‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 35 sur 202 · Campanella, p · texte numérisé non relu

Campanella, p

il n'en fut rien. Ni ce prince , ni ses successeurs n'osèrent recourir à de pareils moyens pour relever l'Espagne et pour assurer leur prépondérance en Europe.

Constatons par des chiffres la diminution progressive de la population delà Péninsule^ dans la période comprise entre la seconde moitié du xvi* siècle et Tavénement de la dynastie des Bourbons.

Depuis les derniers temps de la domination des Arabes jusqu'à l'avènement de Philippe II, la population de l'Espagne s'était élevée à près de dix millions d'habitants ^ En 1588, on assurait en Ângle-

1 . Nous emprantoDS ce chiffre à Agnstin de Blas, dont l'ouvrage sur la population dé TEspagne est plein de renseignements précieux qu'il t puisés dans des documents authentiques. Voici par quel calcul il est parvenu à ce résultat» qui n'est qu'approximatif :

La €;astilleen]482 7,900,000 habitants*

Grenade en 1594 359,500

Aragon en 1495 266,190

Valence en 1609 486,860

Catalogne en 1553 326,970

Alavaenl704 60,696

Biscaye en 1701 56,145

Gaipu8coaenl600 69,665

Navarre en 1553 154,165

Tous ces dénombrements, consignés dans les Archives de Simancas, en ont été extraits pour la première fois par Tomas Gonzalez, en 1829. Voyez ÂgusUn de Blas, p. 153.

terre que le nombre des habitante mâles ne s'élevait plus qu'à 1,425,390 ^ Le recensement, qui fut fait en 1 594 dans toutes les provinces^ ne donna que 8,206,794 âmes '. Ainsi, dans l'espace de cinquante ans, la population de l'Espagne avait diminué de 1,473,400 habitants. Elle décrut plus rapidement encore sous le règne de Philippe III. La ville de Médina del Campo comptait autrefois une population de 5,000 âmes; en 1607, elle n'en compta plus que 600 •. Davila rapporte que l'on fit, en 1600, un recensement de tous les cultivateurs de Tévêché de Salamanque^ et que l'on en compta 8,384, possédant 11,745 attelages de bœufs. Un nouveau recensement, opéré en 1619, ne donna que 4,135 cultivateurs et 4,822 attelages. En moins de vingt ans, la population de ce district avait diminué de plus de moitié *. Au commencement du règne de Philippe IV, la totalité de la population n'excédait plus guère six millions *. Un grand nombre de villes et de villages tombaient en ruines. A Valladolid, les regards du voyageur s'arrêtaient avec surprise sur

1. Relation de Papys, secrétaire de TAmirauté, dans Anderson, His^ toire du Commerce, t. IV, p. 235. V. Ranke, p. 436

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