage.

(3) Memoria sobre la eleelricidad aplicada a la lelegrafia (1795).

— Memoria sobre el galvanismo (1800).

— Memoria sobre el galvanismo aplicado a la lelegrafia (1804), publiés dans les MemoHas de la Real academia de ciencias nalurales y artes de Barcelonay

(4) José R. Carracido, Estudios hislôricos crilicos de la ciencia espafiola. Madrid, 1897, in-8'>, p. 153. — Louis Proust publia en 1791 le premier yolume des Anales del R. laboratorio de quimica de Segovia, et en 1795 quelques livraisons du t. II, qui resta inachevé. — Id. ibid, p. 158.

(5) Ferrer del Rio, loc. cil,

(6) Coxe, L'Espagne sous lés Bourbons, t. IV» p. 360.

(7) Venlajasde la purificacion de laplatina (1787).

(8) Experimenios heckos en laplalina, 1799.

(9) Analisis quimico del Wolfram y examen de un nuevo mêlai que entra en su eomposieion^ 1783.

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chromale de fer et le fluate d'alumine (1). D. Francisco Carbonell appliqua la chimie à la préparation des drogues pharmaceutiques (â).

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