‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 109 sur 202 · Llorente, Provincioê vascongadas, t. III, p. 306 sq · texte numérisé non relu

Llorente, Provincioê vascongadas, t. III, p. 306 sq

6. Voyez, à la Bibliothèque de l'Institut, le manuscrit de Denys Godefroi, Espagne et Portugal^ n° 495, t. 111.

laquelle il donna une valeur fictive quatre fois supérieure à sa valeur réelle. Il se ménagea par ce moyen un bénéfice de vingt-quatre millions qui furent absorbés par la guerre contrôle Portugal ^ Cette mesure fut ruineuse pour le commerce et l'industrie. Les étrangers et surtout les Hollandais inondèrent une seconde fois l'Espagne de monnaies de billon pareilles à celles que le gouvernement avait émises. Ils en introduisirent pour six millions et firent ainsi de grands profits. La Catalogne seule ne voulut jamais leur donner cours , mais les autres provinces en furent rem* plies. Il fallut enfin les retirer de la circulation. Le 14 octobre 1664, le gouvernement publia un édit par lequel il réduisait la monnaie de cuivre à la moitié de sa valeur. Aussitôt le prix des denrées augmenta dans toutes les provinces, le pain manqua sur les marchés , et pendant plusieurs jours il n'y eut presque pas de transaction commerciale. Une grande effervescence régnait dans les villes de Cadix, de Séville, de Malaga et de Cordoue. Le bruit courait que Ton allait bientôt réduire la monnaie de cuivre au quart de sa valeur fictive. Toutefois ces

1. Mémoires de Gourville, p^ 410. Cf. la Dépêche de rarcheTéque d'Embrun, du 23 octobre 1664. Archives du Ministère des affaires étrangères.

rumeurs se calmèrent peu à peu^ elle peuple témoi* gna au milieu de sa détresse une obéissance que le gouvernement était loin de mériter ^

La banqueroute termina dignement ce règne désastreux. En 1664 9 la junte de medios^ décida que Ton supprimerait tous les juros ou rentes qui avaient été créés sur les revenus de l'État depuis Tan 1 634, sous prétexte qu'ils avaient été achetés à vil prix par d'avides créanciers. Elle ordonna en outre que l'on retrancherait dix pour cent des anciens juros ou rentes constituées sous les règnes de Philippe II et de Philippe III. Déjà précédemment, elle en avait retranché cinquante pour cent, de sorte que le gouvernement ne paya plus que quarante pour cent des rentes anciennes dont il ne contestait pas cependant la légitimité'. En 1665, elle réduisit de moitié les pensions qui avaient été accordées en grand nombre pour récompenser des services éminents rendus à l'État. Une dernière mesure financière augmenta de deux pour cent les droits que le gouvernement percevait sur toutes les marchandises à leur entrée comme à leur sortie du royaume. Il est vrai que les marchands

1 . Voyez, aux Archives du Ministère des affaires étrangères, la dépêche de rarcheyéqae d'Embrun, da 23 octobre 1664.

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