‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 79 sur 202 · Uslariï, l'^part., p · texte numérisé non relu

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intérêts, quoique préjudiciable aux intérêts de ses voisins. Les royaumes de Navarre, de Castilie, d'Aragon^ de Grenade 9 s'étaient entourés de lignes de douanes qui les isolaient les uns des autres, et qui favorisaient l'industrie de quelques provinces au détriment des autres. Lorsque l'Espagne ne forma plus qu'un seul royaume, l'ancien ordre de choses subsista. L' Aragon , la Gastille , la Navarre , continuèrent à se gêner réciproquement par une foule de règlements qui entravaient le développement de rindustrie. Chaque province ^ on pourrait dire chaque ville^ se considérait comme une souveraineté indépendante^ et s'isolait par ses douanes, ses octrois et ses péages, des provinces et des cités voisines. Les provinces basques et la Navarre exportaient librement leurs produits en France , et affranchissaient de tout droit les articles manufacturés qui leur venaient de l'étranger, soit par mer, soit par la frontière du Languedoc et de la Guienne, tandis qu'elles soumettaient à des droits rigoureux les marchandises qui leur arrivaient de la Gastille ^ Ge royaume, qui comprenait vingt-deux provinces et qui formait le noyau de la monarchie espagnole,

1 . Ulloa, r« part., p. i 38. « Je ne puis m'empôcher, dit Ulloa, de remarquer noire mauvaise politique. Nous souffrons que les peuples de la

était entouré de toutes parts d'une ligne de douanes qui le séparait des contrées voisines. Les marchandises que Ton envoyait en Castille par la frontière du nord devaient payer la dime de la mer, soit dans les villes de Viltoria, d'Ordunna et de Balmaseda^ si elles passaient par la Biscaye et le Guipuscoa; soit à Oviedo, si elles passaient par les Asturies; soit à Sanabria et à Yillafranca^ si elles passaient par la Galice ^ A Test et à l'ouest de la Castille^ sur la frontière de la Navarre, de TAragon , des royaumes de Portugal et de Valence , se trouvaient les ports 8€e$ , puertos $eco$ , dans lesquels les marchandises payaient également la dîme de la mer, à leur entrée comme à leur sortie '. La réunion de tous ces royaumes sous Tautorité d'un même prince ne les avait pas rapprochés sous le rapport du commerce, et l'industrie souffrait de ces entraves. Les Castillans ne pouvaient commercer librement jusqu'à

Biscaye et de la Navarre, poar leur arantage pArticalier, chargent de droits l'entrée des denrées de la Castille, et affranchissent Texportation des leurs ainsi que l'inaportation de celles qui leur viennent de l'étranger par mer et par la frontière de France ; à quoi il convient de remédier, en établissant précisément le contraire. »

t. Recopilacion de 1640, t. HI, titulo XXVIII et XXIX. De los diez^ moi de los puertos de la mar.

2. Ibid,, titulo XXXI. De los diexmos de los puertos secos, entre Castilla, Aragon, Portugal y JVavarra,

la mer que da côté du sud. Il n'existait pas de séparation douanière entre la Castille et l'Andalousie^ mais on avait conservé les douanes établies autre* fois par les Maures dans cinq ports de mer qui avaient été les capitales d'autant de petits États indépendants. Il en existait deux autres à Xérès et à Lebrija, et toutes avaient conservé la dénomination mauresque d'almojarifazgos.

« Lorsque l'Andalousie^ dit Ulloa^ était partagée en cinq royaumes différents sous la domination des Arabes, il était naturel qu'il y eût cinq douanes pour percevoir les droits des marchandises qui passaient d'un royaume dans un autre... Mais, certes, il est étrange, et les autres nations doivent rire de notre ignorance, tout en en profitant, lorsqu'elles voient qu'après l'expulsion des Arabes et la réunion des Castilles et celle de cinq royaumes en un seul, on a conservé tant de douanes dans l'intérieur, et jusqu'à Xérès et à Lebrija, qui ne sont ni capitales ni ports de mer... C'est une barbarie à peine concevable. Les douanes sont moins vexatoîres en Turquie *. »

Ajoutons enfin qu'il y avait à Séville , outre la douane générale, une douane particulière pour

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