francs. Voyez Ulloa, 2« part . , p
illicite *. En vertu de ce privilège, la Hollande établit des commissionnaires à Garthagène, à Porto- Belloy à Panama et à Yéra-Cruz. Dès lors les né^ gociants d'Amsterdam et de Curaçao reçurent, tous les ans, des renseignements détaillés sur la nature et sur la quantité des marchandises qui pouvaient être importées avec le plus d'avantage, et ils organisèrent la contrebande avec plus d'assurance et d'étendue que jamais ^. Faut-il s'étonner si les marchés réguliers de Porto-Bello et de Véra-Cruz restaient déserts ? A la fin du règne de Philippe IV, les galions attendaient quelquefois trois ans l'arrivée des marchands américains. Pendant ce temps les vaisseaux pourrissaient dans les ports, les marchandises s'avariaient et les négociants de Cadix et de Séville dépensaient d'avance leurs profits. On fut
1 . On donnait à ces privilèges de traite le nom A'aisientos. A l'origine la cour de Madrid les concédait à des favoris qui se les disputaient pour les revendre à d'impitoyables spéculateurs.
2. Voyez la dépêche du marquis de Feuquières, du 26 septembre 1686; celle du même, du 7 novembre 1686; celle du coriite de Rébenac, du 10 mars 1689. Archives du Ministère des affaires étrangères. — Au xvm* siècle l'Angleterre rechercha le monopole du transport des noirs, dans l'intérêt de sa marine et de son commerce. Aux négociations d'Utrecht elle réclama impérieusement et obtint les aaientoi, c'est-àdire le privilège du trafic des nègres dans les colonies espagnoles, clause perfide qui donna lieu à de continuelles contestations et même à des guerres maritimes.
obligé de laisser s'écouler quatre, cinq et jusqu'à six ans entre une expédition de galions et la suivante, afin d éviter une attente si longue et si ruineuse. Ces retards accoutumèrent les Américains à s'adresser de préférence aux étrangers, et laissèrent le temps aux interlopes anglais, français et hollandais de remplir les marchés de leurs denrées avant l'arrivée des navires espagnols '.
Pendant les guerres maritimes, les vice-rois du Mexique et du Pérou ne prenaient conseil que de rintérêt public, et permettaient le commerce avec les neutres aussi longtemps que les communications restaient interrompues avec la métropole. C'est ce qui arriva sous le règne de Philippe IV, lorsque les Anglais se furent emparés de la Jamaïque. Établis dans ce poste avantageux d'où ils dominaient tout le golfe du Mexique et en vue duquel passaient tous les navires venant de terre-ferme, ils épièrent tous les ans le retour des galions pour les capturer ou pour les détruire. Tant que dura le protectorat de Cromwell, ils conservèrent la prépondérance qu'ils avaient acquise sur mer et ils en firent usage pour ruiner la marine marchande de l'Espagne et