‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 120 sur 202 · pesos font 208 francs · texte numérisé non relu

pesos font 208 francs

heureux de porter des bas de laine. Us donnaient des miroirs à un demi- sauvage dont la cabane n'avait pas même un plancher, des cadenas à un autre dont la chaumière était suffisamment gardée par une porte de jonc ou d'osier, des plumes et du papier à un malheureux qui ne savait pas écrire, des cartes à jouer à un autre qui ne trouvait aucun plaisir à cet amusement frivole. Les Indiens n'ont point de barbe , et on les forçait d'acheter des rasoirs ; ils ne connaissaient guère l'usage du tabac, et on leur donnait des tabatières. •• Ils étaient condamnés à prendre des peignes^ des bagues, des boutons^ des dentelles^ des rubans, des livres et mille autres objets de luxe qu'on leur faisait payer au poids de l'or ^ On les forçait d'acheter des fruits secs , du vin , de l'huile et surtout de l'eau-de-vie dont l'usage leur répugnait. Souvent un pauvre Indien s'estimait heureux s'il pouvait revendre pour dix ou douze pesos une bouteille d'eau-de-vie qu'il avait payée six ouhuit fois plus cher ^.

Cette première répartition qui suivait régulièrement l'arrivée de la flotte et des galions ne suffisait point à l'avidité des corrégîdors. Le plus souvent ils

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