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une multitude de belles maisons qui étaient restées inacheyées. On y voyait partout les traces d'une grande prospérité subitement interrompue \ Les trois quarts des villages de la Catalogne étaient inhabités. On en comptait 194 dans la Nouvelle Castille, 308 dans la Vieille Castille, 202 dans la province de Tolède, près de 1 ,000 dans celle de Cordoue, dont les habitants avaient disparu ^. L'Estramadure, cette terre promise de TEspagne, si renommée jadis par sa fertilité et par la douceur de son climat, offrait l'aspect d'une vaste solitude. Un tiers des terres de TAlava était en friche , et les habitants avaient entièrement abandonné la culture de la vigne, qui faisait autrefois une partie de leur richesse '• En Andalousie, la plaine, naguère si bien cultivée^ qui s'étend autour de Tarife, était devenue déserte. Le voyageur traversait cinq à six lieues d'un paysage magnifique, sans trouver une maison, ni un champ cultivé^. Dans la Vieille Castille, on voyait une immense étendue de terrains couverts de ronces et d'épines ; pas un arbre à l'ombre duquel on pût se reposer. Une herbe courte et desséchée y suffisait à
1 . Bory de Saînt-Vlncent, Guid9 du voyageur en Espagne, p. 427-