‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 51 sur 202 · De 1166 à · texte numérisé non relu

De 1166 à

1 Espagne 11,315,851 fanèguesde blé et 1,601,750 fanègues d'orge ^ La fanègue de blé revenant à 36 réauî de veillon, et celle d'orge à 22, il en résulta une dépense de 442,609,136 réaux de veillon ', qui furent exportés du royaume, comme le constatent les registres des douanes '•

Des économistes modernes ont vanté les avantages de la grande propriété. Elle empêche, disent-ils, les pauvres de se marier et de mourir de faim dans les années de disette. Elle permet aux riches d améliorer leurs terres sans toucher à leurs capitaux. Elle n'exige, pour les travaux des champs, qu'un petit nombre de bras, et en conséquence elle ne porte pas préjudice au développement de l'industrie. Que ceux qui partagent cette opinion parcourent les provinces de Biscaye, de Navarre et de Guipuscoa. C'est un territoire montagneux et ingrat que les habitants ont rendu productif au point qu'il nourrit deux mille hommes par lieue carrée. Ce résultat est dû, en grande partie, à la division du sol qui force chaque propriétaire à ne reculer devant aucun travail, pour améliorer son champ et pour

i . La fanègae vant trois boisseaux.

2, Cent quinze miilions 78,375 francs 36 centimes.

3. Collection des Mémoires de la Société économique de Madrid» t. ill, 2« parlie, p. 12.

rendre plus abondante la récolte qui doit nourrir sa famille ^ Dans la Galice et dans les Asturies^ où le même système a prévalu, il a produit les mêmes résultats '• Que Ton compare à ces contrées si peu favorisées de la nature et qui produisent tous les ans de si riches moissons, les terres grasses et fertiles de l'Andalousie. Le système des majorais a dépeuplé cette province et couvert de ronces d'immenses étendues de terrain.

Ce fut en vain que la législation essaya de remédier à cet abus et d'encourager l'agriculture en protégeant le cultivateur. Lorsqu'un fermier ne payait pas exactement ses termes, il ne pouvait être poursuivi pour ce motif, et lors même qu'il ne payait pas du tout, le propriétaire qui voulait le renvoyer, devait le prévenir un an d'avance. Dans les provinces d'Andalousie et d'Estramadure, le fermier pouvait, en dépit du contrat qu'il avait signé, demander, après la récolte, une nouvelle estimation de la terre, afin d'obtenir une diminution du prix convenu ; et comme les experts étaient choisis ordinairement parmi les autres fermiers de la province, ils lui donnaient presque toujours gain de cause. Il

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