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GROUPE VI

* Outillage et matériel des industries

méeaiiiq:ues«

Jusqu'ici Tobligation de faire venir de France et d'Angleterre même les moindres machines était un des caractères les plus frappants de l'industrie espagnole; aujourd'hui, bien que l'Espagne^ avec ses gisements si riches de minéraux utiles^ possède tous les éléments d'une fabrication perfectionnée, elle est encore sur ce point dans un état d'infériorité sensible vis-à-vis des grandes nations européennes. Néanmoins, quelques maisons, surtout en Catalogne, font 'preuve depuis quelques années d'une activité de bon augure : nous noterons les deux machines à vapeur de MM. Alexandre frères (Barcelone), la machine à vapeur horizontale, à haute et basse pression, de M. Portilla Wilhe (Séville), les hélices et le modérateur de M. Planas Junoy (Gerona). Signalons, dans un autre genre, les machines à coudre si remarquables de la maison Escuder (Barcelonnetle), d*un mouvement si doux. Les Philippines envoient un modèle de moulin à sucre; MM. Marrodan, de Logrono, dont les

ateliers sont les plus considérables du pays, exposent, outre diverses machines pour presser le vin et l'huile et nettoyer le cacao, une noria perfeclionnée pour irrigations. Introduite par les Maures, la noria s'est naturalisée en Espagne et y produit des merveilles; on la trouve partout, dans tous les jardins, dans tous les vergers; elle se compose d'une série de seaux ou de godets quiso remplissent et se déversent successivement au moyen d'un engrenage mû par un cheval; l'action d'un fouet artificiel, joint à la machine, maintient le cheval en activité sans qu'il ait besoin d'un conducteur. Quelques charrues, un soufflet pour soufrer les vignes, un scarificateur pour la destruction des sauterelles, de remarquables collections ide cardes et peignes à tisser de MM. Alberich Carrera et Mirapein (Barcelone), complètent l'exposition espagnole dans ce qu'elle a de plus saillant.

Dans la classe afi'ectée au matériel de la navigation, le modèle du débarcadère du port de Uuelva, exposé par la compagnie des mines de Rio-Tinto et le magnifique plan en relief de la digue de carénage, exécutée p»r M. Lopez de Madrid dans le port de Cadiz, représentent un travail considérable; il faut voir aussi les modèles d'embarcation qu'ont envoyés les Baléares et les Philippines. La fabrication des câhles et agrès pour navires nous a paru assez active et assez avancée : les cordes de toutes grosseurs,

sèches ou goudronDées, notamment celles de la maison Garriga deBarcelonnette, sont d'une solidité à toute épreuve.

Dans la sellerie et la bourrellerie, l'Espagne est la seule qui dispute à la France le premier rang. Un fabricant de Madrid, M. Rodriguez Zurdo, a exposé un harnachement complet pour cheval» en cuir jaune, et une selle de femme, l'un et l'autre merveilleijsement travaillés. La pureté du dessin, l'excellente confection des pièces, l'exécution très-habile du gaufrage sont de véritables tours de force qui, après avoir excité l'admiration chez les fabricants, éveilleront leur émulation et seront à coup sûr imités dans les autrôs pays. Quelques pièces de harnachement pour mules de M. Morales Ruiz (Jaen) sont bien confectionnées.

Les différents corps de l'armée espagnole sont représentés dans ce groupe; nous les passerons rapidement en revue, en donniant quelques indications sur leurs origines et leurs attributions.

Csardeii-UalleltardlerM. — Organisés pour la première fois en 1504, ils sont chargés de monter la garde à l'intérieur du Palais-Royal, tant sur l'escalier que dans l'antichambre de la demeure de S . M ; ils accompagnent et escortent le roi en temps de paix comme en temps de guerre. Leurs armes sont la hallebarde, l'épée et la carabine Remington qu'ils

portent toujours, sauf pendant les senices d'étiquette. Les places vacantes sont remplies par des individus des autres corps de l'armée, mais pour y être admis, il faut avoii^ donné des preuves irrécusables de bravonro.

Blat-Major. — Les examens d'entrée à l'école d'Etat-Major ont lieu tons les ans ; la durée de l'enseignement est de quatre ans pendant lesquels on passe de rinstruction théorique aux exercices pratiques, à Téquitation età l'escrime; du reste, les élèves, avant d'être admis comme lieutenants an service du corps, doivent faire un stage préalable dans les rangs de l'armée. L'écharpe bleue est le signe distinctif des officiers du corps; on garde pieusement dans un modeste monument celles qui ont appartenu aux officiers tombés sur le champ de bataille.

La mission du Dépôt de la guerre est de rassembler, classifier et mettre en ordre les travaux géographiques, statistiques et historiques, ainsi que les documents d'art, de science et d'histoire militaire, tant espagnols qu'étrangers. Il se divise en section topographique et en section d'histoire; il a des ateliers de lithographie, une photographie et une imprimerie desservis par des individus de l'armée. Nous remarquons parmi ses travaux : les douze plans relatifs aux principales opérations de la dernière guerre civile, Vltinéraire descriptif militaire de l'Espagne (8 volumes), récompensé à Vienne et à Philadelphie, qW Atlas de la giœi^e d'Afrique^ publié

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par ordre royal. La collection àes Vues des Provinces Basques par D. Juan Velasco, brigadier, pour servir à riiistoire de la dernière guerre civile, est faite avec un soin et une hat)jleté qui méritent tous les éloges.

ArtillerM*. — L'inauguration du Royal Collège des Elèves {Caballeros Cadetes) eut lieu le 16 mai 1764 dans TAlcazar historique de Ségovie.Ce collège a remplacé différentes écoles d'artillerie qui avaient été établies sur plusieurs points de la Péninsule et dont la plus ancienne que Ton connaisse est celle fondée à Séville en 1591. Après la destruction de TAlcazar par un incendie, le 6 mars 1862, on établit le collège dans le couvent de San-F-rancisco où il est encore aujourd'hui. Le nombre des élèves est de deux cents; les études durent quatre ans, et les élèves sont nommés, sous-lieutenants à la fin de la seconde année.

La Pyrotechnique militaire de Séville, créée en 1846 pour la fabrication des capsules à percussion, a aujourd'hui à sa disposition les éléments nécessaires pour la fabrication des cartouches métalliques, des fusées, des étoupilles et des feux artificiels de toutes sortes. Objets exposés : cartouches pour fusils Remington et Bardan, pour revolvers Smith et Lefaucheux, fusées à percussion, fusées à temps, étoupilles à friction et étoupilles électriques.

La fonderie de bronze deSéville, occupe, hors des murs de la ville^ un grandiose et solide édifice dont la

construction Tut commencée en 1757. C'est le seul établissement qui produise des pièces d'artillerie en bronze; en outre, il a un grand «telier pour la fabrication des munitions d'arlillerie. Objets exposés : obus de différents calibres, un canon en bronze comprimé de 9 centimètres et se chargeant par la culasse.

Les ateliers d'artillerie de Séville ont été établis en 1587 dans une partie de Tédiflce qu'ils occupent encore aujourd'hui. On y construit tout le matériel en bois de l'artillerie, et les harnachements d'attelage. Deux modèles de ces derniers ont été exposés : l'un de bataille et l'autre de siège.

Le fer et les lames d'Espagne étaient connus en France au moyen âge; nos anciens inventaires, nos livres en font mention. Les lames de Tolède étaient également très-estiméesen Angleterre; c'était l'arme qu'Othello gardait dans sa chambre ; l'infante Catherine d'Aragon,. fille des Rois Catholiques, en envoya plusieurs en présent à^ son mari Henri YIII d'Angleterre.

Depuis l'année 1863, on a concentré à Oviedo la fabrication des armes à feu portatives dont une parlie se faisait autrefois à Trubia. La fabrique d'Oviedo est admirablement outillée et s'occupe surtout de confectionner les diverses pièces de l'armement Reminglon, aujourd'hui réglementaire. En effet le fusil itemington a fait ses preuves pendant la dernière guerre carliste ; il est solide et facile à

manier, il a Tavantage inappréciable de servir longtemps sans exiger de réparations, enfin il n'a pas besoin d'être démonté et il suffît de frotter extérieurement la culasse avec un linge graissé pour le tenir en état.

La fabrique de Trubia, qui fut, si Ton peut dire, le premier berceau de l'industrie métallurgique dans les Asturies, a dû beaucoup à l'activité et à la science de D. Antonio de Elorzi, chargé dès 1844 de la direction, et mort, il y a peu d*années^ avec le grade de général. Située sur les bords de la rivière Trubia, entourée d'arbres magnifiques, l'usine avec ses vastes proportions, offre un aspect vraiment saisissant. Là se trouvent d'immenses atelier^, des magasins, des bureaux, une caserne pour la troupe, des logements pour l'administration, des écoles élémentaires de géométrie^ de mécanique et de des* sin, une bibliothèque contenant 2,500 volumes d'ouvrages scientifiques; tout à côté une belle cité ouvrière de plus de 300 maisons, canfortablement bâties, où logent avec leurs familles les mille ouvriers de la fabrique ; et avec cela un marché, un lavoir, des bains, un hôpital, une église; rien n'a été négligé de ce qui pouvait assurer tout ensemble le bien-être matériel, moral et intellectuel de la population ouvrière.

A cet établissement appartiennent dans les districts de Riosa et de Morcin (Asturies) de nombreuses et abondantes mines de houille, comme aussi

une riche mine de fer dans le district de San- Adriano. Il dispose de tous'les nnoyens nnécaniqnes nécessaires pour la fabrication des canons en fer fondu fretté, des montages en tôle de toute espèce et des projectiles en acier et en fer fondu ; on y fabrique au<«si des fers fondus et des aciers puddiés, cémentés et fondus, des limes et môme des briques réfractaires. Des échantillons de tous ces produits ont été exposés et f«jrment une collection des plus intéressantes, depuis les matières premières lelles que l'argile, la houille et le minerai de fer, jusqu'à un beau canon de 45 centimètres en fonte, cerclé en acier puddlé et se chargeant par la culasse.

Les épées et les poignards espagnols étaient déjà très renommés dans l'antiquité; Gratins Faliseus, ami d'Ovide, parle dans son livre sur la chasse du cullrum toledanum ou couteau tolédan que les chasseurs portaient à la ceinture. La fabrication des épées dut continuer à Tolède sous la domination des rois Goths : du moins était-elle en vigueur au xi^ siècle sous Abder-Rhaman.

Cette industrie n'était pas autrefois centralisée dans une fabrique unique; les espaderos t'-availlaient chez eux, mais comme la plupart des gens de métier des villes d'Espagne, ils étaient réunis en corporation. Plusieurs rois de Castille accordèrent à la corporation des espaderos de Tolède différents privilèges, tels que l'exemption de divers impôts et droits qu'entraînaient la vente des épées, l'achat du

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fer, de Tacier et d'autres matières premières ; ces privilèges furent même étendus à certains métiers qui se rattachaient à la fabrication des lames comme les fourbisseurs et les gaîniers.

L'acier employé par les espaderos de Tolède provenait d'une mine de fer spathique située à une lieue de Mondragon dans le Guipuzcoa. On n'est pas bien sûr qu'ils possédassent des secrets particuliers pour la trempe de leurs armes; quelques-uns pensent qu'ils se bornaient à employer l'eau du Tage ainsi que le sable blanc et fin que le fleuve roule dans son lit : quand le métal était rouge et commençait à jeter des étincelles, on le découvrait un instant et on l'arrosait avec le sable pour le refroidir; puis la lame formée, on la faisait à deux reprises chauffer jusqu'au rouge cerise et on la plongeait successivement dans l'eau froide et dans la graisse de mouton.

Les espaderos de Tolède avaient leurs marques de fabrique dont quelques-unes sont restées fameuses; plusieurs travaillèrent aussi dans difiérentes villes^ comme Cordoue, Calatayud, Madrid, Badajoz, Valladolid, Bilbao... A Tolède, au milieu du XVII" siècle, la fabrication des épées était encore florissante : celles dont on se servait à cette époque étaient appelées épées de golilla parce qu'elles accompagnaient l'énorme fraise, accessoire obligé du costume espagnol; la lame était d'une longueur démesurée et l'usage en était si général que jusqu'aux « hommes de boutique » la portaient.

L'introduction du costume français vers la fin du xv!!"* siècle porta un coup fatal à l'industrie tolédane. Dès 1667 un voyageur afdrme, qu'entre autres objets, l'Espagne recevait de Normandie et de Bretagne de la quincaillerie et des lames d'épée. Charles m, qui fit tantd'eflorts pour encourager les manufactures espagnoles, résolut de relever l'ancienne industrie des espaderos et fit construire la fabrique encore existante. Sans doute la vieille réputation des armes de Tolède était bien tombée puisque le roi fut obligé de faire venir de Valence pour diriger les travaux un forgeur d'épées, nommé Luis Calesto, qui passait pour un habile homme.

La fabrique d'ariiies est située &ur là rive droite duTage, à deux kilomètres environ de Tolède; c'est un grand bâtiment très-simple de forme rectangulaire qui porte la date de 1780. Elle est ouverte aux étrangers, et l'on peut constater que Tes anciens procédés sont aujourd'hui abandonnés tant pour la forge que pour la trempe; ainsi le fer qu'on emploie vient en partie d'Allemagne; pou^* le reste, on ne se sert plus de sable et de suif de mouton, mais de savon et de cette espèce de boue que produisent les meules â aiguiser. D'ailleurs les armes sont toujours d'excellente qualité, comme l'attestent les fortes épreuves auxquelles on les soumet. Ces épreuves sont de trois sortes; la première est celle du « coussin » : on force la lame sur un coussin fixé à un support droit, la doublant depuis la garde par ses

deux côtés;, la seconde, est celle du aplomb » : on prend Tépée par la garde avec la main droite, on appuie la pointe sur une planche en plomb fixée à terre et on la force à prendre une courbure trèsapprochée du demi-cercle, proportionnellement à ses différentes épaisseurs. Enfin la troisième, celle du a casque », consiste à donner trois forts coups d'épée sur une masse d'acier qui représente un casque placé au sommet d'un chapeau rempli de bourre et cousu à un coussin de laine, le tout fixé sur une table, à hauteur convenable pour que i'épée en frappant garde la ligne horizontale. Une autre épreuve consiste à enrouler la lame sur ene-même comme un serpent, au moyen de barres de fer, pour qu'elle reprenne ensuite sa forme droite. Nous avons assisté à plusieurs de ces expériences faites sur les armes exposées au Champ de Mars et Ton peut les dire concluantes.

L'établissement destiné aujourd'hui à la fabrication des armes blanches de l'armée dépend du corps d'artillerie depuis 1777, mais il fabrique aussi pour les particuliers. Son exposition fort curieuse contient, outre un trophée formé des modèles des différentes armes d'ordonnance pour généraux, offlciers ou soldats, une double panoplie établie à droite et à gauche.

La première, portant au centre l'écusson de Tolède gravé sur planche d'acier, est composée d'armes précieuses, copiées sur les originaux de l'Ar-

meria real de Madrid» Elles valent la peine d'être énumérées. Ce sont : Tépée du roi Pelage, la Coladay épée du Cid, Tépée de Ferdinand III le Saint, presque large comme la main^ la grande pertuisane de Pierre P' de Castille, au manche en bois de grenadier, muni à l'extrémité d'une lame d'épée espagnole et de deux lames courbes, Tépée d'Isabelle la Catholique, l'épée du grand capitaine, Gonzalve de Gordoue, l'épée à deux mains de l'empereur Charles-Quint avec la fameuse devise : Plus ultra^ l'épée de Philippe 11^ lame allemande damasquinée d'or, l'épéeide Philippe IV, lame serpentée avec garniture à tasse travaillée à jour, la miséricorde de Diego Garcia de Paredes, le poignard de D. Juan d'Autriche, sorte de stylet florentin, le poignard et la masse d'armes de Charles-Quint, l'un avec la croix et le pommeau en fer doré, l'autre ornée au manche d'aigles impériaux, la poignée facettée en pointe de diamant et gravée.

La deuxième panoplie, portant au centre l'écusson royal d'Espagne ciselé sur planche d'acier, se compose d'une ha*llebarde italienne, d'épées, de sabres et de poignards de fantaisie, de couteaux de chasse, etc. Toutes ces armes sont magnifiquement ciselées, gravées, émaillées, damasquinées en or et en argent.

Créé en 1803, le musée d'artillerie contient aujourd'hui une nombreuse collection d'armes anciennes et modernes de toute espèce, beaucoup d'ob-

jels d'un grand mérite hîstotique, plus une foule de modèles, sur petite échelle^ parfaitement exécutés dans les ateliers de rétablissement. Le musée pré* sente à l'exposition comme un résumé de l'histoire de l'industrie militaire espagnole depuis les temps les plus reculés jusqu'au siècle dernier, en même temps que divers échantillons des productions de ses ateliers. Nous avons remarqué surtout deux épées tolédanes du xvi^ et du xyii"" siècles, l'une avec la marque de Sébastian Hernandez el viejo, l'autre avec celle du fameux Toinas Ayala, un mousquet à mèche, une arquebuse à rouet, un tromblon mauresque, au bois orné d'incrustations de nacre, d'ivoire et de pierres fines, un fusil de chasse à canon rotatoire de 1708, une mitrailleuse à silex de 7 canons et de 224 coups du commencement de ce siècle; puis encore des pièces d'artillerie des types les plus caractéristiques : une bombarde en fer du XV* siècle^ provenant de l'Alcazar de Ségovie, une couleuvrine en fer forgé de la même épo'que, un petit fauconnet du xvi® siècle ; comme modèles, un canon de 28 centimètres et un obusier de 21, tous deux sur leur affût de place, exécutés le premier à l'échelfe d'un cinquième, le second d'un dixième pour cent.

csénie militaire. Ce corps entretient à Guadalajara une école spéciale où se forment les officiers, des ateliers qui sont comme une école d'application pour les ouvriers des régiments et servent

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en même temps à la construction du matériel, une brigade de topographie pour le tracé de plans des places, frontières, côtes et autres points intéressants du territoire, enfin une direction générale, y compris quelques dépendances importantes comme le dépôt général topographique et le musée.

Gréée elle aussi en 1803, placée d'abord à Alcala de Henarès, fermée, transférée, réformée à plusieurs reprises, TËcole du génie fut installée définitivement en 1833 à Guadalajara où elle est encore aujourd'hui; l'édifice récemment réédiûé, répond, par son ampleur comme par sa distribution , à toutes les nécessités. Les élèves y sont au nombre d'environ 200 et l'enseignement comprend actuellement cinq cours, mais au bout des trois premiers, si l'élève en a bien profité, il est admis comme sous-lieutenant et jouit de la solde et des honneurs de cet emploi. Les objets envoyés par l'académie consistent en travaux exécutés par les élèves, plus un certain nombre des modèles contenus dans les cabinets et exécutés par des ouvriers du corps sous la direction des professeurs : deux modèles du front de fortification, l'un selon Prosperi (1744), l'autre d'après Arroquia (1867), un modèle de la casemate Bernaldez, d'une poutre composée d'un phare en fer très-curieux, etc.

La brigade topographique se compose en grande partie d'individus de la troupe appartenant au corps du génie; admis après examen, ils acquièrent suc-

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cessivement , sous la direction d*ofôciers instructeurs, la pratique du dessin et du levé des plans; les classes durent du commencement du mois de novembre à la fin du mois de mars et n'occupent pas moins de huit heures et demie par jour. L'exposition de la brigade consiste en trois immenses plans, admirablement bien faits, de la place de Cadiz.

Les ateliers se partagent en plusieurs sections, pour les menuisiers, les charrons, les maréchauxferrants, les serruriers, outre un local spécialement réservé aux machines à vapeur. Pour donner une idée de leur importance, il suffit de dire que presque tous les objets qui forment les parcs de campagne, tout le matériel des ponts, celui qui a été détruit dans la dernière guerre, ont été fabriqués dans rétablissement môme, sans autres ouvriers que les siens, avec une célérité qu'il eût été presque impossible d'obtenir de l'industrie privée ; d'autre part, plusieurs sections d'ouvriers ont accompagné les armées d'opération en campagne pour faire les réparations nécessaires au matériel des parcs. Cet établissement expose, entre autres choses, un mantelet avec l'intérieur en bois, deux épaisseurs en drap et deux planches en acier, dont la pratique a constaté les bons effets.

Le musée du génie possède aujourd'hui 3,700 modèles en relief représentant des places fortes, des fronts de fortification, des constructions militaires et civiles, etc., ainsi qu'un cabinet technologique

avec des échantillons de tous les matériaux de construction employés dans les différentes provinces d'Espagne et d'outre-mer. Parmi les différents modèles construits dans les ateliers dû musée, il faut citer celui de la caserne du Principe-Pio à Madrid, celui d'un blockaus fait avec des rails et imaginé dans la dernière campagne, ceux des fortifications de Bilbao et de Saint- Sébastien et enfin le projet grandiose de la conduite d'eaux des sources de Yento à la Havane.

Mentionnons parmi les publications des officiers de ce corps le Mémorial du géniey revue scientifiqitc militaire (33 vol. in 4°, avec planches), la Conduite des eaux de* Venta à la Havane^ par D. Francisco Âlvear, général de brigade, la Carte murale d'Espagne et de Portugal^ par D. Francisco Coello, colonel, un des plus savants -géographes de l'Europe entière; n'oublions pas non plus la Collection de dessins à la plume d'un sous-lieutenant élève de l'académie ; ces types de l'armée espagnole sont enlevés avec beaucoup de vigueur et d'esprit.

lufanierle. L'académie d'infanterie, correspondant à notre école militaire deSaint-Cyr, occupe l'illustre Alcazar de Tolède réparé et approprié à sa nouvelle destination; le nombre des élèves est de 600 ; les enfants et les orphelins des militaires peuvent être admis dès quatorze ans; du même établissement dépendent une école centrale de tir, instituée en 1855, et un asile pour les orphelins de l'infanterie

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ouvert en 1871 par souscription volontaire de toute l'armée.

Cavalerie. L'école est établie à Yalladolid, l'ancienne capitale du royaume de Gastille, dans un vaste édifice ; les élèves sont au nombre de 120.

Douaniers. Créé pour empocher la contrebande sur les frontières et sur les côtes de la Péninsule, ce corps est sous les ordres du ministère de la guerre pour ce qui touche à son organisation, à sa discipline, et sous les ordres du ministère des finances, quant à son service spécial. Du reste, leur rude service, leur profonde connaissance des lieux, font de ces douaniers comme des nôtres, d'excellents soldats en temps de guerre ; ils prennent part aux hostilités organisés en bataillons qiiand le gouvernement le croit convenable.

Gendarmeai. Ce corps qui date de Tan 1844 et dont la devise est elhonor, n l'honneur, » passe à bon droit pour l'un des plus aimés de l'armée espagnole. Un collège établi à Valdemoro, à 27 kilomètres de Madrid, reçoit les enfants ou les orphelins des anciens gendarmes; en dehors des connaissances obligatoires on leur donne la faculté d'apprendre la musique et môme un métier. Ce corps dépend du ministère de la guerre pour tout ce qui concerne l'organisation, la discipline, le matériel et la solde, mais pour le service et le logement il obéit au ministère de l'intérieur.

Administration militaire. Celte institulion.

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qui sous différentes formes existe en Espagne depuis le XVI* siècle, a pour mission principale de pourvoir à tous les besoins de Tarmée et du soldat pour tout ce qui est des vivres, des effets et de l'argent ; elle est dépositaire du matériel de guerre et représente Tétat ] dans la possession des édifices militaires ; enfin elle -^ contrôle les comptes du budget de la guerre et les remet à la cour des comptes du royaume. Après bien 1 des péripéties, l'Ecole d'administration a été transportée par ordre royal du 1*' mai 1875 dans la ville d'Avila; les cours durent deux ans et les élèves sont actuellement au nombre de 131 ; cette école présente certains modèles pour faciliter l'enseignement, comme séparateur pour le nettoyage des grai- i nés, pétrin mécanique, four provisoire de campagne, j tente-abri, mulet de charge. Quelques intendances -ê militaires exposent aussi des échantillons tirés de J leurs magasins, tels que blé, farine, pain^ maïs, riz, -j pois chiches, haricots, fèves, orge, caroubes, paille, "j huile d'olive pour l'éclairage, sparte pour les lits ;^ militaires, charbon de chêne et charbon végétal. J Ouvrages dus aux officiers du corps : Mémoire sur ^ l'organisation de l'administration dans plusieurs ar- f\ mées de l'Europe^ par D. Auguslo Muiioz y Madrid, J commissaire de la guerre de deuxième classe ; Col- \\ lection législative militaire y par D. Eduardo Régnera ';| y Urrutia, officier en second. '^

Sanlé militaire. Les premières dispositions tendant à régulariser le service] sanitaire de l'armée

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espagnole rcmonlentaii 8 avril 1739; c'est Tépoque où fut publié le règlement des hôpitaux militaires. Ce corps se divise aujourd'hui en deux sections, Tune de médecine et de chirurgie et l'autre de pharmacie, ayant sous leur direction et leur responsabilité immédiate les hôpitaux militaires et les ambulances. Indépendamment de la direction générale, existant chez lui comme dans les autres corps de Tarmée, il comprend une école d'application de médecine militaire, un musée anatomique, un parc sanitaire central, les parcs des districts, un laboratoire central et une brigade sanitaire. Le parc sanitaire central a pour but d'étudier et d'élaborer toute espèce d'appareils, en vue des soins à donner aux blessés, comme aussi de construire le matériel sanitaire nécessaire à l'armée espagnole. Il expose, entre anires choses, une pharmacie portative et un magasin d'effets de chirurgie, un brancard-litière et un brancard de campagne.

Invalides. La première organisation de ce corps remonte à l'année 1717 ; plusieurs règlements se sont succédé jusqu'en 1838; à cette époque fut inauguré l'asile qu'il occupe encore aujourd'hui, et où tout individu peut se faire admettre, sans distinction de catégorie ni de nationalité, à la condition d'être devenu infirme au service de l'Espagne. C'est un ancien couvent de dominicains, construit au xvi® siècle, sur l'emplacement d'un sanctuaire du temps de la reconquête et qu'on a essayé d'approprier le mieux

possible à sa nouvelle deslinalion ; néaDmoins le besoin d'un édifice plus convenable se fait impériensoment sentir.

En terminant cette revue de Texposition si complète du ministère de la guerre, disons quelques mots de ces mannequins fort soignés, qui représentent au naturel les soldats espagnols des diverses armes et auxquels les visiteurs semblent tout particulièrement s'intéresser. C'est d'abord un hallebardler royal que son arme aux découpures hétéroclites et son habit à parements rouges font ressembler étrangement à un suisse de nos églises; après lui quatre cavaliers démontés : un soldat de l'escorte royale, avec casque, habit bleu foncé, culotte en tricot blanc et bottes à l'écuyère, un lancier portant la lance (les trois quarts de l'efTectif seulement sont ainsi armés, le reste a la carabine), un chasseur et un hussard ; — deux fantassins : un soldat de ligne en grande tenue, pantalon garance et tunique bleue, lout à fait comme le soldat français, sauf que la coiffure en drap gris, un peu basse, tient le milieu entre le képi et le shako ; un chasseur en tenue de marche, les alpargatas aux pieds ; — puis viennent deux soldats des régiments d'artillerie, un conducteur du train des sapeurs-mineurs et un soldat des télégraphes, tous deux avec un mulet chargé ; on sait que le mulet est adopté de préférence au cheval pour le service de l'artillerie espagnole et, de fait, dans ce pays difficile, il rend de réels services par son agilité, sa force

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de résistance, sa sobriété ; pour terminer, un garde civile peu différent de nos gendarmes, un douanier, un soldat d'administration, un ambulancier et un invalide. Ces différents corps se distinguent les uns des autres par la coupe des vêtements, la couleur des passe-poils ou la disposition des galons.

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