‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 146 sur 202 · UlloB, 2«part.,p · texte numérisé non relu

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11 n'en était pas de même dans les provinces du nord de la Péninsule. Les Navarrais, les Biscayens, les Alavais, les Guipuscoans avaient compris les immenses résultats que des voies de communication plus nombreuses et plus faciles pouvaient assurer à leur commerce. Les Alavais avaient construit à leurs frais de grandes routes qui conduisaient de Yittoria à Pampelune, de Bilbao à Logrono, et de Miranda, par le port d*Arlaban, jusqu'à la frontière du -Guipûscoa. Mais la Castille et les provinces voisines restèrent presque entièrement privées de ces avantages, sous les règnes^ de Philippe 11 et de ses successeurs. Les Bourbons eux-mêmes, qui firent tant pour régénérer TEspagne, ne montrèrent pas un grand empressement à doter ce royaume des voies de communication qui lui étaient si nécessaires. Charles III entreprit, en 1761^ la construction simultanée de quatre grandes routes, qui devaient faciliter les relations commerciales entre la capitale du royaume et les provinces de Valence, de Catalogne, de Galice et d'Andalousie. A ces grandes routes devaient s'en rattacher d'autres qui auraient établi des communications entre ces quatre provinces et les Asturies, la Hurcie et TEstramadure. Or, qu'advint-il de ce magnifique projet? Les travaux furent commencés

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saMe-cbamp , mais on les continua avec tant de lenteur que vingt ans après il n'y eut pas une seule de ces routes dont la moitié seulement fût achevée ^

On ne mit pas moins de négligence à creuser des canaux, à améliorer le lit des fleuves* L'Èbre, le Tage, le Douro, la Guadiana et le Guadalquivir ne devenaient navigables qu'à dix ou vingt lieues de leur embouchure. Le Guadalète, le Jarama, le Mançanarès, la Ségra^ le Jucar, qui auraient pu relier entre eux ces grands fleuves, formaient des torrents en hiver et se desséchaient en été. Ce ne fut que vers la fin du XYi* siècle que Philippe II s'occupa des moyens de favoriser la navigation intérieure. Après la conquête du Portugal, un ingénieur italien , Antoneli , vint lui proposer de rendre navigables le Tage, TÈbre, le Douro, la Guadiana et le Guadalquivir. L'Espagne était alors à l'apogée de sa puissance. Elle n'avait pas encore éprouvé les terribles revers qui signalé-, rent les dernières années du règne de Philippe IL Ce prince approuva le projet d' Antoneli et lui ordonna d'améliorer avant tout la navigation du Tage, qu'il considérait comme le fleuve le plus important de la Péninsule. Les travaux furent commencés en 1581.

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