I . GoTtès de 1548. Pelic. GCXIV
Il était difficile de soutenir un système plus erroné. ' Les signataires de la pétition ne comprenaient pas que la véritable cause du renchérissement de la main-d'œuvre était l'accumulation des métaux précieux en Espagne , et que l'on ne pouvait remédier à ce mal qu'en permettant l'exportation de Tor et de l'argent en France , en Angleterre et en Italie. Mais le gouvernement était lui-même sous l'influence de ce singulier préjugé. Il satisfit au vœu général en établissant le monopole de Séville et en limitant les départs des galions qui approvisionnaient tous les ans le Mexique et le Pérou. La défense absolue de commercer avec l'Amérique n'aurait pas eu des résultats beaucoup plus fâcheux que ces restrictions fatales * • En même temps, le gouvernement, dans l'espoir de faire diminuer le prix exorbitant de toutes les marchandises, promulgua des ordonnances qui favorisaient l'acheteur au détriment du vendeur. Déjà^ en 1 51 8 et en 1 523, il avait interdit, sous peine de confiscation des biens , d'exporter du royaume des blés ou des bestiaux. Cette défense fut renouvelée par les cortès assemblées à Madrid en 1528, à Ségovie en 1532, et à Yalladolid dans les années
1 . Mémoires de la Société économique de Madrid, t. UI, p. 289.
4537 et 1 548 '• L'exportation de ces objets, disait la loi, est nuisible au royaume , car elle augmente la cherté des vibres, et porte préjudice à tous les habitants^. En 1 552y on défendit d'exporter des draps, des étoffes de bure^ des toiles de frise, des laines cardées ou filées'. Dès ce moment les manufactures de laine manquèrent de débouchés et ne firent plus que languir. Les fabriques de cuirs, de cordouans et de basanes, si longtemps florissantes ^ ne tardèrent pas à dépérir lorsqu'on eut défendu aux fabricants, sous peine de mort, de vendre leurs produits en pays étranger^. En même temps, le gouvernement fixa le prix des cuirs et porta, sans le vouloir, un nouveau coup à cette industrie ^ Pendant la première moitié du xv!"" siècle, les Espagnols envoyaient leurs soieries à Gênes, à Florence, et jusqu'à Tunis. En 1552, on défendit d'exporter la soie écrue et la soie façonnée "; il en résulta qu'au bout de quelques années les manufactures de Tolède fournirent cinquante mille li-
1 . Influence du gouvernement d'Isabelle* Mémoire inséré dans la colIectioD de l'Académie de Madrid, t. VI, p. 282-283.