‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 39 sur 202 · Cespedes y Mmesei, lib. VU, chap. IX, p · texte numérisé non relu

Cespedes y Mmesei, lib. VU, chap. IX, p

2. « Gomme don Jaan a entièrement décrié le courage de la nation espagnole, prétendant qu'elle a toot à fait dégénéré de la réputation des temps passés, et que Ton a encore ^ci plus besoin d'hommes pour labourer la terre ou pour maintenir les Indes, l'on a pris la résolution d'entretenir peu de régiments espagnols, et de se servir autant que l'on pourra de troupes étrangères. » Dépêche de l'archeTéque d'Embrun. V. Mignet^ 1. 1, p. 315.

3. C'est le chifiCre que donne Ustariz et qu'adopte M. Hignet. Introduction, p. 31.

OQ en est toujours en peine. Si les Espagnols perdaient cette place et quelques autres petites qu'ils ont dans le détroit^ les Maures rentreraient plus facilement en Espagne qu'ils ne l'ont fait autrefois. Le pays est si dépeuplé de ce côté^là^ l'ordre y est si mauvais, et on serait si peu en état de leur résister, que les plus habiles en sont actuellement dans l'appréhension ^ » L'intérieur de l'Espagne n'était pas moins dépeuplé que les provinces frontières d'Andalousie, de Grenade, de Murcie et de Valence. Il y avait dans les environs de Ségovie un territoire de vingt-quatre lieues de circuit, que l'on appelait le Despoblado, parce qu'il était entièrement inhabité. Au centre de cette vaste solitude, s'élevait un château fortifié, la casa castrilloj dont le propriétaire était regardé comme un petit souverain *. Dans la province d'Estramadure, il n'y avait plus que 184 habitants par lieue carrée '. Les montagnes de la Sierra-Morena étaient désertes, et pendant près d'un siècle, elles servirent de repaire auxbandits et aux bêtes fauves. Elles ne furent repeuplées qu'en 1763. Secondé par le comte d'Olavidès, Charles III appela

1. Dépêche du comte de RébeDac à Louis XIV, du 7 octobre 1688. Archives du Ministère des affaires étrangères. Correspondance d'Espagne. 9. Voyez Tarticle Despoblado, dans le Z>«c(tonnatre de Minano. 3. Apendice à la Educacion popular, t. 1, p. 313. Madrid, 1775.

des colons de France, de Suisse et d'Allemagne, pour défricher ce sol qui était resté si longtemps inculte. En 1 767, le Bavarois Turrigel y conduisit plus de six mille de ses compatriotes. Le territoire montagneux, compris entre les provinces de Jaën, de Cordoue et de Séville fut enfin repeuplé; dans l'espace de quelques années, on vit s'élever plus de cinquante* huit villages, et la capitale de cette population d'origine étrangère reçut le nom de Caroline ^ Ainsi, TEspagne, qui avait colonisé le Nouveau Monde, eut besoin d'être colonisée à son tour.

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