‹ L'EspagneChapitre 111 sur 287 · RUINES D’ITALICA, PRÈS SÉVILLE · texte numérisé non relu

RUINES D’ITALICA, PRÈS SÉVILLE

ville de Trajan, parce qu’elle donna naissance au célèbre empereur. Italica fut fondée à peu de distance d'Hispalis, par Scipion l’Africain, qui lui donna pour premiers habitants des vétérans des légions romaines: plus tard, l'empereur Adrien, qui était aussi né à Italica, orna Ja ville de splendides édifices. Italica fut également la patrie de Théodose ; sous les rois wisigoths, elle ne fut pas moins florissante : Léovigilde reconstruisit ses murs vers la fin du sixième siècle, quand il fit le siége d'Hispalis, où son fils Hermenigilde, en révolte contre lui, s'était fortifié. Quand l'Espagne devint musulmane, Italica, abandonnée pour Séville, décrut rapidement, et son nom même, dont les Arabes avaient fait Talikah ou Talkah, ne tarda pas à être complétement oublié.

S "Mi: s Q L . & . . . É : x 0 1 Les ruines d'Italica se réduisent à bien peu de chose aujourd’hui : quelques oradins d’un

SrapBHA GARE des tror l'ancienne cité qui donn Montfaucon ont d NT ru eg ne ifférait en en rien ce re part Ce ons è Romains ; au & ‘ommencement de ce siècle il était relativement assez bien conservé, pe le montre une des planches de l'ouvrage d'Alexandre de Laborde ; on pourra voir, par le dessin de

Doré, mous quel état il se trouve aujourd’hui. | RURALE 4

tn III

Les fêtes religieuses de Séville, surtout celles qui ont lieu pendant la semaine sainte, sont les plus suivies et les plus curieuses, et sont comparables aux cérémonies de Rome; à propos de ces funciones, comme on dit en Espagne, il faut nommer en première ligne les Pasos. Ce mot, qui signifie dans sa plus stricte acception une figure de Notre-Seigneur pendant sa Passion, s’applique généralement à des groupes en bois sculpté de grandeur naturelle, conservés dans les églises, et que l’on porte processionnellement dans les rues de la ville pendant la semaine de la Passion. Autrefois les sculpteurs espagnols les plus renommés, comme Becerra, Alonzo Cano, Montañés et autres, ne dédaignaient pas de sculpter des pasos, qu’ils peignaient toujours eux-mêmes : beaucoup d’églises conservent encore de ces sculptures. Aujourd’hui les pasos se font encore en bois sculpté, et sont peints comme l’étaient les sculptures du moyen âge ; il y a même dans toutes les grandes villes d'Espagne des artistes spéciaux, — pintores de esculturas, — dont l'unique occupation est de peindre les pasos et autres sculptures religieuses. Toutes les églises de Séville possèdent leurs pasos : un des plus curieux est celui connu sous le nom de Jesus Nazareno del Gran Poder, c'est-à-dire, littéralement, Jésus Nazaréen de la Grande Puissance; il appartient à l’église de San Lorenzo, et on le cite comme un des meilleurs ouvrages du sculpteur Montañés. Le Christ, vêtu d’une longue robe de velours noir surchargée de broderies d’or et d'argent, y est représenté portant sa croix : cette croix, de très-grande dimension et d’un travail extrêmement précieux, est ornée d’incrustations d'ivoire, d’écaille et de nacre. De chaque côté du Christ deux anges debout, les ailes éployées, portent dans leurs mains des espèces de lanternes ; quatre lanternes beaucoup plus grandes sont placées aux coins de la terrasse qui supporte le paso.

Un jour que nous étions à notre fenêtre, le Cristo del Gran Poder passa dans la rue, porté suivant l'usage par les membres d'une des co/fradias ou confréries religieuses si nombreuses à Séville ; les porteurs étaient cachés par une espèce de draperie tombant jusqu’à terre, en sorte qu'on aurait pu croire que toute cette masse fort lourde se mouvait d'elle-même. Nous nous glissâmes non sans peine au milieu de la foule compacte qui accompagnait le paso jusqu'à la cathédrale ; car l'usage veut que ceux de toutes les églises de Séville s’y rendent pour y faire une station.

C'est le dimanche des Rameaux que commencent les fêtes : dans la matinée on célèbre sous les voûtes majestueuses de la cathédrale la cérémonie de la bénédiction des palmes. On sait l'énorme consommation de palmes qui se fait en Espagne. Il paraît que, d’après un usage trèsancien, le chapitre de la cathédrale de Séville envoie chaque année une certaine quantité de ces palmes aux chanoines de Tolède qui, en échange de cette gracieuseté, font présent chaque année au chapitre de Séville de la cire qui sert à faire le Cirio Pascual. Ce fameux cierge pascal, que sa dimension colossale a fait comparer à un mât de navire et à une colonne de marbre blanc, ne pèse pas moins de quatre-vingts arrobas, c'est-à-dire environ un millier de kilogrammes, et sa hauteur est de neuf varas, ou de plus de huit mètres; c’est le samedi saint qu'on allume le c#r70

ñ [LU

ny Gui

ee +1

| gl |

Page 1