SITUATION — LIMITES — DIVISIONS NATURELLES
Bien que partagée politiquement en deux Elats distincts, Espagne et Portugal, la péninsule ibérique forme un tout géographique relié à l'Europe occidentale par rist}ime des Pyrénées. Elle a pour bornes : au nord les Pyrénées qui la séparent de la France et le golfe de Gascogne, à Touest l'océan Atlantique, à l'est la Méditerranée, et au sud où le détroit de Gibraltar la sépare de l'Afrique, la Méditerranée et l'océan Atlantique. La ligne de partage des eaux est formée par les Pyrénées depuis le pic de Corlitte jusqu'à la sierra de»Séjos, par les monts Ibériens et par la sierra Nevada jusqu'à la pointe de
1. Nous avons mis à profit pour ce petit travail les don- Dées de Dussieux, et surtout la Nouvelle Géographie univer- Mie (Je M. Elisée Reclus dont l'intérêt n'a d'égal que Tabonilanctf dus rens'ignements et la justesse des appréciations.
Tarifa; elle divise la Péninsule en deux versants, l'un tributaire de l'océan Atlantique, l'autre de la Méditerranée.
La péninsule ibérique est une haute terre montagneuse ayant la forme d'un tronc de pyramide carrée ; la partie supérieure est occupée par le plateau central de l'Espagne, ou plateau de Castillé, et les quatre faces latérales sont représentées par les quatre versants de la Péninsule. Les talus bornant le plateau de Gastille sont des plus accidentés et donnent naissance à un grand nombre de contreforts qui traversent et séparent les terrasses dont ce plateau est entouré à sa base. Ces terrasses sont : au nord les Asturies faisant suite aux Provinces Basques, à l'ouest le Portugal, au sud l'Andalousie, à l'est les provinces de Valence, de M urcie et TAragon méridional.
Cette configuration de la Péninsule fait comprendre que l'unité politique ait élé si longtemps im^ possible dans ce pays; il était naturel en effet que chaque province, ayant ses frontières propres, tendît à s'isoler des autres régions et à vivre d'une vie indépendante; par contre, on s'explique comnient la Gastille, grâce à l'avantage que lui assurait sa position centrale, a uni, quoique non sans peine^ par fondre toutes ces parties en une monarchie unitaire.
Depuis 1841, l'Espagne est partagée en quaranteneuf provinces; mais ces divisions politiques ne suivent exactement ni les lignes de faîte entre les bas-
sins, ni les. frontières entre les populations de dialectes différents. D'autre part, les dénominations anciennes, bien qu'usitées encore, ont souvent varié de nombre et d'extension selon les événements politiques. Nous nous en tiendons par conséquent aax divisions naturelles qui, outre qu'elles nous* font mieux connaître la disposition générale du pays, nous permettront aussi d'expliquer Tbisloire particulière de 'chaque région, son climat, le physique^ le caractère et les mœurs de ses habitants.