‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 200 sur 202 · Voyez l'arlicle CanaUs, dans le Dictionnaire de Minano · texte numérisé non relu

Voyez l'arlicle CanaUs, dans le Dictionnaire de Minano

royaume, ils les rendirent encore plus sûres en délivrant le pays des bandes de brigands qui Tinfestaient. Philippe V ôta le droit d'asile aux sagrados frioê ^ n rendit une ordonnance portant que les er« mitages, les cimetières et toute église dans laquelle on ne célébrait plus la messe régulièrement, per« draient de même cette dangereuse immunité. Fer^ dinand VI restreignit encore le droit d'asile. Il ré^ duisit à deux le nombre des églises qui devaient conserver ce privilège dans la capitale de chaque province, et il ne le maintint qu'à une seule église dans toutes les autres villes de l'Espagne. Charles ni purgea la Méditerranée des pirates qui Tinfestaient; puis il conclut des traités de paix avantageux avec la Porte-Ottomane, avec l'empereur du Maroc et avec les beys d'Alger, de Tunis et de Tripoli, a Par ces moyens, dit avec raison le comte de Florida Blanca dans son rapport adressé à Charles lll. Votre Majesté affi*anchit la mer de pirates et d'ennemis, depuis le royaume deMaroc et de Fez sur l'Océan jusqu'aux États de l'empire ottoman, à l'extrémité de la Méditerranée. Le pavillon espagnol paraît continuellement dans les mers du Levant, où il était jus-

1 . On appelait ainsi les lieux consacrés dans lesquels on ne célébrait plus le culte divin, et qui n'en avaient pas moins conservé le droit d'asiie.

qu'à présent inconnu; les nations commerçantes elles-mêmes y qui Tavaient poursuivi indirectement, le préfèrent aujourd'hui, ce qui donne un grand accroissement à notre marine et à notre commerce, instruit nos matelots et contribue à la splendeur de TEspagne et de son auguste souverain. »

Une refonte générale des monnaies, si souvent altérées au ivii"" siècle, et dont la valeur intrinsèque fut enfin rétablie; des surintendants envoyés dans tous les ports de mer pour protéger les marchands; des consulats établis dans les principales villes des autres pays, prouvèrent aux Espagnols que la dynastie française honorait le commerce autant que la dynastie autrichienne Tavait méprisé * . Les Bourbons combattirent ainsi le préjugé funeste qui éloignait un si grand nombre d'Espagnols des spéculations mercantiles. Lorsque Philippe V eut concédé à la compagnie du Guipuscoa la vente exclusive du sucre et du cacao de la colonie de Caracas, il accorda des lettres de noblesse à tous ceux qui voulurent prendre part à cette entreprise. Ajoutons enfin que l'ordonnance de Charles III, promulguée en 1773, et qui rappelle la célèbre ordonnance de Louis XIV, rendue sur la proposition de

Page 1