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INTÉRIEUR DE LA CATHÉDRALE DE SÉVILLE (page 313).
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ï structions arabes dont quelques parties ont été su (
se les portes sont encore ornées d' énormes a/dabones (heurtoirs) e bronze qui “détent au. du treizième sièle. Non loin de là est la Lonja (Bourse), bâtiment assez majestueux, “fréquenté antrefois par les marchands de Séville, et qu'Andrea Navagiero Li” bel rédotto 5 d Siviglia. | | La cathédrale est entourée de Hits marches, — /as gradas,— sur lesquelles on des des colonnes de marbre provenant de l’ancienne Hispalis. On pénètre dans l'édifice par plusieurs portes, parmi lesquelles il faut citer la puerta del Perdon, où du Pardon, qui a conservé ses chapas ou plaques de bronze du temps des Arabes ; la puerta del Lagarto,— du Lézard, — ainsi appelée à cause d'un crocodile de bois suspendu au-dessus de l'entrée, et qui remplace celui qui fut envoyé à Alonso el Sabio par le soudan d'Égypte quand il lui demanda la main de sa fille. ‘La cathédrale, la merveille de Séville, a probablement donné naissance au dicton si connu :
Quien no ha visto à Sevilla, No ha visto à maravilla.
» Qui n’a pas vu Séville, n’a jamais vu de merveille. »
Rien ne saurait donner une idée de l'impression qu'on éprouve en pénétrant dans l'immense nef ; il n'existe pas au monde, que nous sachions, une église gothique aussi vaste, aussi grandiose, aussi imposante. L'annaliste Zuñiga raconte que, lorsque en 1401 la construction du monument fut arrêtée, on convint d'élever un monument tellement beau, qu'il n'eût pas son pareil; un des chanoines s’écria en plein chapitre :
« Fagamos una Iglesia tan grande, que los que la vieren acabada nos tengan por locos ! »
« Faisons une église assez grande pour que ceux qui la verront achevée nous tiennent pour fous ! »
Vous n’étiez pas des fous, bons chanoines de Séville, mais des sages, car vous avez doté votre pays d’une des plus merveilleuses églises qu'on puisse voir!
La cathédrale est divisée en cinq nefs, dont la hauteur donne le vertige ; les piliers qui supportent la voûte, bien qu’en réalité d’un diamètre énorme, sont tellement élevés, qu'ils font, au premier abord, l'effet de frêles colonnes ; le chœur, placé au milieu de la nef principale, à les dimensions d'une église ordinaire. Les accessoires mêmes, par leurs proportions colossales, sont en harmonie avec le reste de l'édifice : ainsi le monumento, énorme temple de bois qu'on élève à l'intérieur pendant la semaine sainte, et qu'on illumine en y exposant le saint-sacrement, n'a pas moins de cent trente pieds de haut; la fameuse custodia d'argent est probablement la plus grande pièce d’orfévrerie qui ait jamais été exécutée; c’est l'ouvrage d'un des plus célèbres orfévres espagnols, Juan de Arfe y Villafañe, qui en a lui-même donné la description dans un curieux in-folio imprimé à Séville en 1589. Le cierge pascal, — cério pascual, — qu'on prendrait pour une colonne de marbre blane, a nee pieds de haut et pèse, dit-on, plus de deux mille livres de cire.
N'oublions pas un saint Christophe colossal peint sur une des parois par un artiste italien du seizième siècle, que les Espagnols appellent Mateo Perez de Alesio; lesaint, dont la hauteur atteint
trente-deux pieds, a pour He un arbre de grandeur ordinaire, et l Enfant-Jésus qu'il porte sur 40 |
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4 AT AY Ô ) e pe inture achnevee en 1904
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La Sala Capitular et la san Mayor renferment quelques bons tableaux de Murillo ; nous y remarquâmes aussi quelques objets d'art du moyen âge et de la Renaissance, dignes d’exciter l'envie des collectionneurs les plus difficiles. La cathédrale possède le fameux saint Antoine de Padoue, de Murillo, une des plus grandes et des meilleures toiles du peintre de Séville. Disons adieu aux merveilles sans nombre du grand temple catholique : à quelques pas seule-
ment s'élève l’Alcazar, le plus remarquable, après l'Alhambra, des palais légués à l'Espagne par les
musulmans.
Les origines de l'Alcazar ne sont pas parfaitement connues : suivant l'opinion la plus répan-
due, il fut commencé au onzième siècle par un architecte arabe venu de Tolède, et des ouvriers qui avaient travaillé aux décorations de l'Alhambra auraient été envoyés de Grenade pour exécuter les ornements de stuc. Quoi qu'il en soit, il ne reste plus aujourd'hui la moindre trace de la construction primitive qui devait être, suivant toute apparence, de ce style arabe si noble et si majestueux, dont la mosquée de Cordoue offre le plus beau spécimen. Au-dessus de la façade princi- pale, nous Iûmes cette inscription en grandes lettres gothiques, d’une forme particulière à l'Espagne, et qu'on prendrait au premier abord, à leur aspect archaïque et majestueux, pour des caractères coufiques de la plus ancienne époque :
El muy alto, y muy noble, y muy poderoso y conquistador don Pedro, por la gracia de Dios rey de Castilla y de Leon, mandô facer estos Alcdzares y estas façadas que fué hecho en la era mil cualrocientos y dos.
«Le très-haut, très-noble et très-puissant et conquérant don Pedro, par la grâce de Dieu roi de Castille et de Léon, ordonna de construire ces Alcazars et ces facades, ee qui fut fait en l'ère de mil quatre cent et deux. » Cette curieuse inscription fait voir qu'une grande partie du monument fut construite sous le règne de Pierre le Cruel; c’est précisément à cette époque que furent exécutés les travaux les plus importants de l'Alhambra, et le roi de Castille, qui entretenait parfois des relations amicales avec les Mores de Grenade, fit venir de cette ville les ouvriers qui furent chargés de la décoration de son palais.
Charles-Quint, à l'occasion de son mariage avec doûa Isabelle, infante de Portugal, fit ajouler à l'Alcazar de nouvelles constructions de style gréco-romain qui existent encore, et dont l'aspect lourd contraste singulièrement avec la légèreté capricieuse de l'architecture moresque. Plus tard, des additions maladroites furent faites à l'édifice, et les délicates arabesques de stuc disparurent presque entièrement sous d'épaisses couches de badigeon. Les auteurs espagnols du sitele der-
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