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prix de notre sang et de nos richesses ? Quel profit retirons-nous des guerres de Flandre, gouffre béant où s'engloutissent nos soldats et nos millions ^ ? »
La véritable cause du mal était^ en efiEet, cette guerre de propagande, que Philippe II avait commencée et que son petit-fils avait reprise. Pour porter un remède efficace à ces souffrances, il eût fallu que l'Espagne renonçât à la vieille politique de la maison d'Autriche et qu'elle rompît sans retour avec son passé. Les choses en étaient venues à un point où les demi-mesures ne pouvaient plus suffire, où il fallait, pour sauver l'État, comme Ta écrit un ambassadeur de France , une révolution complète dans le gouvernement.
Les remèdes proposés par Campanella étaient proportionnés à la grandeur du mal. Dès la fin du XVI® siècle, cet écrivain avait conseillé à Philippe II de refuser certains honneurs à tout Espagnol resté célibataire après rage de 21 ans, à moins qu'il ne fît partie de l'armée; de défendre qu'un laboureur ou un artisan donnât plus de trois cents pièces d'or pour dot à sa fille; de permettre aux soldats qui faisaient la guerre en Flandre , en Angleterre , en Irlande et en Afrique, d'enlever les femmes pour les