Voyiez Tarticle Estacas, dans le Dictionnaire de Minano
destinées à rappeler le souTenir d'autant d'attentats semblables. A Madrid môme y les crimes étaient si fréquents que l'impunité semblait assurée aux malfaiteurs. Les voleurs organisés en bandes dans les provinces , formaient une véritable corporation dans la capitale. En 1610^ le chevalier Gottington écrivit au cabinet de Londres : « Depuis peu de temps, il ne se passe presque pas de nuit que des personnes de tout rang ne soient tuées dans les rues ^» Les étrangers prudents transigeaient avec ces bandits et faisaient entrer d'avance dans lés frais de route leurs attaques présumées. Nul ne sortait le soir sans emporter la bourse des voleurs. Pendant la minorité de Charles II, le corrégidor de Madrid adressa plusieurs fois des requêtes à la régente pour la prier d'éloigner le régiment d'Âytona^ dont les soldats aidaient les bandits à détrousser les passants. En 4 686^ le courrier dépêché par le marquis de Feuquières fut dévalisé par des voleurs à cinq lieues de la capitale. Cet événement ne causa aucune surprise. L'ambassadeur écrivit à Louis XIV que les coupables appartenaient sans doute « à lun des trois quadrilles de voleurs
1. Lettre du chevalier CottiDgton, datée de Madrid, le lOjulo 1610. Apud WatsoDy Histoire de Philippe lii, pièces justificatives, 1. 111, p. 176.
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qui rôdaient depuis quelques semaines autour de Madrid * • n
Les provinces italiennes, soumises à la domination du roi. d'Espagne^ ne restèrent point à l'abri de ce fléau. Le royaume de Naples était rempli de bandes qui vivaient de pillage et de meurtres. Elles se réunirent un jour sous les ordres d'un chef célèbre, Marco Berardi de Cosenza. Lorsqu'il se vit à la tète de quinze cents hommes déterminés , le brigand se fit roi. Il battit les troupes que l'on envoya contre lui, et il fallut une expédition en règle pour délivrer le pays de ces voleurs disciplinés et aguerris. En 1590, le comte Alphonse Piccolomini^ qui venait de perdre la Saveur du grand duc de Toscane, se mit à la tète des bandes répandues dans le royaume de Naples et les États de l'Église. Le comte de Miranda' fut obligé d'envoyer des trqu* pes pour les cerner dans leurs repaire^. Elles furent repoussées ^. Le grand nombre de ces bapdits, la connaissance qu'ils avaient des lieux et les intelligences qu'ils entretenaient avec les habitants^» ne
1. Dépêche dn mar<iai8 de Feaquières, da 30 décembre 1686. Archiyes du Ministère des affaires étrangères.