‹ L'EspagneChapitre 106 sur 287 · COL · texte numérisé non relu

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FABRICA DE TABACGOS,

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Les cigarreras apportent leur déjeuner et leur diner à la manufacture, dont les ateliers se transforment deux fois par jour en immenses réfectoires ; il s'y répand alors de violents parfums

d'ail, d’oignon cru et de poisson ; quelques sardines, des harengs saurs noirs comme de l'encre et unetranche de thon grillé forment ordinairement, avec de l’eau pour boisson, le complément de

leur menu, tel.que le décrit la chanson :

Dos sardinillas muy perras De estas arenques, asadas

- Como la tinta de negras, Y mas una tajadilla De tono, que es mas seca Que el ojo del tio Benito, Y mas dura que una piedra.

La Fübrica de tabacos occupe ordinairement quatre mille cinq cents personnes, dont quatre mille femmes environ ; outre les Gitanas et les pureras, un grand nombre sont employées à lier : les cigares et les cigarettes et à en faire des paquets, besogne dont elles s’acquittent avec une agilité merveilleuse. Ces dernières, qu'on appelle les empapeladoras, travaillent dans les magasins, où les hommes sont employés en majorité. C’est dans ces magasins que des employés délivrent à chaque ouvrière une quantité de tabac qu’on pèse exactement, et qui est destinée au travail de la journée : c'est ce qu'on appelle /a data ; les cigarreras l'emportent dans leurs espuertas, et doivent rendre une quantité de cigares ou de cigarettes proportionnée au poids qu'elles ont reçu. On nous assura

que les 020$ chargés de la distribution des datas ont parfois leurs préférées, leurs paniaguadas,

comme elles disent, en faveur desquelles il est des accommodements avec la balance : préférences qui naturellement excitent les murmures de celles qui sont moins bien partagées. Rien n’est original comme l'aspect de ces immenses salles où s’agitent des centaines d'ouvrières, vêtues seulement d’une chemise et d’un jupon ; car tel est, dans toute sa simplicité, leur costume de travail : un grand nombre ignorent l'usage des bas, mais il en est très-peu dont les cheveux ne soient ornés d’un œillet, d’un dahlia ou de quelque autre fleur. Beaucoup de cigarreras, à progrès de la civilisation! portaient, il y a quelques années, des crinolines ou des cages, — polisones y mariñaques, comme on dit en Espagne; — ce dont il était facile de se convaincre, car, avant de se mettre au travail, elles les accrochaient aux piliers des salles, avec leurs châles, leurs mantillas de tra et les paniers qui contiennent leur repas.

Un spectacle vraiment curieux, auquel le hasard nous fit assister un jour, c'est la sortie des cigarreras : qu'on se figure un steeple-chase de trois ou quatre mille femmes impatientes de respirer l'air du dehors et de retrouver un moment de liberté. Elles n’ont pas plutôt quitté leurs tables qu'elles se précipitent vers les escaliers, dont elles descendent les marches avec une vitesse insensée, en se bousculant, en chantant et en riant comme des folles. Mais aussitôt que le premier flot est arrivé à la porterta, ce vacarme s’apaise tout d’un coup : il faut bien s'arrêter, car, d'après la règle, les ouvrières ne peuvent sortir de la manufacture sans avoir été visitées — registradas — par | les maestras, dont l'œil vigilant est habile à deviner le tabac que les cigarreras pourraient emporter ù en contrebande. Il paraît qu'elles sont sujettes à caution, sil faut ajouter foi à ce quatrain populaire :

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ne entend urniraient pas un Lrès- and r Va + HESQES de ROUE CORRE AN QT AT en Dhs d; Pt tes D PI ENT {CREER RTE de rosières, si cette institution florissait à Séville. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire la Z?e, acion 2

de las cigarreras, donde se declaran sus dichos, hechos, costumbres y lo que pasa entre ellas, c'està-dire une re/ation, où se déclarent leurs dires, leurs faits et gestes, et ce qui se passe entre elles. L'auteur commence par raconter qu'il était loéataire d’une maison où demeuraient deux pureras : «elles faisaient un tel vacarme, ajoute-t-il, que j'avais des douleurs de tête à en devenir fou : aussi aimerais-je mieux maintenant coucher dans la rue que sous un toit qui abrite des cigarreras ! »

CIGARRERAS DE LA FÂBRICA DE TABACOS DE SÉVILLE,

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