‹ L'Espagne depuis le règne de Philippe IIChapitre 85 sur 202 · II. il · texte numérisé non relu

II. il

Telles furent les premières mesures financières de Philippe U. Elles procurèrent l'argent nécessaire à la solde des armées qui remportèrent les yictoires de Gravelines et de Saint-Quentin et procurèrent à TEspagne la paix glorieuse de Càteau-Cambrésis*

Bientôt la réyolte de la Flandre et la guerre contre les Turcs, qui devenait d'année en année plus menaçante, forcèrent Philippe II. de recourir à de nouveaux impôts. Se fondant sur la nécessité de maintenir l'intégrité de la monarchie espagnole et de veiller à la défense commune de la chrétienté , il déclara qu'il était contraint de demander à la nation de nouveaux sacrifices. U ajouta qu'après en avoir délibéré avec ses ministres, il avait résolu d'augmenter les droits sur les importations et les exportations. Le 29 mai 1 566 il publia trois décrets portant :

V Qu'à l'avenir, on payerait quatre ducats pour chaque sac de laine exporté en France, en Italie ou dans toute autre contrée, soit par des nationaux, soit par des étrangers ;

2* Que Yalmojarifazgo mayor de Séville serait augmenté. Autrefois, le sucre, le vin, l'huile, les fruits secs, la soie ne payaient que trois et demi pour cent à leur sortie du royaume : on en exigea sept et demi.

Les droits sur les pierres précieuses, les perles, la cochenille et le cuir furent portés de deux et demi à dix pour cent ;

3** Que Yalmojarifazgo des Indes serait également augmenté. Le commerce entre la métropole et ses colonies ayait été libre à l'origine. Charles-Quint avait le premier restreint cette liberté que Fer* dinand et IsabeDe avaient établie. Philippe Q fit un pas de plus dans ce système funeste. Il ordonna que toutes les marchandises envoyées dans les Indes payeraient cinq pour cent à leur sortie du royaume, et dix pour cent à leur entrée dans les ports du Mexique et du Pérou. Les droits suv les vins furent portés en tout à yingt pour cent '.

Ces impôts doublèrent les revenus que Philippe II tirait de la Castille. En 1 558, ils étaient d'un million et demi de piastres *j en 1567, le Vénitien Tiepolo les estimait à trois millions '. Cette somme ne suffi-»' sant pas pour couvrir les dépenses de la guerre de Flandre, Philippe II augmenta d'un tiers le prix du sel, qu'il faisait vendre à son profit, et pendant plusieurs années il exigea des négociants de Séville

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