Monarchia di Spagna, p
bois de sapin , pour attendre et détrousser le marchand qui avait eu l'imprudence de voyager sans se faire accompagner de quelques eseopeteros. C'était un proverbe accrédité dans la chaîne voisine de Guadarrama^ que les ventas étaient autant de rendez-vous de brigands. La ville de Tudela, située dans la Navarre , sur les confins de TAragon , de la Gastille et de la Biscaye, était la retraite habituelle des bandits du nord de TEspagne. Us s'y réunissaient souvent en grand nombre, pour exercer leurs brigandages avec plus de sécurités Quelquefois ils s'associaient aux contrebandiers, qu'ils soutenaient volontiers contre les troupes royales. Dès la fin du xv!"" siècle, le désordre était devenu si grand, que Philippe II rangea ce commerce illicite au nombre des crimes dont la connaissance était réservée à l'inquisition. Mais , les elTorts que firent les tribunaux du saint-office pour atteindre et condamner^ comme impies et sacrilèges, ceux de ces hardis fraudeurs qui vendaient des chevaux en France furent inutiles. Le mal ne fit qu'augmenter sous les règnes de Philippe III et de ses successeurs * . Peu à peu, les troupes de contrebandiers qui exploitaient la frontière des Pyrénées et le littoral de l'Océan Cantabrique et de la Méditerranée, s'accou-
\ . Llorente, HUtoire de l'Inquiêiiion, paaim.
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tumèrent à demander appui aux compagnies de bandolerosy et trouvèrent plus d'une fois en elles des auxiliaires pour engager de véritables combats avec les troupes royales. H en fut de même sur les confins du Portugal. Le défilé d'Estacas^ situé dans la province de Zamora, devint un centre de réunion pour les contrebandiers du royaume de Léon^ et en même temps il offrit un asile inaccessible aux criminels du Portugal et de TEspagne, forcés de s'enfuir de leur pays natale
Ainsi l'on risquait fort , en voyageant en Espagne^ d'annoncer aux passants futurs^ par une croix plantée pieusement sur un tertre , que jadis un cbrétien mourut en ce lieu^ frappé d'une main qui s'était fâchée (demano airada). Les villes elles^ mêmes n'étaient point à l'abri des tentatives les plus audacieuses. C'était un usage de clouer une croix noire sur la muraille de la maison la plus voisine de l'endroit où un crime avait été commis, avec une inscription conçue le plus souvent en ces termes : « Aquimurio dedesgracia...» Puis venait le nom de la victime avec l'indication du jour où elle avait succombé. Les rues de Valence et de beaucoup d'autres villes de province étaient remplies de petites croix