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boissons, le 1 neig ge donne une eur Dose tbe + des Ma de ainsi il | ya l'agras, qui se fait avec le verjus et qu'on mélange avec une espèce de sirop, — - almébar ; la : sarzaparilla, infusion de salsepareille ; la cédra et la naranja, qui se font avec le | jus du citron et de l'orange ; l'orchata de almendra, qui n’est autre que notre orgeat; le malvabisco, boisson à la mauve, et autres rafraichissements qui peuvent paraître quelque peu anodins, mais qui, sous un climat brûlant, sont infiniment préférables à l'absinthe et aux autres liqueurs du même genre.
Le quartier de la Macarena, dont nous avons parlé plus haut, est comme le faubourg Sairit- Antoine ou la place Maubert de Séville; il n’est guère habité que par des gens du peuple, qui ont peu | de contact avec les autres quartiers, et conservent avec soin les mœurs et les costumes andalous ; aussi, quand on veut parler d’une jeune fille qui n'a rien perdu de la désinvolture propre aux Sévillanes de la basse classe, on dit una moza où una jembra Macarena.
L'Alumeda de Héreules, une des plus anciennes promenades de Séville, peu fréquentée aujourd hui, doit son nom à une statue d'Hercule placée au sommet d'une haute colonne et faisant pendant à celle de Jules César; une autre Alameda, celle de las Delicias, qu’on appelle aussi /a Cristina, étend ses ombrages jusqu'aux bords du Guadalquivir, à peu de distance de la Torre del Oro.
N'oublions pas le Mercado, où nous faisions le matin de fréquentes promenades; rien ne donne mieux l'idée de la fertilité de l’Andalousie, qu'une promenade au marché de Séville : Les melons verts aux dimensions énormes sont empilés avec symétrie, comme les boulets dans un arsenal, sous les grands /endidos aux raies bleues et blanches qui abritent les acheteurs de l’ardeur du soleil ; les oranges, les citrons, les grenades aux brillantes couleurs s’entassent à côté d'oignons gigantesques, de tomates et de piments rouges comme le vermillon, et d'énormes grappes de raisin à la couleur ambrée font penser à la terre promise ; aussi at-on appliqué à la capitale de l'Andalousie le même refran populaire qu'à Grenade : « Quand Dieu aime bien quelqu'un, il lui permet de vivre à Séville. »
A quien Dios quiere bien, En Sevilla le dà de comer.
La Giralda, cette merveille qui fait battre le cœur de tous les enfants de Séville, mérite, sous bien des rapports, la réputation qui lui a été faite ; on peut dire que cette haute et magnifique tour est unique en Europe ; le beau campanile de Saint-Marc à Venise, construit à peu près à la même époque, est peut-être le seul monument qu'on puisse lui comparer. Les Sévillans, dans leur enthousiasme, vont jusqu'à mettre leur tour en parallèle avec les pyramides d'Égypte, et ils l’appellent la huitième merveille du monde, la mettant au-dessus des sept autres merveilles :
Tü, maravilla octava, maravillas À las pasadas siete maravillasæ
«Le meilleur pays de l'Espagne, dit un ancien auteur sévillan, c'est celui que baigne le Bétis
1 te
(Guadalquivir, et parmi les pays que parcourt le Bélis, le meilleur est celui que domine Ja Giralda, » FA f | | La mejor tierra de España Aquella que el Betis baña ;
De la que el Betis rodea, La que la Giralda ojea,
Les Sévillans se plaisent à raconter la repartie d'un de leurs compatriotes au sujet de Ja Giralda : il s'agit d’un étranger, Français ou Anglais, qui venait de la voir pour la première fois et qui ne trouvait pas de termes assez expressifs pour traduire son admiration :
« Puez, zeñ0, $ écria l'Andalou dans son dialecte, et avec son accent aussi prononcé que celui des Marseillais, no crea uzté que lu han traido de Pariz ni de Londrez, que tal cual uzté la vé, la hemoz hecho acd en Zeviya!»
« Eh bien ! monsieur, ne croyez pas qu'on l'ait apportée de Paris ni de Londres : telle que vous la voyez, c'est nous qui l'avons faite ici, à Séville. »
La tradition attribue la construction de la fameuse tour à un Arabe de Séville nommé Geber ou Gueber, le même qu'on a donné à tort comme l'inventeur de. l'algèbre ; suivant une autre version, elle aurait été bâtie par un architecte du nom d'Abou Yousouf-Yacoub, vers la fin du douzième siècle. A l'intérieur est ménagé un vide éclairé par de petites fenêtres à doubles arceaux en fer à cheval, — aimeces, — que séparent au milieu de minces colonnettes. C’est dans ce vide que se trouve, non pas l'escalier, mais une rampe ou plan incliné en pente tellement douce, qu'un homme à cheval pourrait facilement monter jusqu’au sommet ; on assure même que deux hommes de front peuvent ainsi monter jusqu’à la moitié de la tour.
L'architecte arabe avait couronné la Giralda de quatre énormes globes de métal doré tellement brillants, dit la Cronica general de San Fernando. qu'on les apercevait de huit lieues quand ils élaient éclairés par le soleil, et la même chronique ajoute qu'il fallut élargir une des portes de la ville pour les faire entrer. Ces globes furent renversés, en 1295. par un tremblement de terre : en 1568, Hernan Ruiz, de Burgos, exhaussa la tour de cent pieds, en Y ajoutant un clocher dans le soût de l'époque. Cette construction est d'un très-bel effet; autour du second corps se lit, en
“normes lettres augustales, ce passage du livre des Proverbes : NOMEN DOMINI FORTISSIMA TURRIS, « Le nom du Seigneur est la plus forte tour. »
Le clocher est couronné d'une statue de bronze représentant la Foi, fondue par Bartolomé Morel vers 1570; bien que cette statue soit de proportions colossales, elle est placée sur un pivot, de manière à tourner au moindre vent; c'est ce qui l'a fait appeler la Géraldu, du verbe grrar, qui signifie tourner, On donna plus tard ce nom à la tour elle-même. el pour désigner la statue on se servait du diminutif Géraldilla où Giraldillo, qui signifie littéralement gtrouelle, nom assez singulier pour une statue représentant la Foi, qui, de son essence, est fixe et immuable.
Pendant que nous étions au sommet de la Giralda et que nous admirions le merveilleux panorama qui se développe sur le Guadalquivir, la campagne de Séville et les hautes sierras aux teintes d'azur, on se mit à sonner. avec un vacarme effroyable, quelques-unes des cloches du campanile, qui sont au nombre de vingt-quatre ; les deux plus grosses s'appellent Santa Maria et San Miguel ; les autres portent également des noms de saints et de saintes, comme San Cristébal, San Fernando, Santa Bürbara, Santa Inés, etc.
L'art de la sonnerie nous à paru beaucoup plus cultivé en Espagne que chez nous; les campaneros de Séville se livrèrent devant nds à de prodigieux exercices de gymnastique pour mettre
leurs cloches en mouvement ; tantôt ils se suspendaient à la corde pour mettre la cloche en branle,
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