Humboldt et Robertson, pastim
de bouche qui se consommaient en Amérique ^ Les marchandises rendues aux négociants de Carthagène, de Porto-Bello et de Véra-Cruz étaient remises aux corrégidors qui en faisaient la répartition ( repartimiento ). Ces magistrats parcouraient aussitôt les districts auxquels ils étaient préposés et fixaient arbitrairement la qualité ^ la quantité et le prix des marchandises que chaque Indien deyait recevoir. Ces malheureux étaient obligés de prendre les articles qu'on leur donnait sans savoir quelle somme ils allaient être obligés de payer en retour. Souvent mème^ ils recevaient des objets dont l'usage leur était inconnu. Us avaient beau réclamer alors auprès de leurs tyrans , les corrégidors refusaient de reprendre les marchandises qu'ils leur avaient livrées*. Peu leur importait qu'un pauvre Indien, vivant du travail de ses mains et subvenant avec peine aux besoins de sa famille , eût reçu pour sa part trois ou quatre vares de velours entièrement inutiles et qu'il était obligé de payer à raison de quarante ou cinquante pesos*. Un autre recevait des bas de soie , lorsqu'il se serait estimé trop
1. Voyez la dernière partie du rapport da comte de Rébenac. Cf. ïiohemon, Histoire de l'Amérique, U Ul,p. 290.