Sismondi, Histoire des Français, t. XXV, p
2. 11 était ambassadeur de Fempereur d'Allemagne à la cour de Londres.
tions de Louis XIV et rejeter sur ce prince l'accusation d'aspirer à la monarchie universelle , dont la France avait si longtemps poursuivi la maison d'Autriche.
Pendant que les Espagnols se défendaient par des libelles , les Français avaient mis le siège devant Lille. La tranchée fut ouverte le 13 août 1667. Les sorties fréquentes de la garnison , commandée par le comte de Brossai^ n'arrêtèrent pas les progrès des assiégeants. Le comte de Marsin, qui campait à Ypres avec douze mille soldats que le marquis de Castel-Rodrigo venait de réunir, devait secourir les assiégés ; mais il n'osa pas percer les lignes des Français avec des troupes nouvellement levées. Le siège étant poussé chaque jour avec une nouvelle vigueur, les bourgeois se soulevèrent et contraignirent leur commandant à capituler ( 27 août ). Le vicomte de Turenne fit sur-le-champ ses dispositions pour surprendre le comte de Marsin et lui couper la retraite. Il lança contre lui trois corps d'armée, commandés par le marquis de Créquy, le marquis de Bellefonds et le comte de Lillebonne. Il les suivit luimême de près avec le reste de larmée. Le comte de Marsin fut surpris près du canal de Bruges, et, quoiqu'il se battît avec acharnement, il perdit deux mille n. 2
hommes , et tout le corps qu'il commandait se dispersa * .
La prise de Lille et la déroute du comte de Marsin terminèrent les opérations de cette première campagne. Louis XIY voulait montrer de la podération dans la victoire et ne pas alarmer l'Europe. Ses troupes reçurent Tordre de prendre leurs quartiers d'hiver. Le maréchal d'Aumont se porta vers la Flandre maritime ; le marquis de Créquy s'établit sur les bords de la Moselle et le maréchal de Turenne sur la rive droite de la Dender, où il devait attendre le printemps pour renouveler les hostilités'.
La monarchie espagnole était incapable de faire face aux dépenses de l'année suivante. La paix conclue avec le Portugal n'améliora pas sa position financière. Le conseil d'État, après une longue délibération sur la situation du royaume, écrivit à la reine pour la prier d'examiner dans sa prudence « s'il ne conviendrait pas d'inviter mille personnes de tous états^ ecclésiastiques et laïques, à lui prêter chacune mille ducats; elle confierait à des ministres bien au courant des affaires et désintéressés le soin de dresser
1. Sismondi, Histoire des Français, t. XXV, p. 131. Cf. Mignet, t. n, p. 226-228.