‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 199 sur 202 · Apendice à la Educaeion popular, t. 11, p · texte numérisé non relu

Apendice à la Educaeion popular, t. 11, p

Palma. Ainsi toutes les provinces furent appelées à prendre part aux bénéfices du ti*afîc direct avec les Indes. Les seuls habitants de TAlava, duGuipuscoa, de la Biscaye et de la Navarre, préférèrent la conservation de leurs privilèges et les profits de leur commerce avec la Castille aux avantages d'un com^ merce régulier avec les colonies.

Les effets de l'ordonnance de Charles III furent rapides et salutaires. Dans toutes les provinces maritimes de l'Espagne le commerce reçut une immense impulsion. L'année même où Tordonnance fut promulguée, Cadix envoya dans les colonies soixantetrois vaisseaux chargés de marchandises. LaCorogne en expédia vingt-six; Barcelonne vingt-trois; Malaga trente-quatre; Santander trei2e; Alicante trois. Quinze ans après, cent cinquante vaisseaux abordèrent dans le seul port de la Havane qui recevait à peine quatre vaisseaux registres sous les règnes de/Ferdinand YI et de Philippe Y ^ Mais aucune province de l'Espagne ne montra plus d'activité que la Catalogne. Barcelonne sembla renaître. Cette ville d'où la vie s'était presque retirée se repeupla rapidement. Son port se couvrit de vaisseaux et le commerce lui ren- ^ dit bientôt la richesse et la prospérité.

1. Mémoires de la Soc. écoRomiqae de Madrid,!. III, 2« part.» p. 285.

Aucun obstacle ne nuisait plus au développement du commerce quele manque de communications intérieures. On peut en juger par le passage suivant du testament politique â^Àlbironi : « Le commerce dans Tintérieurdu royaume n'a pas plus de facilités que dans les pays les plus sauvages ; les chemins sont encore les mêmes qu'au temps où, chaque province formant un royaume particulier, n'avait pour toute richesse que ses moissons, et devait chérir les défilés qui empêchaient son voisin de venir les ravager. Â peine les mulets peuvent traverser les Castilles. Dans un pays coupé des plus belles rivières, on ignore l'usage des bateaux. Les marchandises remontent et descendent la Guadiana, TÈbre et le Tage sur des som^ miers. On n'a point tenté de rendre ces fleuves navigables; on s'est même refusé aux offres qu'en faisaient les Hollandais. Les restes encore admirés des grands chemins des Romains n'inspirent point une noble émulation. On a entendu, pour ainsi dire, le bruit des travailleurs qui joignaient les deux mers par un canal de soixante lieues; on les a vus aplanir des montagnes, exhausser des vallées, percer des rochers... Un si beau modèle n'a produit qu'une admiration stérile. »

Charles III alloua le premier un fonds spécial pour

la construction de quatre grandes routes qui devaient faciliter les relations commerciales entre Madrid et les villes de la Corogne^ de Barcelonne, de Valence et de Séville, et pour la construction de plusieurs routes provinciales destinées à établir des communications entre la Galice, la Catalogne, le royaume de Valence, l'Andalousie et les provinces des Âsturies, de la Murcie et de FEstramadure. Ces travaux commencés d'abord avec mollesse, sous les ministères de Grimaldi et de Squilace, furent poursuivis avec vigueur sous l'administration du comte de Florida-Blanca. Dans l'espace de neuf ans, le nouveau ministre parvint à livrer à la circulation plus de cent quatre-vingt-quinze lieues de grandes routes. Il en répara plus de deux cents dans les différentes provinces; il ût bâtir trois cent vingt-deux ponts; il en répara quarante-six. En même temps, il établit un règlement pour l'entretien des grandes routes. Des ouvriers furent placés de distance en distance et des intendants furent chargés de les surveiller et de faire exécuter promptement les réparations nécessaires. Dans les endroits trop éloignés des villes on éleva des maisons pour les travailleurs et on leur recommanda de prendre soin des voyageurs en cas d'accident. Parmi les travaux achevés à cette époque , on re-

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marquait ceux de Puerto de Cadena^ sur la route de Carthagène; ceux de la route d'Ântequera à Malaga; ceux d'Âstorgasur la route de la Galice. On admirait surtout la magnificence et la solidité des routes construites dans les défilés naguère impraticables de la Sierra Morena S

Le premier canal navigable que posséda l'Espagne fut creusé,en 1753,sou8 le règne de Ferdinand \I. C'est le canal de la Castille, dont le parcours est de quarante-six lieues et qui réunit Olivia et Ségovie. Le canal d'Aragon, commencé en 1528, sous le règne de Charles-Quint, et qui devait relier Saragosse et Tudèle, ne fut achevé que sous le règne de Charles III. Tous les autres canaux qui ont facilité les relations commerciales de l'Espagne moderne sont dus aux Bourbons. Celui du Mançanarès fut commencé en 1 770; celui de Murcieen 1 774 ; ceux de Guadaràma, de San Carlos et d'Urgel furent creusés vers la même époque. Enfin le canal de la Bétique, qui réunit Séville et Cordoue, fut commencé, sous le règne de Ferdinand YII, par la compagnie du Guadalquivir ^.

Les Bourbons ne se contentèrent pas d'établir des communications plus faciles dans Tintérieur du

1 . Voyezle compte rendu de l'adminis. da compte de Florida Bltoca.

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