Daviia, ibid
rent à Madrid pour se rapprocher du monarque. Dès lors, ils déployèrent un faste inouï, que les ambassadeurs de France remarquèrent avec surprise *• Lorsqu'ils sortaient pour faire des visites de cérémonie, ils traînaient à leur suite un long cortège de gentilshommes, qui remplissaient jusqu'à vingt carrosses ^. Leurs femmes ne paraissaient dans les rues de Madrid qu'accompagnées d'un écuyer à cheval et de tous les gentilshommes de la maison. Les ducs de rinfantado, de Médina de Rioseco, d'Escalona et d'Ossuna avaient^ à l'exemple du roi, une cour, des intendants du palais, des majordomes, des chambellans, des pages. On voyait des grands s'entourer d'une garde composée de deux cents hommes d'armes. Us tenaient à honneur d'avoir de riches chapelles, une bonne musique et beaucoup d'enfants de chœur, qu'ils élevaient à grands frais. La dame de la maison était traitée comme une reine. Ses femmes la servaient à genoux; le page qui lui présentait à boire restait agenouillé pendant qu'elle buvait; le gentilhomme qui lui rendait visite et qui la trouvait assise, mettait un genou à terre pour la
1 . Sous le règne de Philippe IV, un comte de Villa-Mediana mit luimême le feu à son palais, pour emporter dans ses bras la reioe d'Espagne qu'il aimait avec passion.