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CHAPITRE VII

Les résultats de l'exercice 1896-97

Grâce à la diligence de tous les employés du Ministère des Finances d'Espagne qui, sous la direction de M. Navarro Reverter, rivalisent de zèle dans l'exécution de leurs devoirs, nous possédons les résultats définitifs de l'exercice budgétaire 189697, c'est-à-dire les recettes de tous genres effectuées du mois de juillet 1896 au mois de juillet 1897. — (Voir le tableau de ces recettes aux annexes statistiques à la fin du volume).

' Voici maintenant les recettes totales des sept dernières années fiscales :

RECETTES totales des exercices ci-dessous.

■ JUSTNJÉÏEi&

PESETAS

PLUS-VALUE en 1896-97

Comparaison avec les évaluations budgétaires.

Recettes calculées pour le budget de

Recouvrement 790.941.481*72

Plus-valme dans V exercice. . . ■ 21.655.220*22

Ainsi -l'augmentation progressive des recettes d© l'Etat espagnol, que j'ai déjà eu l'occasion de constater dans mes précédents chapitres, continue de plus belle, et c'est une grande satisfaction pour moi de pouvoir attirer l'attention sur cette preuve de l'activité et du développement des affaires chez nos voisins.

: Ou trouvera à la fin du volume cinq tableaux "statistiques, qui sont de très précieux documents "financiers que toutes les personnes désireuses ;$0 se rendre bien compte de la situation économique de l'Espagne auront intérêt à examiner avec soin et dont j'explique ci-dessous l'importance.

Le premier de ces tableaux annexes nous donne les résultats définitifs de l'exercice budgétaire 1896-97, ainsi que je l'ai dit plus haut ; il est expliqué, commenté pour ainsi dire, par ïes, quatre tableaux suivants.

Le second de ces., tableaux concerne les recettes réalisées durant les années 92-93 jusqu'à .08-97. La comparaison de la première de ces cinq années avec la dernière, montre, comme on peut le voir, une augmentation liquide d'environ 72 millions de pesetas comme ventes de l'Etat. Il est à noter aussi que toutes ces ventes se sont accrues sous l'administration des budgets de 1896-97, que M. Navarro Reverter a dirigés et surveillés. L'accroissement des recettes est visible dans le petit tableau qui se trouve audessous du tableau principal et on voit bien que le dernier exercice budgétaire prouve une somme considérable d'augmentation dans les recettes ; et cela pendant une année où l'Espagne a souffert toutes sortes de calamités : guerre très coûteuse à Cuba, guerre très lointaine aux .» Philippines, qui ont obligé les Espagnols à

envoyer une armée de plus de 250,000 hommes au-delà des Océans, ce qui prive le pays de sa jeunesse pour le travail des champs et ,de l'industrie, sans compter des sécheresses persistantes qui ont réduit des trois quarts les récoltes des céréales et de la moitié les récoltes de vin et de fruits. Tout cela fait ressortir davantage encore rénorme rentrée des impôts qui s'est produite.

Le troisième tableau est relatif aux paiements liquides effectués la même année.

On y voit qu'en comparant les 600 millions de 1892-93 avec les 754 millions de .896-97, il y a une augmentation de 154 millions payés par le Trésor national, sans nécessité de faire appel à aucun emprunt.

Le quatrième tableau statistique contient deux documents : le premier est le bilan du budget 1896-97 et on voit que la différence entrte 780 millions de dépenses et 790 millions de recettes donne un SUPÉRAVIT effectif et réel DE DIX MILLIONS DE PESETAS. Ce résultat très brillant est si exceptionnel qu'on ne l'avait jamais obtenu depuis plus de quarante ans.

Le deuxième document — j et ce n'est pas le moins intéressant, ni celui qui fait le moins d'honneur à M. Navarro Reverter — se rapporte aux calculs que le Ministre des Finances avait présentés aux Gortès il y a deux ans. Il est à remarquer que l'exactitude de tous les calculs,

qu'a faits le ministre quand il a présenté aux Gortès son projet de budget pour 1898-97, a été plus que prouvée par les résultats, puisque, entre les chiffres qui avaient été prévus dans toutes les sections du Budget et ceux qui ont été obtenus, il s'est produit des recettes beaucoup plus importantes qu'on l'aurait supposé. Les ventes des Biens de l'Etat (du Domaine national) ont accusé, en totalité, une augmentation de 234.000 pesetas en sus des estimations ; les calculs de M. Navarro Reverter se sont encore trouvés au-dessous de la réalité pour environ quatre millions de pesetas , chose qui n'était jamais arrivée.

Le cinquième tableau annexe donne l'état exact des recettes et des dépenses effectuées durant les années économiques de 1892-93 à 1896-97, suivant les droits et les obligations de chaque budget et suivant les résultats des exercices clôturés. C'est, en somme, la récapitulation de tous les tableaux précédents présentés aux lecteurs d'une manière aussi claire que synthétique.

En résumé, le résultat de la gestion financière de M. Reverter ne peut être plus flatteur pour le pays tout entier, pour le gouvernement et aussi pour le Ministre des Finances; il prouve les grandes ressources de la nation et surtout les améliorations qui ont été introduites dans l'ad ministration des Finances publiques. '

Si quelqu'un cherchait à mettre en doute, ce

résultat, ce que je crois impossible, je puis l'as-" surer que ces chiffres sont complètement officiels et que les tableaux statistiques que publie chaque semaine la Banque d'Espagne, qui est le caissier de l'Etat, confirment un par un tous les chiffres indiqués par moi.

Les États mensuels que publie la Gaceta officiai, les tableaux de la Dette flottante et du Trésor sont complètement d'accord avec ces chiffres, ce qui est très naturel; et il est une considération qui s'impose à tous et qui est à la portée de tout le monde ; après deux ans et demi de guerres coûteuses soutenues à des millions de lieues de la Métropole, l'Espagne* a supporté toutes les dépenses qu'il a fallu faire, sans avoir eu besoin de recourir à aucun emprunt étranger.

C'est une preuve irréfutable de la vitalité de l'Espagne.

L'Emprunt des Philippines

Le gouvernement espagnol avait été autorisé à créer, par l'intermédiaire du Ministère des Colonies, 400,000 obligations hypothécaires du Trésor des Philippines à 6 0/0 d'intérêt annuel, amortissables au pair en 40 ans, par tirages semestriels, avec la garantie spéciale des Douanes de l'Archipel et la garantie générale de la nation. Ces obligations sont divisées en deux séries : la première de 250,000 obligations de

500 pesetas et l'autre de 150,000 obligations de 100 pesetas.

Les premiers 250,000 titres représentent 125 millions de pesetas, soit 200,000 titres pour la souscription publique et 25 millions de pesetas ou 50,000 titres à Indisposition du Ministère des Colonies.

La souscription publique, garantie par un syndicat, grâce à une commission, a été ouverte dans la Péninsule pour 200,000 obligations et, grâce aux habiles mesures préparatoires de TVL Navarro Reverter, on a souscrit 1,051,187 obligations, pour un capital nominal de 525,593,500 ''pesetas, c'est-à-dire cinq fois plus qu'on ne demandait à l'épargne publique.

C'est encore un succès pour le Ministre des Finances et une preuve des ressources financières de l'Espagne.

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