‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 49 sur 202 · Sempere» p. 326 sq · texte numérisé non relu

Sempere» p. 326 sq

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par le possesseur. Le créancier ne pouvait dans aucun cas en exiger la vente ; il pouvait tout au plus en réclamer le revenu. Mais il ne parvenait pas toujours par ce moyen à recouvrer son capital; car, avant qu'il touchât un ducat, les juges assignaient au débiteur une pension conforme à son rang et au nombre de ses enfants. Il fallait que cette pension fût suffisante pour payer sa table , ses vêtements, ses domestiques, ses chevaux et jusqu'à ses menus plaisirs. Le revenu tout entier était souvent absorbé, sans que le créancier fût en droit de se plaindre ^ Le propriétaire lui-même ne pouvait ni vendre ni partager son majorât, à moins d'en avoir obtenu du roi la permission expresse, et cette permission ne s'accordait presque jamais.

Cette législation eut pour résultat de faire d'une partie de l'Espagne Finaliénable propriété des grands. En effet aucune circonstance ne pouvait démembrer leurs domaines, tandis que les successions, les alliances et les donations testamentaires tendaient sans cesse à les augmenter. Au xvi"" et au xvii° siècles les rois de France exilaient un duc et pair dans ses terres; les rois d'Espagne exilaient un grand dans ses États, en susEslados. Sous le règne de

] • Relation du voyage d'Espagne fait en 1679, t, II, p. ZO.

Philippe II, les ducs de Ilnfantado, de Médina de Rioseco^ d'Escalonaet d*Ossuna, qui étaient les chefs des puissantes familles des Mendoza^ des Enriquez, des Pacheco et des Girone^ possédaient d'immenses domaines qui étaient presque de petits royaumes. L'Andalousie leur appartenait à peu près tout entière. Le duc de Tlnfantado tirait de ses terres un revenu de 90,000 ducats * ; le duc de Médina de Piioseco, de 130,000*; le duc d'Escalona, de 400,000 *j le duc dOssuna, de 130,000. Plus de trente mille familles vassales dépendaient de ces quatre seigneurs ^. Dans la Vieille Castille les ducs d*Âlbe, de Najara et de Zuniga possédaient des terres qui rapportaient 80,000, 60,000 et 70,000 ducats- Dans le royaume de Tolède le duc de Médina-Cœli possédait un revenu de 150,000 ducats» Dans les provinces de Grenade, d'Estramadure et de Jaën le duc de Médina-Sidonia , le duc d'Arcos et le duc de Feria, qui étaient les chefs des anciennes et glorieuses familles de Guzman, de Ponce de Léon et de Figueroa, possédaient des revenus de 150,000,

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