‹ L'Espagne et Napoléon (volume 2)Chapitre 33 sur 78 · LB RATBIL D'UN PEUPLE · texte numérisé non relu

LB RATBIL D'UN PEUPLE

cieuBemenL rejoindre, de l'autre cAté, leurs camarade* du régiment de Beding et désertent la mauvaite fortune. Cette débandade achève ta démaraliaation . 11 n'y a plus de combattants, mais des maraudeurs qui cherchent en désespérés un ruisseau pour étancher leur soif. Le combat avait commencé A trois heures et demie du malin (I), il était midi (2), le quart des hommes engagés jonchait la plaine. Dupont, blessé, énervé, inquiet à la pensée de voir déboucher d'un moment k l'autre derrière lui Castenos qui le prendra entre deux feui, se trouble et frémit; il envoie le capitaine de Villoutreys, qui joint au prestige d'être écuyer de l'Empereur le mente de parler l'espagnol, vers le général Reding, afin de tenter de suite le meilleur accommodement. Une suspension d'armes c'est une dernière chance, elle peut sauver bien des choses ; son parlementaire va la demander aux Espignols que cetaveu d'impuissance étonne, enchante et enivre. Déjà ils ne parlent plus d'armistice mais de reddition, les plus acharnés crient : ■ A discrétion I ■

Pendant que l'on part sur la route de gauche chercher Castaiios aBn de débattre les conditions, sur la roule de droite arrive enfin Védel qui, réveillé le matin au bruit du canon, a mis cinq heures pour faire douze kilomètres et gaspillé son temps en haltes inopportunes. Il trouve entre ses camarades et lui un obstacle imprévu : le corps du général Reding fci^ mant la boucle de l'anneau qui enserre Dupont; les officiers espagnols lui annoncent des pourparlers; il n'y veut pas croire et enlève un de leurs bataillons; ils crient, un peu brusquement, à la trahison. Dupont, averti, conclut que cette reprise d'hostilités compromet la négociation en cours, question de vie ou de mort pour lui; il fait dire à Védel

(1) Journal de don Juan BouUgny. A. F. IV, 1606.

<2) Uitrc de DutKint à gavary, 2Ï juillet 11)08. A. P. IV, 1606, 5* dtxuer,

sa détresse et lui prescrit de demeurer en repos. Son BubordoDué a dû reconnaître le bien fondé des ordres de son chef, car, par la route demeurée libre derrière lui, il ne s'échappe pas. S'il peut encore tenter une lutte, il croît qu'elle sera sans issue heureuse, et il calcule qu'il ne sauvera pas plus de 1,500 hommes de sa division en face de milliers d'ennemis postés dans ces défilés. 11 acquiesce donc aux conditions qui lient son sort à celui de Dupont, lequel lui ordonne forroetlement de reprendre ses positions de la veille au soir « pour ne point gAler tout ce qui était déjà fait ■>.

Pendant deux jours entiers, — 20, 21 juillet, — dans une aubei^e à mi-chemin sur la grande route d'Andujar, on discute. Dupont qui semble éperdu a envoyé comme négociateur le général de brigade Ghabert qu'accompagne le capitaine de Villoutreys, très remuant et empressé. — Il a prié de se joindre à eux un personnage que sa mauvaise étoile a conduit sur ce théâtre de malheur : M. de Marescot, inspecteur général du génie (I). " Personne, lui dit-il, n'est plus en état que vous d'adoucir notre sort. » — En effet, Marescot connaît Gastanos, sa valeur militaire est indiscutable, son impartialité sera plus libre puisqu'il n'a pas pris pari aux opérations de Dupont, enfin, il est persona grata auprès de Napoléon, qui l'apprécie depuis le siège de Toulon, vient de le nommer comte de TEmpire, et d'accorder une place de dame du Palais à sa femme, parente de l'Impératrice. Le général Marescot tout d'abord a décliné cette commissions) pénible pour un officier français; enfin,ju8tement parce qu'on lui fait remarquer qu'il

(1) Armand Samuel de Marttcot (t758-183S), cipiliinc du génie aruit la Révolution. Se diitingua aux liègea d'AnTen, Lille, TouIod, Maubeuge. Ltadrecie*, MsëKrîcht. Gênerai de dïviiioD (1704). Premier Inapecteur général du génie (1800), Envoyé pour eiamïner tel placei forie* d'Etpagne, il le trouva par haaard i (émoia • ï la aignature de la capitalatioD de Dayleu ; deatilué sana cauie et empriaonni aani jugement (1808) ; rétabli dana *e* grades par Louit XVIII ; appelé au aerric par Napoléon lui-même aux Ceot- Joun. Pair de France (ISIV). Membre de l'Académie dea Sciencei,

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