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BASSIN DU GUADALQUIVIR

Le bassin du Guadalquivir forme une grande vallée inclinée d'une pente égale entre deux versants de montagnes et largement ouverte du côlé de la mer ; en dehors de ce bassin, certaines parties

de l'Andalousie déversent leurs eaux, soit dans le Guadiana, soit dans Testuaire de Huelva, ou directement daDs la Méditerranée.

Entre le bassin du Guadalquivir et celui du Guadiana, court le prolongement de la sierra Morena on ( Montagne noire » qui forme le talus méridional du plateau de Castille. Ce nom lui vient des pins et autres arbres au sombre feuillage qui garnissent ses pentes; elle est traversée par le col de Despena-Pèrros (Précipite-chiens) où passe la grande route de Madrid à Gadiz. A Porient, la terrasse de l'Andalousie est bornée par la sierra Nevada qui sépare le basssin du Guadalquivir du versant de la Méditerranée. C'est encore une suite de hauts plateaux dont les principaux sont le plateau de Grenade et le massif des Âipujarras (Monts des Pâturages) où les derniers des Mores s'étaient retirés. Le plus haut sommet est le Mulahacen, situé entre ces deux plateaux et élevé de 3,554 mètres.

Contrairement aux fleuves du plateau de Castille, le Guadalquivir (583 kilomètres) descend vers la mer par une pente douce graduellement ménagée; bien avant son embouchure son cours se ralentit^ son lit s'élargit et se divise, et de là ce nom d*Ouedel- Kebir, «le Grand Fleuve, » que les Arabes ont donné à l'ancien Bétis des Romains. Seul des fleuves d'Espagne, le Guadalquivir a l'avantage d'être navigable une assez grande distance de l'Océan et les bâtiments de deux cents tonneaux remontent jusqu'à

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Séville, à 100 kilomètres de la mer. Quant aux autres rivières de l'Andalousie, le Guadalete qui se déverse dans la baie de Cadiz n'a pas de profondeur, rOdial et le Rio-Tinto qui débouchent dans l'estuaire de Huelva sont de simples torrents.

Il s'en faut de beaucoup que toutes les parties du bassin soient aussi riches et aussi fertiles qu'on l'admet généralement. Là encore, en maint endroit, à l'est de Jaen, autour d'Ecija, « la poêle à frire » de l'Espagne, se trouvent de véritables steppes où toute culture est impossible ; le manque d'eau en est la cause, la sécheresse de l'atmosphère, l'action des vents qui soufflent en certaines saisons. En revanche, partout oii la terre est arrosée, la végétation est merveilleuse et l'agricullure obtient des résultats inouïs. Grâce à son climat presque tropical, l'Andalousie peut joindre aux cultures des zones tempérées, toutes les productions des pays chauds : la soie, l'olive, l'orange, le citron, le limon, la grenade, les dattes, les bananes, et dans la région la plus chaude, sur le littoral de la province de Malaga, le coton, la cochenille, l'indigo, le poivre, le cacao, le café, la canne à sucre. Du temps des Arabes, les moulins. à sucre étaient nombreux sur toute la côte méditerranéenne jusqu'à Valence; cette industrie se relève de jour en jour. Le nord de l'Andalousie produit aussi de grandes quantités de blé et d'autres céréales, qu'on pourrait facilement décupler ; le sud a ses vins fameux qui empruntent

aux campagnes voisines de Jerez, ce nom de Scherry sous lequel on les expédie pour les marchés d'Angleterre. Alméria nourrit des botes à corne, Huelva des porcs^ Jaen des mulets, Séviile et Gadii de magniOques chevaux. Enfin les gisements de toute sorte, fer, plomb, cuivre, argent et houille, les carrières de marbre et d'albâtre, n'attendent la plupart que d'être exploités.

Les Andalous ont mérité d'être appelés les Gascons de l'Espagne, et en effet ils sont en général broyants, bavards, fanfarons, pompeux dans leurs discours; pourtant ceux des montagnes, autour de Jaen, au nord de Cordoue, seraient plus graves^ plus réservés; avec cela intelligents et fort spirituels, — certain genre de plaisanterie en Espagne s'appelle andaluzade; — pleins de goût pour l'éloquence, la poésie, les beaux arts, peu portés par contre vers les choses abstraites, galants sans débauche, paresseux aussi, dit-on, mais cette indolence a son excuse dans la rigueur de leur climat et la modicité de leurs besoins. Au physique ils sont presque tous grands, nerveux, bien découplés: les femmes surtout ont une réputation de beauté complètement justifiée.

Andalonsle. — Cordoue (45,000 hab.) sur le Goadalquivir, ancienne capitale des califes d'Espagne qui en avaient fait une magni6que cité , recèle encore, au centre de ses rues étroites eiUKpatïos parfumés, sa mezquïta aux mille colonnes, le chef-

d'œuvre de l'art religieux des musulmans. Belmez^ bassin houiller. Montilla, \ins renommés. Sévîl/e (90,000 bab.) TUispalis des Romains, a joui d'une grande importance commerciale au temps où elle était le siège du tribunal des Indes ; exporte encore beaucoup de blé. Ses principaux monuments sont l'Alcazar, la maison de Pilate, la Tour de TOr et surtout la cathédrale immense, dominée par la Giralda, haute tour arabe. La vie est très-agréable à Séville et la population fort gaie. En face Saniïponce, petit village bâti sur les ruines de l'ancienne Italica, patrie de Trajan, d'Adrien et de Théodose. Carf/2 (65 ,000 hab.) fondée par les Phéniciens, port de guerre et de commerce, à l'extrémité septentrionale de la presqu'île de Léon. La rade est vaste et bien protégée des vents. Le mouvement général du commerce a été de 587,000 tonnes en 1874 et le produit de la pêche atteint en moyenne près d'un million de kilogrammes. Riches salines aux environs. San Lucar de Barameda garde l'embouchure du fleuve ; c'est de là qu'est parti Magellan en 1519 pour faire le tour du monde. Jerez de la Frontera (35,000 hab.), sur le Guadalete, immenses celliers ou « bodegas » appartenant à des compagnies anglaises.- Jœn , dans une admirable situation n'a rien perdu de sa très-curieuse physionomie moresque. Linarés (40,000 hab.), mines et fonderies de plomb en pleine activité. Huelva^ riches mines de cuivre, dites de Rio-Tinto. Palos, petit port, aujourd'hui envasé, où s'embarqua Chris

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iophe Colon en 1492. Gibraltar (20,000 hab.), possession anglaise depuis 1704, située sur un rocher terriblement fortifié en face de la côte africaine ; station militaire et entrepôt de commerce extrêmement actif : le mouvement du port a été en 1873 de 9,031 navires jaugeant ensemble 2,43i,800 tonnes.

Boyaame de Grenade. — 6rrenac^« (65, 000 h.), la « Damas de l'Occident^ » la « Reine des cités, » comme disaient les Arabes; fut sous leur domination très-riche et très-industrieuse ; elle comptait alors 400,000 habitants et 60,000 maisons. Il lui reste encore l'Alhambra, le « Palais Rouge^ » tout entouré en effet de vastes murs et de hautes tours de briques, mais dont les salles à Tint érieur témoignent d'une élégance et d'une richesse inouïes; il lui reste aussi sa Vegat véritable « Vallée du Paradis», étonnante de fraîcheur et de fertilité. Alhama et Archenay eaux thermales très-fréquentées Almeria (27,000 h.) exporte beaucoup de minerai en France et en Angleterre; très- importante autrefois par son commerce avec l'Afrique qui commence à renaître grâce au voisinage d'Oran. Ma%a (100,000 h.) « l'Enchanteresse)), devenue par l'excellence de son port et la richesse de ses campagnes, la ville la plus peuplée de l'Andalousie. On estime à 500 millions en moyenne le bénéfice net que rapporte aux M.Iaguenos la fabrication du sucre. Antequera (30,000h.), sert d'intermédiaire aux échanges entre Malaga et

la vallée du Guadalquivir. Carrairam et Fuente de Piedra^ eaux minérales.

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