‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 10 sur 202 · I . Deax millions 93,000 francs · texte numérisé non relu

I . Deax millions 93,000 francs

2 « lo bien yeo las necessidades de por alla, pero mi eonocimienlo no remédia à las de aqui. »

bonne politique la donner pour gagner du temps et achever de nous mettre en état , puisque ^ si nous perdons la partie cette fois, il n'y a plus d'espé^ rance ^ »

Réduit à l'impuissance et plongé dans l'apathie, le gouvernement espagnol aima mieux douter en-* core de l'imminence de la guerre ; il ne fit aucun préparatif de défense. L'étonnement fut grand à Madrid, lorsqu'on apprit que Louis XIV avait publié son manifeste sur les droits de la reine et qu'il était entré en campagne. Le marquis de Castel* Rodrigo avait si peu de troupes, qu'il fut réduit à faire sauter lui-même les fortifications d'Armentières, de Coudé, de Saint-Guilain et d'une foule de petites places moins importantes, qu'il ne pouvait pas défendre. Il voulait traiter de même la forteresse de Charleroi, mais il n'eut que le temps de l'évacuer. Les Français , commandés par Louis XIY et par le maréchal de Turenne, y entrèrent peu de jours après son départ. Turenne fit achever les fortifications commencées par les Espagnols, car il attachait une grande importance à la possession de cette ville, qu'il regardait comme la clef

1. Lettre da marqais de Gastel^Hodrigo à la reine d'Espagne* Bruxelles, 16 mars 1667. Voyet Mignet, t. II; p. 52-53*

du Brabant et du Hainaut. Pendant que le maréchal d'Aumont occupait Bergues-Saint-Vinox , Furnes et Armentières , Louis XIV repartit de Charleroi et vint mettre le siège devant Tournay. La garnison repoussa courageusement les premières attaques , mais bientôt les bourgeois la contraignirent de se rendre. La ville de Douai , investie par le maréchal de Turenne , et ne recevant pas de renforts^ ne résista que quatre jours. Louis XIY y fit son entrée le 6 juillet 1667, puis il revint déposer aux pieds de la reine les drapeaux qu'il avait conquis*.

La cour de Madrid ne parvint pas à se procu-rer l'argent nécessaire pour lever des troupes et solder des auxiliaires étrangers. Elle fut réduite à négocier et à faire des promesses. Le marquis de Castel-Rodrigo s'efforça de remuer TEurope entière et de l'exciter contre la France, en lui persuadant que l'invasion de la Flandre serait bientôt suivie de celle de la Hollande et de TAUemagne. Un gentilhomme francomtois, le baron de l'Isola ^, publia le Bouclier d'Étal et de justice^ pour réfuter les préten-

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