Mémoires de Goaryine,p
3. 4 milliards 956 millions de francs. V. Économies royales de Sully, t. III, p. 253.
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de ses royaumes. En même temps il chassa les Maures qui emportèrent au moins deux millions huit cent mille écus ^ Les guerres désastreuses de Philippe lY contre la France, la Hollande, l'Angleterre et le Portugal achevèrent la ruine financière de l'Espagne, et cependant la nation persista dans ses rêves de grandeur. Sous le règne de Charles II, lorsque la monarchie était sur le point de se dissoudre, la cour de Madrid trouva de l'argent pour secourir l'Autriche menacée par les Turcs et contribuer encore à la défense de la chrétienté ^. A tant de dépenses il faut ajouter cette quantité de millions qui étaient envoyés tous les ans à Rome. Les écrivains espagnols craignaient de toucher à ce sujet, et nel'abordaient qu'avec la plus grande réserve. » Je ne m'étendrai pas, dît Ustariz, sur ces inconvénients ni sur les précautions que prennent d'autres États catholiques pour y remédier ; l'entreprise est trop au-dessus de mes forces , et elle est étrangère à ma profession... Il n'y a d'ailleurs rien à ajouter aux représentations imprimées qui furent faites à Rome en 1633 par ordre de Philippe IV, et qui contenaient le mémoire que les États de Castille , assemblés en cour , remirent
1. 29 millions S88»000 francs. V. Fonseca,p. 325. 3. Sabau, t. XIX, p. 222,
au roi sur divers droits qu'on perçoit à Rome ^ » Les représentations adressées à la cour de Rome n'eurent pas de résultat. L'Espagne resta tributaire du saintnsiége , et comme elle continua cette propagande armée qu'elle avait entreprise^ les trésors qu'elle retirait des Indes s'écoulèrent rapidement au dehors^ pendant que la décadence de ses manufactures l'empêchait de réparer ses pertes. Ainsi le pays s'appauvrissait et les dépenses augmentaient d'année en année. L'orgueil national prêtait au gouvernement un appui factice, mais il ne pouvait pas lui donner de forces réelles. Il fallut créer des ressources : on recourut à Timpôt. Philippe II et ses successeurs usèrent largement de ce moyen, et rendirent les charges publiques si lourdes et si accablantes que le travail des manufactures devint impossible et que la ruine de l'industrie se trouva consommée.
Examinons d'abord quel était le système des impôts au commencement du règne de Philippe II. A l'époque où l'Espagne était encore divisée en un grand nombre de royaumes, tant chrétiens que mahométans, chacun de ces petits États avait un système d'impositions qu'il croyait conforme à ses