VII. — Le Théâtre
L'influence française ne se fit sentir sur aucun genre littéraire aussi puissante que sur le théâtre. Tous les gens cultivés convenaient alors que la France seule avait retrouvé la tradition antique et les véritables règles delà beauté dramatique.
La scène espagnole était bien tombée depuis les temps glorieux de Philippe IV, où 40 troupes de comédiens parcouraient la Péninsule et jouaient jusque dans les moindres villages. La reine Marie-Ânne d'Autriche avait interdit les représentations théâtrales (166S), et quand Charles II avait voulu les reprendre, quinze ans plus tard, on n'avait pu rassembler que trois compagnies pour les spectacles de la cour (3). Philippe V avait appliqué aux nécessités de la guerre les sommes destinées à la représentation des Autos sacramentales pendant la semaine du Corpus (4). Il y eut un moment où il n'y eut plus de théâtre espagnol que dans trois villes d'Espagne (5).
(M Y aqui dalt en un tosia
Tens una casa parada, Una casa ab très pilaus, Sensé sostre ni taulada, Que de dia hi toca 1' sol, Y de nit la Uuna clara Vioga de alla hou yinga 1' vent Sempre t' tocarà la cara.
(2) Balaguer, HisloHa de Çata^una, t. V, p. 41ô. — Cf. Mila y Fontanals, Romancerillo,
(3) Rev, des Deux- Mondes, II, 2, p. 282.
(4) Mesonero Romanos, El anliguo Madrid, t. I, p. 282.
(5) Ferrer del Rio, Hist. de Carlos IIIo, t. IV, p. 347.
30i ]/lf;SPAGN£ DB l'ancien RÉGIME
Les théologiens s'en mêlèrent. Le P. Gaspar Diaz, de la Compagnie de Jésus, prouva que les comédies constituaient un divertissement illicite (1740) (1). D. Tomâs de Erausoy Zabaleta dérendit, au contraire, la légitimité du théâtre, et se vit approuvé par le provincial des Trinitaires, le prieur des Récollcts, le définisseur des Basiliens et le prévôt de San Cayetano (2). L'acleur Manuel Guerrero répondit de son côté au jésuite en vrai canoniste et en solide théologien. Et cependant la thèse du P. Diaz fut reprise en 1751 par D. Ramon Cayoro y Fonseca.
Les comédies étaient suspendues en temps de pénitence. En 1752 et 1753^ une sécheresse générale ayant affligé le royaume, il n'y eut pas de comédies cette année-là (3). Certaines villes faisaient vœu de ne plus tolérer les spectacles (4).
Mais Ferdinand YI aimait trop Topera italien pour oser priver ses sujets d'aller au théâtre. Charles III, au contraire, détestait musiciens et comédiens. Il songea à condamner absolument le théâtre, et reculant devant ce parti barbare, il chercha du moins à substituer au théâtre anarchique de la vieille Espagne le théâtre discipliné et décent de la France de Louis XIV.
Le théâtre espagnol était directement issu des représentations religieuses du moyen âge. Il ne s'était astreint à aucune règle et ne gardait aucune unité, mélangeait toud les tons et tous les genres et ne cherchait qu'à peindre la vie, sans souci d'art ou de moralité ; mais ses partisans soutenaient qu'il renfermait plus d'invention, plus d'esprit et plus de poésie que tous les théâtres corrects et réglés (5).
On jouait des comedias de ruido^ pièces historiques à personnages royaux, comportant d'héroïques tirades et de tra-
(1) Consulta teologica acerca de lo ilicito de represenlar y ver comedias ^
(2) Ferrer del Rio, op. cit., t. IV, p. 3ô3.
(3) PeUicer, Tratado sobre el origen de la comedia, I, p. 280.
(4) Id. ibid.. I, p. 279.
(5) D. Vicente de la Huerta, Teatro hespahol^ 1» parte, Madrid, 1785.
giques catastrophes, des comedias de capa y espada^ scènes de la vie ordinaire, des comedias de figuron^ ou comédies de caractère, des comedias de tramoya^ ou comédies d'intrigue, des comedias de magia ou féeries, des autos sacramentales, ou pièces religieuses.
Ce vieux théâtre était resté singulièrement populaire. La moitié des pièces qui se jouaient en Espagne à la fia du xviii® siècle appartenaient encore au répertoire de Calderon ; Moreto, Solis, Hoz, Cérdoba, Lope, Tirso, Alarcdn, étaient aussi en faveur (1). Trois auteurs, aussi féconds que détestables, D. Antonio Valladares de Sotomayor, D. Gasparde Zavala y Zamora, et D. Luciano Francisco Gomella inondaient la scène de comédies, de zarzuelas et de sainetes, dont le style grotesque et Tinvraisemblable complication capti-* vaient encore le public populaire de Madrid et des villages voisins. « Tel paysan en veste grise qui, au fond du parterre, a allongeait le cou avec anxiété était un amateur de théâtre, cf qui dépensait tout son argent en voyages à Madrid, et qui « était venu de Mostoles sur le seul bruit qu'on devait don- <c ner une grande représentation (2). »
En 1762, D. Nicolas^de Moratin jeta le cri de guerre contre le théâtre national (3), et le 17 juin 1765 les autos sacramentaies furent interdits à Madrid et dans les grandes villes. Puis, sous l'influence d'Aranda, les réformateurs obtinrent une plus exacte police des théâtres, troublés à Madrid par les querelles des polacos (4) et des chorizos (5). Les deux troupes furent obligées d'alterner chaque semestre dans chaque théâtre, et de faire caisse commune. On renouvela les décors, D. Bemardo de Iriarte fut chargé de reviser le théâtre espagnol. Il examina 600 pièces et en trouva 70 à conserver. Il proposa de supprimer les saynètes indécentes et
(1) Colarelo, Marte, p. 333.
(2) Iriarte, Los lileraios en cuaresma, — Gotarelo, Iriarte, p. 108. . (3) El desengano del tealro espanoL
(4) Habitaés du théâtre de la Crus, qui devaient leur nom au trinitaire déchaussé, le P. Polaco, grand amateur de théâtre, et terrible voceador dans les représentations agitées.
(5 Tenants du théâtre du Principe, ainsi nommés parce qu'un comique de la troupe avait un jour mangé du saucisson sur la scène.
l'espacnb. — T. m 20
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de traduire des pièces françaises qui, peu à peu, réformeraient le goût national (1).
Des théâtres à la française furent organisés dans les résidences royales ; on y joudiV Orp/ielin de la Chine de Voltaire, et le Philosophe marié de Destouches (2).
En 1770, D. Luis de Azema y Reynaud, un Français qui savait à peine l'espagnol, fut nommé directeur des théâtres de Madrid et professeur de déclamation (3).
En 1784, D. José Resma traduisit du français VArt du théâtre^ où étaient exposé? les vrais principes de la déclamation théâtrale (4).
Mais le public restait indifférent à toutes ces tentatives : ce Aux Grecs et aux Romains vêtus à la française il préférait (( ses ma/as et ses petites-maitresses, ses manolos, ses nobles, « ses abbés, ses barbiers, ses paysans et ses soldats, qui (( étaient sa propre image. Il aimait encore à s'enflammer « au souvenir de sa splendeur et de sa gloire passée, évo- « quée en vers magnifiques par Lope, Calderon et Moa reto (5) ». Il sifflait ses meilleures actrices quand elles venaient lui jouer la tragédie (6). Il eût fallu des chefsd'œuvre pour triompher de l'hostilité du public;
D'audacieux patriotes essayèrent d'en créer, mais leurs efforts n'aboutirent qu'à de lamentables échecs (7). Parmi les nombreuses tragédies qui virent alors le jour, trois pièces seulement méritent d'être retenues. LdiNumance de'truiie de Ayala (177S)est purement écrite, abonde en hautes et nobles
(1) Cotarelo, Iriarle, p. 66.
(2) Id. ibid., p. 70.
(3)Id. ibid., p. 331, note 1.
(A) GaceladeMadnd, Idée, 1784.
(5) Cotareio, Iriarte, p. 83.
(6) Maria Ladvenant réussit à se faire écouter dans les tragédies de Necepsis et d'Hipsipiletprincessede Lemnos, mais, après sa mort, on n*osa plus les représenter. Id. ibid., p. 61.
(7) La Virginie (1730) et ÏAlaulf (1733) de Montiano y Luyando. — La Lucrèce (1763) de Nicolas de Moratin. — Le Pelage (1769) de Jovellanos — VHormesinda (1770) de Nicolas de Moratin. — Le Sancho Qarcia (1771) de Cadalso. — Le Guzmdn-el-bueno {illl) de Nicolas de Moratin. -^ VAlahualpa (1784) de Gortes. — Le Fitaço, VIdomeneo, la Comtesse de Castille et la Zoraïde de Cienfuegos (1764-1809). — Le Duc de Viseu (1801) et le Pelage (1805), de Quintana.
pensées, mais manque de vie et d'action (1). La Rachel de Huerta (1778) est tirée de Thistoire d'Alphonse VIII. C'est un beau drame populaire, qui a survécu à la critique et aux éloges, mais qui doit justement cette heureuse fortune à ce qu'il s^est inspiré des traditions héroïques deTancien théâtre ; c'est une comedia deriiido assagie, ou une tragédie à l'espagnole (2). Le Pelage de Quintana (1805), très applaudi à sa naissance, est d'une noble et vigoureuse inspiration (3).
La comédie régulière donna de meilleurs résultats que la tragédie. Après d'informes essais de Luzan (4) et de Nicolas de Moratin (5), Iriarte composa en 1770 sa comédie : Hacer que hacemosj d'une grande pureté de langue et d'une versification facile (6). L'année suivante, Jovellanos donna au théâtre son Honnête criminel, sorte de tragi-comédie à tendances philosophiques, où il s'élève contre l'interprétation pharisaïque des lois. Représentée à Gadiz en français et en espagnol, la pièce eut un légitime et durable succès et se joua même en France et en Allemagne (7). .
Pour célébrer la naissance de deux fils jumeaux du prince des Asturies, la ville de Madrid organisa en 1783 un concours dramatique, dont Meléndez avec sa comédie des Noces de GamacAcetTriguerosavec ses Artisans furent les lauréats ; mais ni Tune ni l'autre de ces pièces ne trouvèrent grâce devant le public. Les excentricités de Don Quichotte, les plaisanteries de Sancho et les jolis vers semés dans la pièce de Meléndez lui permirent de rester quelques jours sur Faffiche, mais les Artisans soulevèrent un effroyable tumulte (8).
Le Jeune homme mal élevé d'Iriarte, représenté avec grand
(1) Gotarelo, Iriarte^ p. 125.
(2) Cueto, Bosquejo^^. cxiu.
(3) Gotarelo, ïsidoro Maiquez, p. 209.
(4) La Raison conlrela mode (1751), traduction du Préjugé à la mode de la Chaussée.
(5) La Petite-Maîtresse (1762).
(6) Gotarelo, Iriarte, p. 78.
(7) Ticknor, HisL de la lit. esp., t. III, p. 363.
(8) Une romance populaire mit en scène un juge qui, au lieu de condamner un perturbateur & dix ans de galères, l'envoie à une représentation des Artisans. — Gotarelo, Iriarte, p. 293.
suecès le 9 septembre 1 788, est une fort jolie comédie bourgeoise, de nuance uu peu pâle, mais d'une très agréable distinction (1). Il voulut lui donner un pendant, et sa Jeune fille yâtée^ représentée seulement en 1791, mérita les éloges des critiques les plus difficiles, qui la trouvèrent irréprochable en toutes ses parties : prothèse, épithèse, catastase, péripétie, agnition et catastrophe (2). On doit encore à Iriarte une jolie comédie de société : El don de gentes, et un proverbe pour tin de fête : Le lièvre sort doù l'on y pense le moins.
A la fin du xviii' siècle^ la comédie régulière finit par conquérir droit de cité sur la scène espagnole, gréce au talent délicat de D. Leandro de Moratin.
Destiné par son père à la profession de bijoutier, D. Leandro avait obtenu à vingt-deux ans un accessit au concours de poésie ouvert en 1782 par l'Académie espagnole. Jovellanos le recommanda à Gabarrus, qui l'emmena à Versailles, et à Paris, où il apprit le français et connut Goldoni. Plus tard il visita la France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Suisse et rilalie, et rapporta de ses voyages une instruction peu commune chez les lettrés de son pays. Cinq comédies (3) composent tout son bagage dramatique, mais ces pièces comptent parmi les ouvrages les plus purs de la littérature espagnole. Moratin est un classique : toutes ses pièces obéissent à la loi des trois unités, et il semble mettre tout son art à simplifier rintrigue autant que possible. C'est un moraliste : il ridiculise les jaloux, les avares, les mauvais auteurs, les hidalgos de rencontre, les faux dévots ; il philosophe volontiers, il proteste contre la tyrannie des mœurs, il veut que les femmes jouissent d'une honnête liberté, il blâme les pères qui empêchent une jeune fille d'épouser le mari de son
(1) Cotarelo, Inarle, p. 347.
(2)1(1. ibid.^p. 361.
(3) El viejo y la nina (1190). — La comedia nueva o El café (1792). — El Baron (1803). — Jm mojigala (1804). — El si de las ninas (1806). Ses ennemis déployèrent contre lui un tel acharnement qu'il abandonna le théâtre, et laissa inachevées quatre ou cinq comédies, dont il avait tracé le plan et esquissé les principales scènes.
Le Si de las ninas f>it dénoncé au Sainl-Ofiîce et finit par être interdit. E. Gotareio, Isidoro Maiquez, p. 229.
LA LITTÉRATURE BT LA MUSIQUK 309
choix. 11 reste espagnol par sa langue pittoresque, par la liberté de son dialogue, dont la crudité dépasse quelquefois Molière, parle ton orthodoxe qui règne dans toutes ses pièces, par la noblesse et la générosité de certains caractères, qui nous paraîtraient de convention et qui ne le sont pas en Espagne, où les personnes les plus simples pensent et parlent souvent avec une dramatique grandeur.
Les classiques voient dans Iriarte et Moratin les deux meilleurs comiques du xviii^ siècle espagnol ; mais les amis du vieux théâtre leur préféreront toujours D. Ramon de la Gruz Cano y Olmedilla (1731-1794), fécond auteur de 542 pièces cataloguées {\) et qui a mérité d'être appelé le Goya du théâtre (2).
Employé à la recette des amendes (penas de camara)yD, Ramon est un enragé Madrilène. Reçu dans la plus haute société, protégé par les ducs d'Albe et d'Osuna, ce qui Tattire et le charme par>dessus tout, c'est la gent populaire. 11 flâne par les rues et marchés, il fréquente les tavernes et les bals publics, il assiste aux discussions et aux querelles des allants et venants, il note au passage les mots pittoresques, les figures hardies, leslocutions proverbiales. Il écoute les commérages ; il est attentif aux faits divers de la vie quotidienne, et de tout cela il tire de charmantes petites pièces, qui s'intercalent entre deux actes d'une comedia de ruido et ragaillardissent le spectateur. Il est espagnol de la tète aux pieds et ne perd pas une occasion de se moquer des gallU parlistas. Il ne veut pas qu'on fasse de son pays « une diph- « longue franco-espagnole, un peuple qui ignore ce qu^il <i portera le lendemain, du soulier jusqu'au chapeau, car si « un étourdi de Français s'avise de tout bouleverser, l'Es- <c pagne aussitôt mettra tout sens dessus dessous, et ce que « ne pourrait faire un Alexandre, une marionnette l'obtient « aisément (3). » Il connaît la vanité de l'hidalgo, « qui « mange son pain et son oignon au-dessous de Técusson de
(1) D. Emilio Gotarelo y Mori, D. Eamon de la Cruz y $U8 obi-as. Madrid, 1899, in-8o.
(2) Pitzmaurice-Relly, HisL de la lit, esp , p. 484.
(3) La petimetra.
310 l'eSPAGNE de l'aNCIKN HÉGIME
« ses armoiries, et se promenant ensuite d'un air noble et « pacifique, sème Thonneur sur tous ceux qui le regar- « dent (1). » 11 met en scène les f/«as et leurs perruquiers français, les acteurs et les actrices en vogue (2), les auteurs et les critiques (3), les maires de village (4), les bourgeoises et leurs papotages (5), les maris ridicules (6), les abbés (7), les avocats et gens de justice, et par-dessus tout les gens du peuple, hommes et femmes, toujours en quête de plaisir et d'aventures (8). Il les peint avec tant de justesse et d*esprit qu'ils enchantent, sous sa plume, jusqu'aux seigneurs et aux grandes dames qui jouent ses saynètes dans leurs salons (9).
S'il a contre lui tous les néo-classiques, il répond à leurs attaques en les mettant en scène (10), ou en parodiant leurs tragédies (11). Mais on ne médit pas impunément de Boileau ; cela porte malheur, et D. Ramon, si avisé quand il se moque des faiseurs de tirades à la française, s'est laissé tenter lui-même par le démon tragique. Il a composé un Sésostris^ il a traduit du Métastase (12), du Voltaire (13), du Ducis(14) ; il a poussé l'aveuglement jusqu'à préférer ces poèmes mal venus à ses inimitables saynètes.
Il est à peine croyable qu'il n'existe pas encore une seule édition complète de ses œuvres. La plus considérable, celle de Durân (15), ne comprend que 120 saynètes. M. Cotarelo vient de consacrer un livre très intéressant à la bibliographie de Ramon de la Cruz, mais la ville de Madrid, qui pos-
{{) La Vispera de san Pedro,
(2) El kospital de la moda. El ieairo por denlro,
(3) Manoloy Elpueblo quejoso.
(4) Inesillay la de Pinto.
(5) La visita de duelo.
(6) El casamienlo désignai,
(7) Los homhres con Juicio.
(8) El fandango de candil. — Los bandos del Avapies.
(9) D. José Feliu y r4odiaa, Sainelesde Ramon de la Cruz, Barcelona, 1882, 2 vol. en 8®, prologo.
(10) i Quai es tu enemûjo ? — Los cualro barrios. — Elpoeta aburrido,
(11) Manolo,
(12) Aecio triunfante (1767). — El rey pastor fl767). — Zenobia (1768).
(13) El soberbio Bayacelo (1769). — La Escocesa (1771).
(14) HamUlo, rey de Dinamarca.
(15) Madrid, Yenes, 1843.
sède dans ses archives tant de saynètes inédites du maître, devrait se décider à les éditer. C'est vraiment un mauvais métier que celui d'auteur, et D. Ramon avait raison quand il disait : « Passer la nuit à veiller et la journée à dis- « courir, voir tout le monde vous maudire et ne trouver « personne à vous récompenser, ignorer quand on jouera Cl votre œuvre et voir dépendre sa renommée encore plus des « affronts que des applaudissements, savez-vous bien ce que « c'est que cela ? — Non ! — Eh bien ! c'est être poète. »