PAYS BASQUE
Les provinces basques et l'ancien royaume de Navarre appartiennent tout à la fois au bassin du golfe de Gascogne et à celui de l'Ebre; c'est donc là encore une région distincte à laquellAn peut joindre
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la province de Logrono, qui politiquement dépend de la Gastille, mais est située sur le versant septentrional du grand plateau, dans le bassin de TEbre.
Tout le pays basque n'est qu'un dédale inextricable de montagnes et de collines ; en effet, tandis que la chaîne des Pyrénées, du côté de la France, se termine assez brusquement, du côté de l'Espagne au contraire, les hauteurs se multiplient et occupent une étendue de 60 à 80 kilomètres. Ces hauteurs, prolongements pour la plupart des divers systèmes del'Aragon, se mêlent, s'entre-cnoisent et rattachent les massifs pyrénéens au plateau de Caslille. La chaîne médiane des Pyrénées a perdu l'aspect des {irandes montagnes et son élévation moyenne ne dépasse plus 1,000 mètres. Distinguons pourtant dans ce labyrinthe à l'est la vallée du Nervion ou Ibaizabal qui traverse Bilbao; à l'ouest la vallée du Baztan qui passe par Elizondo et, prenant ensuite le nom historique de Bidassoa, sert de limite dans la partie inférieure de son cours à la France et à l'Espagne et vient jeter ses eaux dans l'estuaire de Fonlarabie; plus bas encore les massifs des Amczcuas et du Carrascal, célèbres dans l'histoire des guerres civiles. Quant à la province de Logrono, toutes les chaînes qui la parcourent sont des contreforts extérieurs du plateau castillan.
En plusieurs endroits, et principalement sur le versant de l'Ebre, les pentes sont nues, arides, déboisées; mais dans le pays basque et la Navarre oc-
cidentale où les pluies tombent fréquemment, le paysage est charmant de verdure et de fraîcheur. Le climat se rapproche tout à fait de celui de l'Irlande et des Pays-Bas; un peu trop humide peut-être, il est en même temps très-salubre et très-doux et convient parfaitement à la production agricole. La Navarre, les provinces basques, et la double Rioja, TAlavaise et la Castillane, qui s'étend sur la rive gauche de TEbre, sont parmi les contrées les plus riches de l'Espagne, en blés, en vins, en huiles, en bestiaux. Ce qui le prouve bien, te sont ces interminables guerres civiles qu'elles ont pu soutenir avec leurs seules ressources contre les forces de l'Espagne entière. La Navarre donne encore des olives, du lin, du chanvre, et fabrique de la farine ; la Bizcaye porte des arbres à fruits, beaucoup de maïs surtout; l'Alava est très-fertile dans sa partie qui confine à TEbre, le reste est presque entièrement couvert de bois; enfin le Guipuzcoa, sans négliger l'agriculture, est la plus industrieuse des trois provinces sœurs. D'autre part, la Bizcaye et le Guipuzcoa ont produit de tout temps d'excellents marins et la pêche est un de leurs meilleurs revenus; il faut y ajouter celui de leurs mines' de fer (Somorrostro en Bizcaye, Mondragon en Guipuzcoa) dont l'exploitation s'est accrue depuis quinze années dans des proportions considérables.
La plupart des Basques ont le front large, le nez droit, la bouche et le menton nettement dessinés, le maintien noble, la taille bien proportionnée; les
femmes surtoutse distinguent par la pureté de leurs traits et une élégance naturelle que n'altère même pas le dur travail de la terre. Descendant des anciens Ibères, le Basque n'a pas de frères dans la foule des autres hommes. Jusqu'à ce jour il avait conservé à peu près intacts ses fueros ou lois particulières et son langage qu'on n'a pu rattacher à aucun idiome connu; mais voici qu'un décret récent, en représailles de la part qu'ont prise les Provinces à la dernière guerre civile, vient de leur enlever leurs fueros comme on avait déjà enlevé les siens à la Navarre en 1841 ; poussés par la soif d'aventures et par l'horreur de la conscription, les Basques eux-mêmes émigrent en grand nombre dans le Nouveau-Monde. Peut-être ce petit peuple, qui porta si haut le respect de la personne humaine et l'amour de la liberté, méritait-il une meilleure destinée !
Les Basques sont sobres, agiles, robustes, laborieux, tenaces en leurs résolutions, brefs en leurs discours, hospitaliers, loyaux, courageux, impatients de tout joug et de toute violence. Caractères simples et naïfs, très-dévoués aussi à la religion, ces pauvres paysans se sont laissé entraîner à deux reprises par le clergé dans une croisade où ils avaient tout à perdre. Les Navarrais seraient plus sombres, plus for mes que leurs voisins de Bizcaye ; le type de la race semble aussi bien moins pur chez eux ; ils font du reste également d'excellents travailleurs et de vaillants soldats.
rva^nrro. — Pampe lune {22,000 hab.), place forte souvent prise et reprise; toute la campagne environnante est fort bien cultivée. Oh'te qui, plus heureuse que sa voisine Tafalla, a conservé les ruines de son ancien palais des rois de Navarre. Estellaj la ville sainte, la Mecque du carlisme.
Logroûo. Logrono (12,000 hab.), commande le passage de TEbre; Calaliorray fort ancienne ville, patrie de Quintilien.
Ala^a. — Vitoria (14,000 hab.), ville commerçante et industrielle, sur la ligne [du chemin de fer de Bayonne à Madrid; entrepôt d'échanges entre les provinces basques et la Caslille.
Bfxcaye. — Bilbao (30,000 hab.), commerce actif avec le Nouveau-Monde et l'Angleterre. En 1872, Texporlation du minerai de fer dépassait déjà 500,000 tonnes. .D'opinions libérales, Bilbao est célèbre par les quatre sièges qu'elle a soutenus ^ictorieusement dans les deux guerres cai listes. Guermca: là se trouve le chêne fameux à l'ombre duquel, de temps immémorial', se tient l'assemblée générale de la seigneurie deBizcaye. Bermeo et Lequeilio^ ports de pêche très-animés.
(;uf pnzcoa. — 5am^AS'eèasf^*e^^(15,O0Ohab.), port de Iralic et place de guerre; une des plus belles
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plages du monde qui attire chaque été un nombre considérable de baigneurs. Pasages, immense port naturel, qu'on a laissé s'envaser« mais d'où partaient autrefois des flottes entières. Azpeitia, où naquit saint Ignace de Loyola, fondateur de l'ordre des jésuites. Arechavaleta et Cestona, eaux minérales fréquentées. Vei^gara^ où fut signée la convention qui mit fin à la première guerre carliste. Fontaradie y en vue de la France, autrefois place de guerre importante, aujourd'hui déchue et détrônée par Irun,