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faisaient à la longueur de la pique ^ . Il était difficile d'empêcher cet abus, à cause de l'immense étendue des côtes du Mexique et du Pérou. D'ailleurs le gouvernement espagnol n'avait pas assez de vaisseaux pour exercer une surveillance active sur les côtes de la Péninsule. Comment aurait-il entretenu des forces suffisantes dans ces parages lointains? Sous le règne de Charles II, l'Espagne ne possédait dans l'Océan Pacifique que trois vaisseaux de guerre, construits en 1690 par ordre du vice-roi du Pérou '• Encore n'y en avait-il que deux qui fussent en état de tenir la mer, et pendant l'hiver ils étaient tous à l'ancre dans le port de Callao '. Aussi là contrebande prenait-elle chaque année plus d'extension. Les retours de la Jamaïque en Angleterre finirent par s'élever tous les ans à la somme de six millions de piastres *. Le traité qui autorisa les Hollandais à transporter les nègres de la Guinée dans les colonies espagnoles facilita encore ce commerce
1. Dépêche dn marquis de Feuquières, du 7 noyembre 1686. Archives du Ministère des affaires étrangères. Cf. un mémoire adressé à Mazarin, le 22 mai 1648, avec ce titre : Advispoutle commerce d'ouitremer.