Petile Tille de la BasUicate
3. Gazette de France, naméro da 11 Juillet 1676. Ce naméro eontleat une lettre de Naples, datée da 16 Juin 1676.
que celui de terre. Les côtes de la Catalogne, de l' Andalousie et des royaumes de Grenade, de Murcie et de Valence étaient infestées par des pirates, pen-dant que les flottes d'Espagne étaient employées à des entreprises lointaines» A peine y apercevait-on quelques vaisseaux de guerre, chargés de protéger le littoral^ mais les grands qui les commandaient, dédaignaient presque toujours de se battre, pour mettre de vils marchands ou d'obscurs pêcheurs à l'abri des insultes de l'ennemi ^ Peu à peu les Barbaresques se rendirent maîtres de la Méditerranée, et y exercèrent impunément leurs'brigandages. C'étaient pour la plupart des Mauresques originaires de Grenade ou de Valence, qui entretenaient des intelli^ gences avec les Maures établis en Espagne, et, comme ils avaient une connaissance exacte de la côte, ils ne craignaient point d'aller en course, et avec leurs'
1 . Monarchia di Spagna, p. 35. Ce pamphlet italien est de la fin du xvn* siècle. On y représente le roi discourant avec ses ministres sar Tétât du royaume , lorsqu'arrive un nonce qui se plaint d'avoir été poursuivi par des corsaires jusque sur les côtes d'Espagne. S'il est parvenu à leur échapper, c'est par une espèce de miracle. Mais les brigands de terre ont achevé ce qu'avaient commencé ceux de mer. Ils ne lui ont laissé que la chemise et la dépêche sacrée qu'il porte au roi ; et s'il ne s'était trouvé un cavalier de Valence qui, par compassion pour le pauvre étranger, lui donna un vêtement et quelque argent pour le voyage, il n'aurait pu se rendre si lot auprès de Sa Majesté.
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frégates ou leurs brigantins ils i*épandaient partout la terreur et la désolation^. Ils descendaient fréquemment sur le rivage pour surprendre les habitants sans défense et les réduire en esclayage. Souvent ils remontaient l'Èbre, le Jucar^ la Segura, pour pénétrer dans l'intérieur des terres et piller des villes situées à plus de dix lieues de la mer. Leurs légers navires faisaient quelquefois des prises à la vue des frégates et des vaisseaux de guerre de l'Espagne, retenus loin de la terre et forcés d'assister sans agir à des luttes inégales'.
En 1564, Philippe II se trouvait à Valence, lorsqu'un corsaire vint fondre sur un navire richement chargé, qui avait jeté l'ancre à l'entrée de ce port* C'était le Turc Ajaja qui, à force de bravoure et d'audace, avait rendu son nom célèbre dans ces parages. 'Avec six bateaux à deux rangs de rames il entoura le navire espagnol, et, l'ayant abordé, il s'en rendit maître, sous les yeux du roi consterné. Puis, il remorqua sa proie, et, s'éloignant lentement du rivage, il se dirigea vers un rocher inabordable, situé près de la côte africaine. Les Barbaresques avaient
1. Fondation de la régence d'jilgw, histoire de Barberowee* Chronique arabe do xvi^ aiècle, 1. 1, p. 76.